Punta, pointe, le piquant de quelque chose
P une as , dentelles.
Oudin, Trésor des deux langues française et espagnole. Edition de 1660.
proposent d’abolir, croyant voir, dans cette abolition, l’extension de la liberté des affaires.
Dans les fabriques de dentelles où l’on s’applique à créer des nouveautés, les ouvrières ont des occasions fréquentes de voir leur salaire augmenter, et jouissent de cette bonne aubaine jusqu’à ce que les besoins les plus pressants de la consommation soient satisfaits. Dans les autres fabriques, au contraire, par suite du temps que l’on perd à se renseigner, quelquefois fort mal, de celui nécessaire à un nouvel apprentissage, on arrive forcément en retard, alors que le marché est pourvu, que la baisse des façons a eu lieu, et que l’habileté des mains déjà exercées ailleurs a créé une concurrence doublement redoutable ; de telle sorte que les ouvrières n’y peuvent jamais jouir des avantages dont on a profité dans les fabriques d’où la nouveauté est originaire. Le commerce peut gagner en importance sans que le bien-être y soit accru dans les mêmes proportions.
Fig. 6 1. — Dentellière des environs du Puy.
Quoique l’instruction soit peu répandue dans la Haute-Loire, l’habitude qu’on y a de changer fréquemment les ouvrages a rendu les ouvrières très-intelligentes et leur a fait acquérir une aptitude merveilleuse pour exécuter ceux auxquels elles n’ont pas été exercées; elles sont en outre très-laborieuses, et l’expérience a démontré que, tout en gagnant davantage, elles peuvent produire à meilleur marché que partout ailleurs ; soit qu’elles soient plus habiles, qu’elles aient dans les doigts plus d’agilité, soit qu’elles fassent des journées plus longues (Fig. 6ij. Les dentelles du Puy se distinguent par une fermeté toute exceptionnelle, qualité qui ne s’obtient que par un travail fait lestement.
On fabrique au Puy des blondes, des dentelles de soie, de fil, de toutes couleurs; les dentelles de laine et les guipures modernes sont des créations de cette fabrique. Les Planches XVII, XVIII, XIX, XX, sont toutes composées de ses produits; la Planche XL est la réduction aux deux tiers d’une dentelle faite pour l’Exposition de 185'). On y a, à plusieurs reprises, employé l’or et l’argent et fait des dentelles en crin
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et en paille, ainsi que des passementeries aux fuseaux, notamment de celles appelées point d’Espagne (PL XXXIX). Quant aux dentelles de fil ou de coton blancs, aucune fabrique n’en a produit d’aussi variées ni en aussi grande quantité; les guipures blanches, qui en sortent, sont exclusivement en fil de lin. Si elles ont moins de finesse apparente par suite de l’emploi de cette matière, en revanche elles ont plus de solidité que celles en coton et, au porter, plus de relief dans le dessin, plus de fermeté et d’ampleur dans le pli.
Quand on a commencé à faire des dentelles au Puy, on a dû copier les guipures gothiques, italiennes, les seules dentelles connues au xvic siècle et au commencement du xvne.
Plus tard la dentelle ayant subi des modifications et de nouveaux genres ayant été créés, le Puy a suivi le courant et s’est approprié les modèles à la mode; les guipures à dessins ramagés , les malines , les Valenciennes de l’ancienne époque s’y fabriquaient en très-commun, pour une consommation alors très-importante. Les principaux débouchés étaient le midi de la France, l’Espagne et ses colonies, le Portugal et l’Italie elle-même. L’Angleterre et la Hollande s’en faisaient expédier des quantités à Cadix, où leurs armateurs les chargeaient avec des toiles de Hollande pour les colonies espagnoles.
Ce n’est qu’au xvine siècle qu’on s’est mis à y faire de la dentelle noire, puis des blondes, en même temps que des dentelles à réseau fond clair, appelées Lille, ainsi que de celles à réseau de Trenne L ou fond double , auxquelles on donne maintenant le nom de Point de Paris.
