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ANGLETERRE DU XVIIe AU XVIII» SIECLE.

laine de leurs nombreux troupeaux aux Flamands, et ceux-ci la leur retournaient manufacturée. Cet état de choses durait depuis plus de trois siècles1, quand la tyrannie du duc d’Albe fit à la ville de Gand une situation si malheureuse, que beaucoup, pour échapper à ses cruautés, émigrèrent avec leur industrie, qui était celle des lainages et leurs accessoires.

Dans cette industrie, la plus riche de toutes dans son ensemble, — car elle en résume plusieurs précieuses par leur importance, celles du filateur, du teinturier, de l’apprèteur, du mécanicien — , les Anglais trouvèrent à exercer cette activité pratique qui les distingue, et leurs manufactures de lainages devinrent en peu de temps les premières du monde. Quant à l’industrie des dentelles, si elle a pris le chemin des Flandres pour aller s’établir chez eux, c’est dans les choses possibles, probables même, mais nulle part on n’en trouve la preuve.

Il n’est pas possible, avec les éléments historiques que l’on possède, de dire comment, ni de quel côté est venue la dentelle aux fuseaux en Angleterre, quand elle s’y est établie à l’état d’industrie; mais il n’est pas douteux qu’elle y a pris pied dès les premières années du xvne siècle. Le recueil de modèles de l’Anglais Alignerait, quoique imprimé à Paris, est un témoignage encore vivant qu’il y avait en Angleterre des personnes qui s’en occupaient, et qu’on y avait la connaissance du métier; il atteste en outre une pratique d’au moins quelques années.

Il ne fut guère question sur le continent, pendant la première moitié du xvii” siècle, des dentelles d’Angleterre. Ce pays, qui voyait ses richesses s’accroître tous les jours par le développement progressif de son industrie et de son commerce maritime, suifisait à leur consommation ; il était même, par ses relations commerciales avec les contrées les plus éloignées de l’Europe, le principal entremetteur des produits similaires des fabriques étrangères; mais après i6$o, la supériorité et l’originalité de certains de ses produits nous sont révélées par les envois fréquents qu’il en fait sur le continent et la renommée qu’ils y acquièrent. (PL XXXVI.)

Le nouveau point de Venise venait de conquérir le suffrage de tout ce qu’il y avait d’élégant en Europe ; cette merveilleuse dentelle se faisait d’après des modèles dont les dessins n’étaient plus empruntés au style gothique, comme tout ce qui s’était fait jusqu’alors, mais au style de la Renaissance, et cette nouvelle manière d’être du dessin, adaptée à la dentelle aux fuseaux, constituait, par son opposition avec l’ancien genre, une nouveauté qui devait être d’autant plus recherchée qu’elle avait ainsi un point de ressemblance avec la plus riche, la plus belle et la plus estimée de toutes les dentelles, le point de Venise.

Tout porte à croire que ce sont les Anglais qui ont les premiers appliqué le style de la Renaissance aux dessins destinés à la dentelle aux fuseaux ; autrement il ne serait pas possible d’expliquer la vogue qu’eurent en France leurs plus beaux produits, qui y étaient,

i. Édouard III, dans le xrv8 siècle, envoya en Flandre, au rapport de Ryiner, dix mille sacs de laine que les Comtes de Northampton et de Suffolk furent chargés d’y vendre et dont ils rapportèrent quatre cent raille livres sterling. Roland de la Platière, Discours préliminaire , tome I, page 27.

recherchés sous le nom de point d’Angleterre. Ce que l’on a fait depuis en Belgique, en France ou ailleurs, sous le nom à’ Angleterre ou à! Applications, n’en est que la suite et n’a subi d’autres modifications que dans le fond ou dans le dessin. Le fond est aujourd’hui de réseau, et le dessin est tombé dans le fleuri, au lieu d’être composé, comme il l’était anciennement, d’élégants rinceaux et de motifs d’ornements empruntés aux frises les plus délicates et les plus riches de l’art architectural.

