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MIRECOURT, NEUFCHATEAU, SA I NT-M I H I EL

de laiton, qu’on dit avoir été porté par Marie de Médicis ; par sa forme, il appartient aux premières années du xvii' siècle, et la bordure est une guipure gothique du même genre que les modèles du recueil de Foillet imprimé à Montbéliard en 1598.

Pour un expert capable de connaître au juger l’origine d’une dentelle, cette guipure, qui est dans son neuf et n’a point été blanchie, a un aspect tout à fait identique à celui qu’aurait la même dentelle fabriquée aujourd’hui à Mirecourt.

Fig. <57. — Fleur d’application de Mirecourt.

En étudiant la manière de faire la dentelle dans les différentes fabriques, on s’aperçoit que la méthode n’est pas complètement la même partout, et qu’il y a des différences dans la forme, la manière d’être des accessoires, tels que piqûres, fuseaux, métiers ou matières ; de là, des différences d’aspect du produit, sensibles à l’œil de celui qui a une grande habitude de la dentelle.

D’après Savary, Mirecourt, Vezelise, Neufchâteau et quelques villages et dépendances de ces villes étaient les lieux où il se faisait le plus de dentelles de fil en Lorraine. « Ces dentelles, il est vrai, sont grossières, ajoute-t-il; mais étant bonnes pour l’Espagne, le débit en est assez grand, et on en fait tous les ans des envois de plusieurs milliers de pièces. »

Les dentelles grossières dont parle Savary n’étaient autres que les guipures corsées à dessins courants dont on garnissait, sous Louis XIV, les jupes et les vêtements (Pl. XXXI) ; lorsque la mode les a abandonnées, Mirecourt s’est réformée comme les autres fabriques, et s’est adonnée au genre Lille (Pl. XLI), dans lequel elle a eu le plus grand succès jusqu’à ces dernières années, où cette dentelle a été délaissée.

Actuellement on y fait quantité de guipures blanches dans tous les genres : gothiques à rosaces géométriques, ou façon Angleterre et Bruges (Pl. XXXIV, Fig. 1 et 2). On y fabrique aussi de l’application, principalement en étroit, qui se débite en France, à l’étranger et même en Belgique, où elles se vendent comme produits belges (Fig. 67).

L’application de Mirecourt a l’avantage d’être assez blanche, au sortir de la main de l’ouvrière, pour n’avoir pas besoin d’être saupoudrée de blanc de céruse comme celles de Bruxelles, ce qui rend ces dernières malsaines et d’une propreté équivoque. Il est même dangereux de s’essuyer avec un mouchoir qui en est garni. Mais, si les applications de Mirecourt ont l’avantage du blanc, de ce qu’elles sont faites sur des piqûres différentes de celles dont on se sert à Bruxelles, elles ont un aspect différent, et cela nuit à leur

Fig. 68. — Fleur d’application de Mirecourt.

débit. Il serait facile d’y porter remède, et l’on comprend d’autant moins que les fabricants ne le fassent pas, que l’ouvrage deviendrait plus facile à faire, tout en gagnant d’obtenir un produit d’un aspect moins monotone et tel que la consommation le préférerait. Il faut croire qu’ils ne se sont pas encore rendu compte de la cause qui fait leur infériorité. (Fig. 68.)

La fabrique de Mirecourt n’a plus la même étendue qu’autrefois, mais elle compte encore plus de vingt mille ouvrières très-habiles, qui, bien dirigées, peuvent entreprendre les ouvrages les plus difficiles, les plus fins et les plus délicats.

Il se fabriquait aussi autrefois à Saint-Mihiel (Meuse) des dentelles. Cette industrie, qui y était florissante il y a à peine trente ans, s’est éteinte depuis quelques années.

Saint-Mihiel était à Mirecourt ce qu’était Arras par rapport à Lille ; on y fabriquait les mêmes dentelles fond clair, mais en tout étroit. De 1820 à 1845, >1 s’en est fait un commerce considérable; on y suffisait à peine aux demandes; mais depuis que ces dentelles sont passées de mode, la fabrique a cessé d’exister.

Suivant Peuchet, les dentelles de Saint-Mihiel étaient lisses et communes; il s’en

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