On donnait autrefois le nom de bisette, de campane, de mignonnette ou de gueuse aux dentelles étroites. Il s’en faisait un grand débit, et le Puy en fournissait beaucoup.
Les mots bisette, campane, sont des termes de passementiers, très-anciens et trèsantérieurs à la dentelle; une petite crête d’or, d’argent ou de soie, s’appelait bisette, et l’on disait d’une passementerie qu’elle était campanée des deux côtés quand elle était bordée d’une dentelure.
En dentelle, une bisette était une petite bordure grossière, dentelée, (PI. XXXVIII, Fig. i); la campane était aussi à dents, mais fine (PI. II, Fig. 3, PL IV, Fig. 2).
Le mot mignonnette s’appliquait aux dentelles étroites et légères d’Arras et de Lille du siècle dernier (PL XLI, Fig. 1 et 2). Quant à la gueuse, c’était une dentelle aussi grossière que celle qu’on appelle aujourd’hui dentelle torchon (Fig. 62)1 2.
Tout le monde connaît le picot et Yengrelure dont on fait usage pour border et rehausser les dentelles ou les raccommoder; il serait superflu de les définir, mais il y a une foule de mots qui s’appliquent à la dentelle pour désigner soit un genre, soit un point particulier, soit des dessins différents et dont la plupart varient suivant les pays. Ainsi, par exemple, la neige (Fig. 63) est une dentelle dont le bord se termine
1. Treille dans les fabriques du nord de la France, Trina en Italie. (Voir fig. 45, Page 73.)
2. Voir plus loin, au chapitre Espagne et Portugal, des modèles de la dentelle appelée Gueuse.
par un mat triangulaire produit à Laide d’un fil plat disposé en éventail. Ce genre est désigné par le mot coquille au Puy, où l’on en a fait, à diverses époques, en fil, ou en soie, des quantités prodigieuses,
Fig. 62. — Dentelle torchon.
La treille (Fig. 64) s’y nomme trenne : le réseau Lille ou Alençon, Filoche (Fig. 65) : le réseau à cinq trous de Chantilly ou de Caen, mariage ; la reproduction par le fuseau de
Fig. 63. — Neige ou coquille. Fig. 6+. — Dentelle à reseau dit Trenne ou point de Paris.
1 ancien point noué à l’aiguille point malin , ou point du diable, etc., etc. (Voir Fig. 41 à 46, Pages 72 et 73.)
Tous ces mots appliques a la dentelle n’indiquent donc pas un genre à part, comme on a paru le croire pour la bisette ou la campane, mais seulement une manière d’être dans un genre quelconque, ou fine ou légère, ou à dents, ou bien un détail particulier du tout.
Autrefois, surtout au Puy, si l’on en excepte le temps de Louis XIV, où l’influence
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du moment provoqua un mouvement industriel très-prononcé dans le sens artistique, on changeait très-rarement les dessins; aussi ne prenait-on pas la peine de les numéroter. On les baptisait tout simplement en les affublant de noms plus ou moins déterminatifs, pris un peu partout.
Il y avait : la Mie, le Pater, Y Ave (Fig. 64), les Chapelets, les Serpents, le Bonnet, les Anglaises, la Scie, l’Échelle, le Pou (Fig. 66), etc., etc. S’il fallait aujourd’hui continuer
ce système aussi incommode que primitif, tout le vocabulaire y passerait; tant est grand le nombre actuel des dessins que chaque fabricant met en œuvre.
Le commerce du Puy, si important à toutes les époques, a eu à subir différentes crises causées par les ordonnances contre le luxe, les changements de la mode et aggravées par les lois fiscales.
L’ordonnance qui lui a été la plus funeste est celle que rendit le parlement de Toulouse en janvier 1640; cette ordonnance défendait, sous peine de grosses amendes, à toute personne de quelque sexe, qualité et condition qu’elle fût, de porter sur ses vêtements aucune dentelle.
On rapporte que le jésuite François Régis, touché de la misère d’un grand nombre d’ouvrières privées de leur moyen d’existence, s’occupa de trouver de nouveaux débouchés à la dentelle et qu’il réussit à établir des relations au Mexique et au Pérou, par lesquelles la fabrique fut rendue à son ancienne prospérité. C’est à ces démarches, suivies d’un résultat si favorable aux ouvrières, qu’il doit sans doute d’être devenu le patron des dentelbères.
