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Au milieu du XVIIe siècle, les motifs à grandes

fleurs remplacent les dessins d'aspect géométrique, qui n'avaient cessé de régner jusqu'alors. D'opulents rinceaux font de la dentelle de cette époque un ornement vraiment majestueux, cadrant bien avec les goûts et les manières du temps. La manifestation la plus élevée de ce genre est représentée par le point à l'aiguille, dit « gros point de Venise », qui occupe le cadre n°81.

82. Le même style, à larges rinceaux, se retrouve dans cet autre genre de point à l'aiguille, dit « Venise plat », dont on voit, dans le cadre suivant, un très bon spécimen. Ce dernier, qui fit peut-être autrefois partie d'un tablier, sert maintenant de cadre à un fragment de linon, décoré de tulle brodé, moderne, sans doute un voile liturgique. (Collection Montefiore.)

83. C'est une disposition toute pareille que présente, dans le cadre n° 83, le riche tablier, complet cette fois, dont la partie centrale est formée de linon, brodé de fleurs et d'oiseaux, au plumetis et à fils tirés. Le point de Venise, à relief et à

83 fond de brides, qui encadre cette broderie, est d'une très bonne facture et d'un dessin fort élégant. Nous le datons du commencement du XVIIIe siècle ou des dernières années du XVIIe. Cet important morceau appartient à Mme Paul Errera.

84. Avec le XVIIIe siècle, apparaissent des motifs plus menus. La solennité du style Louis XIV va faire place à la frivolité, très élégante d'ailleurs, de l'époque de Louis XV. Cette disposition des esprits se reflète dans la dentelle, comme ailleurs. Les spécimens de point à l'aiguille, réunis dans le cadre n° 84, permettront d'en juger. L'un d'eux porte la date de 1703, travaillée dans une grosse fleur, vers le milieu de la pièce.

85. Le cadre n° 85 ne renferme, non plus, que du point à l'aiguille. Nous attirons principalement l'attention sur les spécimens de point à la rose ou rosaline. Il est impossible de pousser la virtuosité plus loin que dans certaines de ces pièces, dont les rinceaux disparaissent sous le fouillis de rosaces et de picots, dont ils sont surchargés. Parfois, c'est un excès véritable; mais, parfois aussi, cette richesse se combine parfaitement avec les lignes générales du dessin, bien équilibrées et

$5. d'une délicate harmonie. Tel est le fragment de volant, de 0 m 30 de hauteur, qui se voit vers la droite du cadre et dont le coupon, soit dit par parenthèse, a été payé sur le pied de 6000 francs le mètre.

Nous nous le sommes procuré par les soins de M. Vittore Abolaffio, de Venise, qui nous avait déjà fait don du très joli morceau, du même genre, placé à gauche du précédent.

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