AM. Le Camus, intendant à Riom
« Ayant fait savoir aux directeurs de la manufacture des points de France la plainte de M. l’évéque de Saint-Flour au sujet du presche que leurs commis à Aurillac ont établi dans le château du sieur Gion, ils ont fait réponse qu’ils n’en en ont eu aucune connaissance, et qu’ils écriront incessamment aux dits commis que si à l’avenir ils entendent parler qu’ils aient aucun commerce avec le dit Gion, ils seront révoqués de leur employ. Cependant je suis obligé de vous dire que l’on m’advertis que, depuis quelque temps, plusieurs particuliers d’Aurillac font travailler ouvertement à des points et qu’ils débauchent journellement des ouvrières de la manufacture, notamment le nommé Boyer, fermier du chateau de Bresons, où il en tient le nombre de vingt, qui y travaillent actuellement.
« Comme ces entreprises sont contraires aux intentions du roy, et qu’une pareille licence estant soufferte plus longtemps pourroit retarder et mesme empescher l’avancement et perfection de la dite manufactute, Sa Majesté m’a ordonné de vous faire savoir qu’elle veut que vous teniez soigneusement la main à l’exécution de ses ordonnances et qu’il soit procédé contre les contrevenans suivant la rigueur d’icelles, sans aucune considération, notamment contre les sieurs Contrastin et le dit Boyer. »
Deppingj Correspondance administrative sous Louis XIV, t. III.
Une lettre de Catherine de Marq, du mois d’octobre i66y, informe Colbert des progrès déjà réalisés à la manufacture d’Aurillac.
M. de Fortia écrivait de son côté à Colbert, le 30 avril 1666 :
« La permission qu’on a laissée aux ouvrières d’Aurillac de travailler à leur ancien point a été de concert avec les intéressés à la manufacture nouvelle qui ont attiré à eux les meilleures ouvrières^ en sorte que dans le dernier estât du mois passé, ils en ont eu dix-huit cents, etc. »
Lettres à Colbert, t. CXXXVII f° 482. Bibl. nat.