Les lois fiscales qui, autrefois, grevaient les marchandises à leur sortie de province à province, n’étaient pas faites pour faciliter leur circulation ; d’autant qu’il y avait beaucoup d’arbitraire dans la fixation du tarif que les commis du fisc prétendaient leur appliquer; néanmoins, les premières dentelles n’eurent pas à souffrir de cet arbitraire, parce que les droits ad valorem de sortie et de circulation, qui pesaient sur toutes les marchandises et étaient livrées à l’appréciation des fermiers des cinq grosses fermes ’, furent soumis à un règlement sous François Ier, vers 1541 s, alors qu’on ne faisait pas
1. Les pays appelés les provinces des cinq grosses fermes étaient : Normandie, Picardie, Champagne, Bourgogne, Bresse, Poitou, Aunis, Berry, Bourbonnais, Anjou, Maine, duché de Thouars, châtellenie de Chantoceau.
2. Les passements d’or et d’argent figurent bien dans ce règlement, mais cela se rapporte aux galons et autres passe-
encore de dentelles; elles ne furent donc pas comprises dans le tarif, mais, plus tard, en 1581, lorsqu’elles y furent comprises, il était très-onéreux pour les marchands et colporteurs de se détourner de leur chemin et de passer par les villes désignées pour la sortie ; d’être obligés, en outre, à une perte de temps pour le mesurage, le poinçonnage et les discussions que soulevait l’examen d’une marchandise d’une appréciation difficile.
Si le fisc avait besoin d’argent, on ne se faisait pas faute de modifier les bases du règlement qui servait à l’appréciation des marchandises. Il est vrai de dire que l’élévation prodigieuse du prix des marchandises, par suite de l’abondance des métaux précieux survenue en Europe après la découverte de l’Amérique, justifiaient un peu ces remaniements successifs des tarifs; seulement cela ne se faisait pas avec tous les ménagements dus aux intérêts.
La position du Puy en dehors des cinq grosses fermes lui créait une situation désavantageuse; il lui fallait payer pour ses marchandises : d’abord, un droit de circulation suivant les lieux où elles étaient dirigées et, ensuite, pour leur introduction dans toute l’étendue des cinq grosses fermes, d’où elle ne pouvaient sortir sans payer de nouveau un droit.
C’est à ces combinaisons fiscales fort gênantes qu’il faut attribuer, sans doute, l’habitude qu’avaient les Anglais et les Hollandais de se faire expédier à Marseille ou à Cadix, les dentelles du Puy qu’ils voulaient diriger vers leurs pays ou les colonies espagnoles.
Les dentelles manufacturées en France en dehors de l’étendue des cinq grosses fermes, avaient à acquitter les mêmes droits que celles étrangères ; l’ordonnance des cinq grosses fermes du mois de février 1687, porte :
« Que ceux qui apporteront des points et dentelles de fil du comté de Bourgogne, seront tenus de passer par Auxonne et Saint-Jean-de-Laune (sic) ; d’Angleterre, par Calais, Dieppe et le Havre; de Lorraine, par Chaumont; de Sedan, par Torcy; d’Aurillac, par Gannat; et d’y payer les droits; et ceux qui en apporteront des Pays-Bas, par le bureau de Péronne, où on recevra leur déclaration, les droits devant être payés à Paris. »
Les droits d’entrée dans les pays des cinq grosses fermes avaient été portés, poulies dentelles de fil, à vingt-cinq livres la livre pesant1, par le tarif de 1664; il n’avait été fait d’exception qu’en faveur de celles de Liège, Lorraine et du Comté, fines, grosses de toute sorte, qui n’avaient à acquitter que dix livres par livre pesant.
