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XVII- ET XVIII- SIECLES

Sous l’influence protectrice de son royal parrain, Louis XIV, et de son entourage, artistes et grands seigneurs, cette manufacture maintint pendant de longues années sa belle renommée. On y fabriquait des dentelles façon Angleterre (PI. VII et VIII). Le changement qui s’était opéré dans le costume avait amené l’emploi de dentelles flottantes, et ce genre, le plus recherché alors, convenait par sa légèreté au nouvel usage qu’on en faisait.

On ne portait plus de cols rabattus et on avait cessé de galonner les habits avec de la dentelle, mais on en faisait un usage plus général pour le linge de corps. En outre, l’extrémité des cravates, les manchettes et les canons au bas des chausses en étaient ornées de très-larges, dont la valeur représentait des sommes fabuleuses. Quand elles étaient des plus fines, cela se chiffrait par milliers de livres.

De leur côté, dans l’emploi qu’en faisaient les dames, régnait la plus grande profusion. Pas un morceau de toile et de batiste destiné à leur usage personnel ou à servir de garniture aux meubles de leur boudoir et de leur chambre à coucher qui n’en fût orné. Elles se montraient dans leur intérieur avec des toilettes de déshabillé de la plus riche élégance, littéralement ensevelies sous des flots de dentelles. Les plus luxueuses et les plus riches, celles à l’aiguille, étaient réservées aux toilettes d’apparat. Étagées en larges plis, elles servaient à édifier les hautes coiffures suivant la mode de ce temps-là, à garnir les corsages décolletés des robes sous forme de berthes et on les voyait s’étaler par devant, sur toute la hauteur de la jupe, en une large bande de chaque côté.

La magnificence de ces toilettes ainsi enrichies des hauts reliefs du point d’Alençon d’alors, s’enlevant avec éclat sur de brillantes étoffes de soie, échappe à toute description. Qui n’a jamais eu sous les yeux un échantillon de ces splendides dentelles, ne peut s’en créer une idée! (PI. XXV.)

Louis XIV, pendant la première période de son règne, n’avait eu qu’à enregistrer des succès. A la mort de Mazarin, quand il prit en main les rênes du gouvernement, il ne restait plus aucune trace des anciennes factions et nous étions en paix avec nos voisins, après une guerre heureuse qui valut à la France des acquisitions importantes. L’État, il est vrai, était obéré par suite de la mauvaise gestion et de l’avidité du cardinal, plus préoccupé d’arrondir sa fortune particulière que de ménager celle du pays ; mais le roi était animé des meilleures intentions, et fermement résolu à mettre fin à tous les désordres1. Il eut le bonheur de rencontrer un homme de génie, Colbert, à qui il confia l’administration de ses finances. Dans ses mains habiles, l’ordre fut bientôt rétabli, et tout en diminuant les charges des contribuables, il sut accroître les revenus.

La paix à l’intérieur, les encouragements pécuniaires aux manufactures et au commerce, le goût du luxe surexcité par l’exemple de la cour, donnèrent à l’esprit d’entreprise un développement jusqu’alors inconnu. La France traversa une période de prospérité et de bien-être dont on n’avait pas vu d’exemple depuis les dernières années du

payant tous les ans, en échange de ses frivolités brillantes, cinq à six cent mille livres sterling. — Les Arts somptuaires , par Charles Louaiidre, tome I, page 241. Paris, 1858 (Hangart-Maugé, Editeur).

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