Les Flamands croient, de la meilleure foi du monde, que la priorité ne doit pas leur être contestée, dans l’art de fabriquer la dentelle dite d’Angleterre; mais leur prétention n’est nullement fondée; tout prouve au contraire qu’ils n’ont suivi le mouvement qu’un peu tard, quoique cette opinion ne soit point partagée par les Anglais eux-mêmes. Les uns et les autres sont dans l’erreur la plus profonde, et il est facile d’en donner la preuve.

D’abord, on ne voit pas pourquoi une sorte de dentelle quelconque aurait pu porter, en France, le nom d 'Angleterre, si elle a eu son origine dans les Pays-Bas, surtout au moment même de son apparition, alors que les relations entre la Belgique et la France étaient plus faciles et tout aussi fréquentes qu’avec l’Angleterre. A moins de fausser les règles ordinaires du bon sens, cela est inadmissible ; mais il y a plus : l’industrie du Point d’Angleterre s’est perpétuée dans le Devonshire, et le point d’Honiton à brides picotées (Pl. XXXVII) représente absolument la dentelle, dite Angleterre du xviT siècle. Il n’y a de différence que dans le dessin, qui est devenu plus fleuri, nécessité que lui a imposée la mode.

D’un autre côté, la tradition qui attribue aux Belges la priorité pour l’invention'de la dentelle dite d’Angleterre n’est pas bien ancienne. Comme la plupart des traditions, elle a très-certainement pris naissance dans l’imagination de quelque fabricant intéressé à la faire prévaloir. On conçoit que, lorsque les Belges ont eu acquis la supériorité qu’on ne leur conteste plus aujourd’hui dans l’art de faire cette dentelle, ils se soient aisément persuadé qu’ils en ont été les créateurs; mais cette persuasion, quelque naturelle qu’elle leur paraisse, ne saurait détruire ce qui était écrit avant l’existence de la tradition sur laquelle elle s’appuie.

Celui qui l’a mise en circulation le premier est Roland de la Platière, et plus de soixante ans avant lui, Savary nous apprenait que : depuis que les dentelles de fil nommées point d’Angleterre ont été imitées et surpassées en Flandre, en Picardie et en Champagne, on n’en tire plus de Londres pour la France. Savary nous informe aussi que l’art de fabriquer le point d’Angleterre s’était introduit à Binche depuis quelques années seulement, et que les produits qui en sortaient égalaient, s’ils ne surpassaient pas, ceux de la Flandre et du Brabant.

Les preuves à l’appui de ce qu’on vient de lire sur la véritable origine du point d’Angleterre, abondent dans les publications du xvne siècle.

Le Parfait négociant, œuvre de Jacques Savary, dont la première édition fut donnée en 1675, constate que l’on tire d’Angleterre « des dentelles tant de soie que de fil. »

Dans le Mercure galant du xvn“ siècle, il est parlé plusieurs fois de dentelles d’Angleterre. On voit, dans celui de 1673, CIU’^ se porte des manteaux de taffetas de

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toutes couleurs, et que ces manteaux sont couverts d’autres manteaux « tout de point d’Angleterre. »

Tout cela est parfaitement d’accord avec les gravures de modes de cette époque, dont les légendes signalent fréquemment le point d’Angleterre dans l’énumération des différents objets qui ornent la toilette des sujets; et c’est aussi confirmé par les renseignements puisés aux sources les plus officielles.

On lit en effet dans une lettre de Colbert, du 2 janvier 1682, adressée à M. de Morangis, intendant à Alençon : « Comme les filles sont maintenant accoutumées à travailler aux points de France, les marchands pourraient facilement introduire des manufactures de passements de Flandre et d’Angleterre ; s’ils avaient besoin pour cela d’assistance pour en faire venir des ouvrières, on pourrait leur donner quelques facultés. »

Ces Passements d’Angleterre n’étaient autres que ces fameux points d’Angleterre, alors si à la mode. Personne dans ce temps-là ne les confondait avec ceux de Flandre, et Colbert moins que tout autre.