En 1707 il fut représenté, dit Dufresne de Francheville, que les dentelles qui se fabriquaient dans le royaume hors de l’étendue des cinq grosses fermes, principalement dans le diocèse du Puy, dans le Velay et dans l’Auvergne, qui étaient des marchandises communes et grossières dont il se faisait un commerce très-considérable dans les pays étrangers, par les ports de Bordeaux, de la Rochelle et de Nantes, n’étant pas comprises
menteries; plus tard, quand il s’agit des dentelles, elles sont ainsi désignées : passements aux fuseaux for d'argent et de fil } et passements de point coupé.
1. Cela équivaut à peu près à 100 fr. la livre de notre monnaie actuelle.
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expressément dans le tarif de 1664 à l’entrée, il arrivait souvent des contestations entre les négociants et les commis des cinq grosses fermes. Pour couper court à ces contestations des uns et des autres, il fut ordonné, par arrêt du 6 août 1707, qu’il ne serait payé à l’avenir pour tous droits d’entrée des dentelles du Puy, du Velay et d’Auvergne, dans l’étendue des cinq grosses fermes, que cinq sols par livre pesant.
Pour qu’une aussi large modération du tarif fût jugée nécessaire, il fallait que la fabrique se trouvât dans une situation bien critique; malgré qu’elle satisfit complètement les demandes des intéressés, elle était destinée à l’impuissance en ce qui concernait le retour à la prospérité passée, parce qu’il y avait d’autres causes plus sérieuses encore et plus capitales qui y mettaient obstacle.
La mode, en Europe, avait commencé d’abandonner les dentelles fortes et corsées pour celles plus légères qui aboutirent à la création des réseaux qui font la base de la plupart de nos dentelles actuelles ; on s’engouait de tout ce qui avait l’apparence de la finesse; de là la mévente et la misère qui en fut la conséquence dans les fabriques où l’on hésitait à suivre le courant.
Quelques années plus tard, cet engouement avait pénétré dans les pays les plus éloignés, de telle sorte que tous les débouchés finirent par être fermés aux dentelles du Puy. Cet état déplorable amena une certaine agitation, dont le but était de secourir les fabricants et les ouvrières en provoquant des prêts et des subsides '. Tout cela ne pou-
1. Voici, à ce sujet, ce qu’écrivait M. Aymard, archiviste départemental du Puy, dans un album archéologique qui y fut publié en 1857 :
« ... Les années 171 y et 1716 signalèrent une de ces néfastes époques. La fabrique qui, auparavant livrait à la vente des dentelles très-variées et propres les unes pour l’Italie, d’autres à l’Espagne, d’autres pour les mers du sud, etc., languissait ; les magasins étaient remplis de marchandises, et les négociants refusaient d’acheter les dentelles, « ce qui » mettait le peuple dans la dernière misère et dans l’impossibilité de payer les impositions. » Pour remédier à cette fâcheuse situation « et soulager les peuples, » les trois commissaires du pays réunis à Montpellier, au mois de décembre 1715:, décidèrent que le diocèse emprunterait une somme de soixante mille livres pour être employée en achat de dentelles. Dans une supplique imprimée qui traduisait un sentiment d’émotion générale, les syndics des marchands de la ville du Puy offrirent aux états du Velay « de supporter l’intérêt de cette somme, à la condition de fournir les fils de Hollande « bien assortis et nécessaires pour la consommation de cette somme en dentelles et dont leurs magasins étaient pleins1. #
« Cette demande 11’eut pas de suite ; la crise commerciale exigeait sans doute l’achat immédiat des dentelles, qui fut fait aux ouvrières parle sieur Jerphanion, syndic du diocèse*.
« Du reste ce malaise de la fabrique se prolongea bien avant dans le xvnr siècle, car il motivait en 1777 un secours de mille livres payable pendant dix annnées, qui fut alloué par les états du Velay, pour suppléer à la détresse de la dentelle par l’introduction d’une manufacture nouvelle, celle des étoffes de coton. L’assemblée se préoccupait en même temps d’une demande souvent renouvelée pour nos commerçants et tendant à obtenir l’exemption des droits de sortie pour les dentelles qui passaient à l’étranger.
