‹ La dentelle, histoire -- description -- fabrication -- bibliographieChapitre 10 sur 73 · Des épingles plantées dans les trous: de la piqüre, au · texte numérisé non relu

Des épingles plantées dans les trous: de la piqüre, au

mande le dessin. (Fi fur et à mesure que l’ouvrage avance, servent de jalons pour le travail et maintiennent le point.

La piqüre ayant été posée de façon que le dessin se raccorde, on peut, en tournant

1. En croisant les fuseaux obliquement, on obtient un tissu léger, appelé Grillé; en les croisant à angle droit, le

tissu est plein; on dit alors qu'il est Mat. (Voir PI. VI, Fig. 3, des effets de Grillé et de Mar.)

le cylindre mobile sur lequel elle est fixée, conduire le travail sans solution de continuité‘. Une ouverture pratiquée à l’arrière du métier donne entrée dans l’intérieur de la boîte pour recueillir l'ouvrage tombant du cylindre. (Fig. 22.)

On voit, par cette description sommaire du métier à dentelles et de ses accessoires, que les patrons du recueil Le Pompe, ne pouvaient s'adresser qu’à des personnes les possédant et sachant l’art de s’en servir; voilà pourquoi on ne croit pas devoir attribuer à son auteur l'invention de la dentelle, quoique son ouvrage soit le plus ancien en date. La variété, la bonne entente de ses compositions au point de vue de l’effet à produire et des difficultés du travail, sont une preuve que l’art de les mettre en pratique est un peu

antérieur à sa publication.

— Métier à Dentelle du Puy.

Vers les premiers temps des dentelles, l’art de les faire, avant de devenir une industrie, fut d’abord une occupation intime. Il existait alors, parmi les classes les plus élevées de la société, des habitudes laborieuses qu’on n’y rencontre plus de nos jours. L'usage était de s'occuper dans les intérieurs, aux ouvrages les plus délicats de lingerie ét de broderie, surtout à ceux que l’on jugeait les plus propres à donner à la toilette de l'élégance et de l’éclat : peut-être sommes-nous redevables de la création de la dentelle à l’intelligente initiative de quelque noble dame, qui l’aura imaginée en occupant ses loisirs.

Jadis, la rareté des routes, le mauvais état, surtout pendant les saisons pluvieuses, de celles qui existaient, rendaient les communications pénibles et difficiles, les voyages peu attrayants pour les dames ; d’ailleurs les villes n’offraient pas alors ces distractions qui sont devenues un besoin de notre civilisation moderne; aussi, les grands seigneurs s’enfermaient-ils dans leurs manoirs, où ils aimaient à trôner au milieu de leurs feudataires et vassaux. La châtelaine, préchant d'exemple aux damoyselles qui l’entouraient, présidait à leurs travaux manuels et leur enseignait « le gentil et noble art de l'aiguille », suivant l'expression caractéristique du temps, qui dénote combien peu l’industrie s’y adonnait alors.

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