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ANGLETERRE, DU XVII- AU XVIII' SIECLE

plus de deux siècles a le privilège d’inaugurer les modes , les fabriques anglaises se sont trouvées sous ce rapport dans un état d’imfériorité, chaque fois qu’elles ont tardé à en suivre le courant; et, comme c’est aussi en France que l’on a fait le plus de dentelles ordinaires ou communes pour la grande consommation, il faut croire qu’en Angleterre on se sera attaché à les copier comme cela se fait de nos jours. Il n’y a eu d’exception que pour le point d’Honiton qui estime dentelle originale et spéciale à l’Angleterre. On doit ajouter cependant que la dentelle noire d’Angleterre, qu’il ne faut pas confondre avec le réseuil de soie noire d’Angleterre, était recherchée en France sous Louis XIV1.

Dans les manufactures anglaises, on s’occupait encore, il y a vingt ans, à fabriquer des dentelles blanches fond clair; les dessins étaient copiés sur des échantillons de Lille, d’Arras et de Mirecourt; mais, depuis que cette dentelle a été abandonnée par la mode, on s’y est mis à fabriquer de la dentelle noire, puis des guipures blanches et des noires.

Le rapport anglais de l’Exposition universelle de 1851 mentionne le succès qu’obtiennent les dentelles noires que l’on fabriquait alors dans les districts sud du Buckinghamshire. Cette fabrication s’est développée depuis, et l’on y fait maintenant jusqu’à des robes, des châles et des fichus de toutes dimensions, tout cela dans le même genre que ce qui se fait en France.

Le même rapport signale l’impossibilité de suppléer au manque d’une statistique faite avec soin, sur le nombre des personnes employées dans les manufactures de dentelles énumérées plus haut. Peuchet l’estimait à la fin du siècle dernier à cent mille.

1. Voir Bonnard, Costumes du siècle de Louis XIV y et Savary, qui vante les dentelles de soie noire d’Angleterre et les trouve admirables pour le dessin et la fabrique.

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