« Le commerce ne cessa depuis lors de réclamer contre ces droits de douane qui, disait-on, ne permettaient pas à nos dentelles de fil, les seules que la fabrique avait longtemps produites, de lutter au dehors, et surtout à Cadix, avec celles du Piémont, du Milanais et de la Flandre impériale, qui s’exportaient à moindres frais. C’était là une principale cause de la détresse de la fabrique que nous révèle un mémoire adressé, en 1761, par les syndics marchands de la ville du Puy au syndic du pays du Velay, qui alors s’était rendu aux états généraux du Languedoc.
« Le même document nous apprend que peu de temps auparavant, et en vue d’occuper les ouvrières à un travail
*. Supplique à nos seigneurs des étals du diocèse de Puy et pays du Velay. Document curieux trouvé dans les papiers de famille , chez M C. de Lafayette, président de la Société académique du Puy, et procès-verbaux des états du Velay, session de 171s. Archives départeme
vait procurer qu’un soulagement momentané et n’aurait produit aucun changement dans la situation, si on n’avait enfin compris que pour en sortir il fallait tout simplement se mettre dans le courant, et fabriquer, pour les besoins de la consommation présente, des dentelles à réseau plus légères et semblables à celles qui se faisaient dans d’autres fabriques où elles étaient une cause de grande prospérité.
« Le plus grand débit des dentelles du Puy, » dit un auteur 1 venu quelques années après le retour à l’activité de cette fabrique, ne s’est jamais trouvé qu’à Cadix pour la destination du Mexique et du Pérou, où les femmes ornaient, de ces dentelles, leurs jupes et les autres parties de l’habillement avec une profusion qui en rendait la consommation prodigieuse. Le goût des dentelles plus fines ayant pénétré dans ce pays, le commerce du Puy en a beaucoup diminué. Les dentelles qui se fabriquent encore aujourd’hui sont plus fines et mieux proportionnées : mais ce commerce serait bien resserré s’il s’était borné aux dentelles de fil; il est soutenu par la fabrique des blondes et des dentelles noires, qui s’est introduit au Puy depuis environ trente ans. »
Ce commerce a beaucoup souffert pendant la première révolution, mais il s’est bientôt relevé et aujourd’hui, malgré la concurrence des dentelles à la mécanique, la fabrique du Puy, par les nouveautés qu’elle met au jour, procure aux ouvrières qu’elle occupe en très-grand nombre, un travail convenablement rémunérateur. Ce sont des guipures de fil, de soie et de laine qu’elle produit actuellement; de ces dernières surtout et en très-grandes quantités. Depuis deux ans les demandes ont été d’une si grande importance, que le nombre des ouvrières s’est accru, dit-on, de vingt mille, et que les façons ont plus que doublé; on assure même que nombre d’ouvrières ont pu gagner jusqu’à cinq francs par jour.
Le Puy possède un musée de tableaux et d’antiquités fort remarquable, et tel qu’on n’en rencontre pas dans les villes de son importance ; il s’est enrichi, depuis quelques années, d’une collection de dentelles anciennes due à la générosité de l’un de ses fabricants. On ne pouvait faire, pour le progrès et l’avenir de la fabrique, une œuvre plus utile.
On fait de la dentelle aujourd’hui dans tout le département de la Haute-Loire, à l’exception de quelques communes à l’est de l’arrondissement d’Issingeaux et de quelques autres de l’arrondissement de Brioude à l’ouest. La fabrique s’étend au nord dans le département de la Loire jusqu’à Saint-Bonnet-le-Château et Saint-Anthèmé et dans celui du Puy-de-Dôme au delà d’Ambert.
Aurillac, Murat et Tulle. — La ville d’Aurillac a été, jadis, le centre d’une fabrication importante de dentelles, qui s’étendait au delà de Murat et jusque dans le Limousin. L’ofigine de cette manufacture est très -probablement contemporaine
plus lucratif, on avait créé dans le pays une fabrique de blondes ou dentelles de soie, mais que oes nouveaux produits étaient sujets également cc à telle douane que les commis de fermes jugeaient à propos » i. Roland de la Platière, Encyclopédie des Arts et manufactures.