‹ La dentelleChapitre 39 sur 77 · ITALIE · texte numérisé non relu

ITALIE

Venise, Gênes, Milan, etc. — Parmi les pays qui ont fourni au commerce de la dentelle les produits les plus estimés et les plus remarquables, il faut citer en première ligne l’Italie, où cette industrie a pris naissance. C’est surtout par ses points à l’aiguille qu’elle a mérité autrefois le premier rang. Malgré la supériorité de ses dentelles, remarquables surtout par leur valeur artistique, sans avoir cessé de bien faire, elle a vu son industrie s’éteindre et son commerce s’anéantir par suite de l’inconstance de la mode.

Quelque persévérante qu’ait été la faveur qu’on a accordée depuis aux nouveaux points qui ont remplacé ceux d’Italie, il est permis d’affirmer que cette préférence n’est pas justifiée. Rien n’a été produit d’aussi séduisant que les anciens Points coupés (PL XXIII et XXIV), ni rien qui approche de la richesse et de la magnificence du Point de Venise en relief du xvne siècle (PI. XXV. Fig. i et 2). 11 y a tant de charmes dans l’originalité particulière à chacune de ces deux dentelles que, mises en présence et vues ensemble ou séparément, on est forcé de les admirer sans que l’une nuise à l’autre ou qu’elles s’excluent mutuellement; si l’on essaye au contraire de faire subir une pareille épreuve aux Points qui se font de nos jours, soit à Alençon, soit à Bruxelles, il sera impossible de n’être pas frappé de leur pauvreté comparative. La cause principale de cette infériorité apparente est dans le fond des points actuels qui est de réseau; il a pour effet d’enlever au dessin une partie de sa vigueur et de rendre les reliefs moins sensibles (PI. XLVII).

C’est à Venise qu’ont été imprimés à la fin du xvie siècle la plupart des recueils de modèles pour le point coupé. Le plus remarquable de ceux qu’on a imprimés en France à la même époque, était l’œuvre du Vénitien Vinciolo. Faire du Point coupé était alors un ouvrage très à la mode en France et dans plusieurs contrées de l’Europe. Tous ces recueils, dont plusieurs eurent de nombreuses éditions, trouvaient leur débit auprès des dames, mais ce ne fut que plus tard que l’art de faire le Point coupé y devint une industrie;

Page 1