LA DEPENDANCE DE LA MOHALE
vrir un panorama de plus eu plus vaste, chaque cercle d'étendue nouvellement apparu changeant la forme et la signification du paysage précédent. La métaphysique, en associant son destin à celui de la science, risque donc d'être contrainte à changer son humeur, à accepter une instabilité de points de vue qui n'entrait pas dans ses desseins.
Un ouvrage récent (i)nous apporte précisément une théorie qui jette un jour singulièrement neuf sur le caractère de l'évolution biologique, qui en impose une définition précise et introduit une agrafe, une agrafe scientifique, dans la boucle même où la philosophie morale s'était insinuée. Les travaux scientifiques du siècle dernier ouvraient une porte à l'hypothèse que la métaphysique s'était empressée de pousser. Mais la science qui, pour montrer plus de réserve, ne s'était interdit pourtant par aucun pacte de suspendre ses recherches, divulgue aujourd'hui une série de faits qui, proposant une explication positive là où elle s'était abstenue jusqu'alors d'en donner, rend toute autre explication désormais superflue. L'interprétation métaphysique et morale du phénomène de l'évolution perd ainsi le crédit que pouvait lui valoir le
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ET L I.NDÉPEND.\.NCE DES MŒURS
fait d'assig-ner un but à un g^roupe de tendances (l'ordre intellectuel et moral dont la science avait constaté la réalité sans en fixer la signification. Car cette signification, par attribution d'une finalité,la science la dénonce aujourd'hui et elle diffère entièrement de celle qu'avait imaginée la philosophie.
Sous un litre volontairement restreint à un objet défini, rEau de mer, milieu organique, M. Ouinlon expose une loi* en même temps qu'inattendue, d'une telle généralité que la biologie se voit par elle métamorphosée et s'élève, par des moyens rigoureux, au rang le plus élevé parmi les sciences qui ont pour objet de satisfaire une passion de connaître désintéressée.
Il importe à la philosophie d'apprécier la situation nouvelle que lui créent les dernières constatations enregistrées sur le plan scientifique, aussi estil indispensable d'exposer avec quelque détail les travaux de M. Quinton, et de consigner les résultats consacrés par ses recherches. La méthode adoptée par l'auteur est d'ailleurs d'une clarté si parfaite que relater les déductions de son ouvrage dans l'ordre où il les a dressées, c'est nécessiter, dans l'esprit du lecteur, les conséquences philosophiques au seuil desquelles M. Quinton ne s'est
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