SENS, SEDAN, REIMS
neur; il avait à opérer sur un terrain favorablement préparé, et réussit d’autant plus facilement dans l’œuvre qui devait donner satisfaction au chef de l’Etat; la réputation des Points de Sedan s’en accrut encore. Mais depuis, les plus beaux Points de France ont été délaissés pour des points plus légers, pour des contrefaçons moins compliquées de travail, fabriquées à Bruxelles et se rapprochant un peu du Point de Ga~e qu’on y fait aujourd’hui. La manufacture de Sedan s’est vue peu à peu réduite à une clientèle beaucoup moins nombreuse, jusqu’à ce qu’enfïn elle lui ait tout à fait manqué. La révolution qui eut lieu en 1789 occasionna la suspension du travail dans bien des manufactures. Celle de Sedan ne s’est pas relevée.
La Planche XLI1I représente un vieux morceau de point du commencement du xviii'' siècle. La valeur artistique du dessin et la beauté du travail autorisent à l’attribuer à l’ancienne manufacture de Sedan.
Les villes de Reims et de Château-Thierry sont désignées dans la déclaration du mois d’août 1665, qui ordonne l’établissement de manufactures de Points de France. L’histoire ne nous a rien laissé relativement à la mise à exécution de cette ordonnance à Château- Thierry; quant à ce qui a été entrepris à Reims, on ignore jusqu’à quel point cela a réussi.
Une lettre de Joquebert, lieutenant général à Reims, adressée le 30 septembre 1663 à Colbert, l’informe que les trois ouvrières flamandes qui se sont échappées de la manufacture ont été reprises, que les marchands de la ville ne sont pour rien dans cette affaire, qu’il n’y en a point qui fasse un commerce important en dentelles, etc. 1
Les trois ouvrières flamandes indiquent qu’on s’y occupait de la dentelle aux fuseaux, et l’absence de commerçant important en dentelles qu’on n’en faisait pas avant l’établissement de la Manufacture royale.
Une autre lettre de Marie Colbert, adressée de Reims au ministre, au mois d’octobre 1663, renferme ce qui suit : « J’allai hier dans cette maison (la manufacture) où j’appris des dames maîtresses qu’elles se contentent des filles de Reims, d’autant qu’elles sont plus dociles que les autres et apprennent plus facilement; le nombre en est assez considérable, etc. 2 »
Pendant le même mois, Catherine de Marcq écrit aussi à Colbert qu’elle se dispose à partir pour Alençon avec « encore quatre Vénitiennes », et qu’elle envoie dix-huit filles flamandes, qui ont très-bonne main, à Reims.
A Montargis, dans l’Orléanais, un essai qui n’y réussit pas y fut aussi tenté.
On lit en effet, dans une lettre de Colbert à l’intendant d’Orléans, du ai novembre 1670 :
« Si la manufacture des Points de France ne réussit point à Montargis, la faute ne procède pas des entrepreneurs, mais bien des maires et échevins, qui s’y sont mal conduits. »