Le point de Venise en relief a été perfectionné en France sous Louis XIV, mais il serait tout aussi injuste d’en contester l’invention à Venise, d’où on l’a importé chez nous, qu’il l’est aujourd’hui de refuser à l’Angleterre le mérite d’avoir créé la dentelle à laquelle elle a donné son nom.

Quelque minime que fut la parcelle de gloire que l’injustice, ou plutôt l’ignorance, enlevait à l’Angleterre, l’histoire lui devait cette restitution.

L’importance qu’a eue anciennement l’industrie dentellière en Angleterre, tant au point de vue de la beauté des produits, que de la quantité qu’il s’en est fait, est généralement ignorée des Anglais eux-mêmes. Dans la Re’volte des Passements il est plusieurs fois question des dentelles de soie noire et de fil, d’Angleterre. On y voit que cette dernière « habitait la maison du roi. » Ailleurs, après avoir exposé que le port d’armes ayant été défendu, les épées et les pistolets, se ti-ouvant sans emploi, avaient offert leurs services aux dentelles qui les avaient acceptés ; après un discours de la Dentelle d’Angleterre se terminant par ces mots : « Qu’avons-nous à craindre puisque la cour se trouve sans armes ? » l’auteur ajoute la réflexion que voici : « Cette dentelle s’imaginait qu’elle n’avait plus à craindre que quelque hallebarde ou quelque pertuisane, dont les coups passeraient d’outre en outre sans l’offenser... »

Ceci se passait en 1661, après l’édit de 1660, qui en prohibant les dentelles avait motivé la révolte ; et il en résulte que la dentelle d’Angleterre était alors considérée comme une dentelle de roi ou de reine, puisqu’on la voyait à la cour de France; c’est aussi une preuve qu’elle était déjà cette dentelle qu’on a appelée point d’Angleterre; c’est-àdire que les différentes partie de l’ensemble du dessin étaient reliées par des brides laissant des intervalles entre lesquels un objet aurait pu passer sans la briser, et, en y mettant de l’exagération, une hallebarde pouvait, suivant l’auteur, « passer au travers sans l’offenser. »

En y regardant de près, on découvre sous les bouffonneries de la Révolté des passements, des renseignements précieux pour l’histoire de la dentelle. On y trouve, au sujet

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du point d’Aurillac, un passage où il est dit : « qu’il craignait en retournant dans son pays de servir à passer les fromages » ; il en ressort clairement que cette dentelle était alors un tissu plein et serré, quoique fin, et qu’elle n’avait aucune ressemblance avec le point d’Angleterre qu’elle imita, quelques années plus tard, sous le nom de Point de France, lorsque fut établie à Aurillac, en 1665, la manufacture royale.

Depuis l’introduction de l’industrie de la dentelle en Angleterre, ce pays a toujours été assez riche pour suffire à la consommation de ce qu’il en produit; il en a même acheté, à de certains moments, des quantités prodigieuses, soit en Belgique, soit en France, et pour son usage et pour alimenter le commerce considérable qu’il fait avec tous les pays du monde; néanmoins, dans ce temps-là, il exportait ses dentelles fines sur le continent, en France principalement. Les gravures de mode de la dernière moitié du xvn' siècle nous montrent fréquemment des toilettes enrichies de points d’Angleterre, et aussi très-souvent des robes et des mantilles garnies de dentelles noires d’Angleterre.

Plus tard, quand le point d’Angleterre a été copié en France et en Belgique, l’exportation en a cessé, et la Grande-Bretagne a pensé à s’armer elle-même, à l’exemple de la France, pour défendre sa production contre la concurrence. Des ordonnances de prohibition furent rendues plusieurs fois, notamment en 1698 et en 1706, contre l’introduction des dentelles étrangères. Mais toutes ces prohibitions, rappelées et renouvelées fréquemment, furent impuissantes à empêcher la contrebande, malgré des saisies quelquefois considérables que l’on opérait et les tracasseries exercées chez les marchands de dentelles et même envers les particuliers.

