Ce cadre nous présente, au point de vue de
la composition, des rinceaux assez semblables à ceux des cadres précédents, mais traduits, cette fois, en dentelle aux fuseaux. Certains de ces morceaux sont, à la fois, d'un beau dessin et d'une bonne exécution. Tels le n° 232, placé vers le bas, et le morceau qui le surmonte.
La dentelle, dite vermicelli, semée de gros points de neige, nous a été offerte par Mme De Meuse.
89 Les dentelles, rencontrées jusqu'ici, n'étaient
que des dentelles à fond de brides. La fin du XVIIe siècle et le commencement du XVIIIe virent apparaître, en Italie, comme chez nous, les dentelles à fond de réseau. Ce sont principalement ces dernières qui ont occupé ce pays au XVIIIe siècle. On peut voir, dans les cadres 87
87 à 89. à 89, ce qu'ont produit, sous ce rapport, Gênes et principalement Milan, sans oublier Venise, où le point à l'aiguille n'empêcha pas de faire aussi quelque peu de dentelle aux fuseaux.
On remarquera, dans le grand cadre (n° 88), le superbe volant, à sujets de chasse, d'une si belle technique, ainsi que le fragment de très haut volant, aux fleurs élégantes, placé tout à côté. Ces deux morceaux nous ont été prêtés par Mme Paul Errera.
D'autres pièces, celles notamment qui occupent le cadre n° 89, sont d'une excellente exécution.
oo. Nous en dirons autant d'un certain nombre de
spécimens, exposés dans le meuble à volets, au centre du compartiment italien et comprenant du point à l'aiguille, aussi bien que de la dentelle aux fuseaux.
Au XVIIIe siècle, le point à l'aiguille se pratique encore à Venise, où il donne naissance à des produits, assez minces et menus, mais non sans charme cependant.
Mais le vrai centre de production s'est légèrement déplacé : il a quitté Venise pour Burano, situé d'ailleurs dans son voisinage immédiat.