A partir de 1751 la surveillance de la douane acquiert un degré de sévérité inouïe. On fouille dans les maisons des particuliers, on arrête dans les promenades les dames qui portent des dentelles dont l’origine parait suspecte, les officiers de la douane lacèrent dans les rues celles qui sont soupçonnées de fabrique française.

Le gouvernement anglais était poussé à ces exagérations par le sentiment public et par les réclamations violentes des fabricants de dentelles, qui allèrent plusieurs fois, en corps, lui demander l’observation stricte et sévère des édits de prohibition.

Miss Bury Palliser rapporte que Georges III, dans le but de protéger les manufactures anglaises, ordonna, en 1764, que toutes les étoffes et les dentelles qui seraient portées par ceux qui assisteraient à la cérémonie du mariage de sa sœur, la princesse Augusta, avec le duc de Brunswick, fussent de manufacture anglaise. La noblesse fit peu attention à ce décret; et, trois jours avant le mariage, une descente opérée chez la modiste de la cour y fit saisir quantité de vêtements, d’étoffes et de dentelles, à son grand préjudice et au grand désappointement des dames anglaises, qui furent ainsi privées de leurs plus beaux objets de toilette.

Cette modiste, qui était Française, dégoûtée des affaires, se retira à Versailles, dit l’auteur, avec une fortune de deux cent soixante-quinze mille francs, et s’acheta une villa à laquelle, « dans un sentiment de basse ingratitude », elle donna le nom de : « La Folie des dames anglaises. » .

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On estimait alors à plus de cent mille le nombre des dentellières répandues dans la Grande-Bretagne ; elles n’avaient point cessé d’être habiles, mais c’était la faute des fabricants si elles ne produisaient pas suivant les besoins de la mode. Ils ne savaient pas les diriger et leur apprendre les nouveaux genres qui venaient de France et de Belgique. 11 eût été bien plus simple et plus avantageux pour eux de s’instruire et de se mettre au courant, au lieu de réclamer à grands cris la prohibition de marchandises qui, par leur nature et leur petit volume, échappaient presque toujours à toutes les recherches, d’autant plus que ces prohibitions achevaient de discréditer leurs propres produits démodés.

Les dentelles de France et de Belgique n’ont point perdu de leur réputation en Angleterre, et cependant aujourd’hui elles y entrent en franchise. Ce système au lieu de nuire aux fabricants de ce pays les a forcés de suivre le mouvement, et leur industrie, au lieu d’en souffrir, s’est accrue en prospérité et en développement; par contre les fabricants du continent sont excités à produire de la nouveauté s’ils veulent que le marché anglais leur reste ouvert.

Point d’Honiton. — M. Aubry, comme ses prédécesseurs — bien entendu, ceux dont les écrits ne remontent pas au delà du xviiT siècle, car, avant, on n’eut pas osé se mettre en contradiction aussi évidente avec les faits — M. Aubry répète, à son tour, l’histoire des dentelles de Bruxelles vendues par les Anglais sous le nom de points d’Angleterre, et il affirme qu’il ne s’en est jamais fait dans leur pays.

Cette affirmation est quelque peu contradictoire avec le récit de ce qu’il a vu et apprécié à Londres, à l’Exposition universelle de 1851. Voici ce qu’il a dit du point d’Honiton :

« La finesse du toilé est exceptionnelle ; le relief des fleurs (c’est-à-dire le contour ou le brodé, comme on l’appelle à Bruxelles), supérieurement exécuté, fait admirablement ressortir les motifs du dessin ; c’est sans contredit ce qu’on peut produire, dans ce genre, de plus parfait. »

La dentelle d’Honiton, comme celle de Bruxelles, se compose de fleurs faites séparément et que l’on applique ensuite sur un réseau de tulle imitation ou aux fuseaux. Quand on relie les différentes parties du dessin par des brides aux fuseaux, cette dentelle prend alors le nom de guipure (PI. XXXVII).

Après l’éloge qu’en a fait M. Aubry, on ne le comprend plus ; il est vrai que, suivant lui, la fabrication des guipures dites point d’Honiton, qui « forment la base de la belle fabrication anglaise », n’aurait commencé que depuis quinze ou vingt ans, au moment où il écrivait son rapport et il ajoute qu’elle est en progrès !

Ici on comprend encore bien moins. Certes si cette dentelle est, d’une part, « ce qu’on peut produire, dans ce genre, de plus parfait, » et que, de l’atitre, cette fabrication toute moderne « est en progrès », il faut convenir qu’on a marché à pas de géant. La perfection étant le superlatif du progrès, il n’y a plus à attendre, maintenant, des habiles fabricants du Devonshire, que le merveilleux ou le surnaturel.

La vérité est que cette magnifique dentelle, connue aujourd’hui sous le nom de point d’Honiton, existe depuis le xvu” siècle dans le Devonshire (PI. XXXVI) ; qu’on n’y a jamais cessé complètement d’en fabriquer et qu’elle n’a de nouveau que son nom. Si elle a été presque abandonnée pendant longtemps, il faut l’attribuer à l’influence funeste de la mode sous Louis XV, au mauvais goût de cette époque, qui a été pour la dentelle . une ère de décadence, d’où elle ne s’est pas encore relevée.

Toutes les dentelles légères, sans consistance, qu’on a faites depuis, ne sont guère que l’ombre de ce que furent les produits anciens. De la richesse, de la magnificence, de la solidité, elles n’en ont plus. Aussi ne laissent-elles après elles aucun souvenir, car, leur durée étant éphémère, c’est à peine si on y fait attention dans les héritages. C’est à tel point qu’il est plus difficile de collectionner les dentelles modernes que celles des siècles passés.

Jadis la dentelle pouvait être un objet d’art : on y mettait le prix ; solide, elle vivait pendant plusieurs générations. De nos jours, on fait une dépense cent fois renouvelée, et il n’en reste rien que des chiffons d’une minime valeur, quand il en reste encore, après un usage de quelques mois, quelques années au plus !

La contrée où se fabrique le point d’Honiton est située au sud-ouest de l’Angleterre, dans le Devonshire, le long de la côte, dans une étendue de quinze lieues environ sur six de profondeur (30 milles sur 12); le marché en est à Axminster, non loin d’Honiton (PL XXXVII).

Il y a quelques années, on estimait à sept ou huit mille le nombre des ouvrières qui y sont occupées *. Le goût de cette dentelle s’étant développé, surtout en Angleterre, il a dû augmenter. Cette belle guipure n’a pas toute la réputation qu’elle mérite, cela tient au mauvais choix des dessins que les fabricants mettent aux mains des ouvrières.

On a essayé d’y faire de l’application comme à Bruxelles, c’est-à-dire d’appliquer les fleurs sur du tulle imitation; mais le toilé du point d’Honiton étant plus serré, et les jours faits aux fuseaux, tandis qu’à Bruxelles, le toilé est plus clair, plus léger, et les jours faits à l’aiguille, il en est résulté un aspect différent, un peu moins de délicatesse dans l’ensemble et cela a nui à sa réussitée, malgré que l’ouvrage soit supérieurement fait et

du plus beau blanc.

Dentelles diverses des manufactures établies dans les comtés de Bedford, Buckingham, Northampton et Oxford. — Les manufactures de dentelles ordinaires, c’est-à-dire d’une consommation courante, sont nombreuses en Angleterre. On en trouve dans les comtés de Bedford, de Buckingham, de Northampton et d’Oxford. Leur ancienneté n’est pas douteuse ; mais il serait difficile de donner des détails sur le genre des produits qu’elles fournissaient autrefois à la consommation. Il est probable que le travail s’y est modifié chaque fois qu’on a senti la nécessité de le faire pour satisfaire aux besoins du moment. Seulement, comme c’est la France, qui depuis

1. Voir le rapport anglais sur l’Exposition universelle de Londres de 1851.

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