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LA depe:<dance de la morale
lité des éléments de l'être, impliquant résolution définitive de Ténergie universelle, implique l'idée d'un néant absolu, il y a antinomie entre l'idée d'existence et l'idée de finalité appliquée à l'existence et, l'une étant, l'autre n'est pas. On doit donc rencontrer et pouvoir découvrir au cœur même de l'idée d'existence, et ceci en vertu des principes de la raison, un ag^encement en vertu duquel une systématisation totale des éléments de l'être s'avère à jamais impossible. Cet agencement rendra manifeste le principe d'illogisme essentiel que Ton vient d'énoncer, tel qu'il se fonde sur la nécessité, inhérente à l'existence, de se soustraire à toute possibilité de se nier et de se voir cesser.
Ce principe de divergence essentiel et qui institue entre les choses un désaccord métaphysique a été diagnostiqué par quelques philosophes. La contradiction, selon Hegel, est le moteurdu monde et toutes les choses se contredisent elles-mêmes. L'opposition universelle de Tarde est une autre formule pour le même point de vue. M. Paulhan enfin se montre partisan de la même conception lorsque du fait de systématisation entre des éléments divers où il voit le mode de formation du réel, il déduif la nécessité d'un état de diversité préalable, lorsqu'il tient tout au moins cette diversité pour ui.
ET L INDEPENDANCE DES MŒURS
état de fait, pour une donnée empirique au delà de laquelle il ne veut spéculer.
C'est decetétatde fait,relevé par ces philosophes et aperçu par d'autres encore, que la conception du Bovarysme, prise comme méthode de pensée et appliquée à la notion métaphysique de l'être, montre le caractère de nécessité rationnelle,ce caractère de nécessité dont le principe de contradiction, sous la forme où l'on vient de l'évoquer, nous a dénoncé la présence.
Après avoir observé le Bovarysme dans la réalité iiumaine à travers la littérature et la psycholo^^ie, après avoir élevé le cas pathologique révélé par la vision d'artiste du grand Flaubert à la généralité d'une loi, après avoir fait tenir dans ce pouvoir départi à l'homme de se concevoir autre qu'il n'est, le rythme même du mouvement et de la vie sous le jour de la conscience, après l'avoir montré comme le principe de tout progrès aussi bien que de toute déviation, on l'a identifié, sous le jour physique, avec le fait de devenir autre. Or,ce même principe de méconnaissance et de contradiction de soimême qu'est en son essence le Bovarysme, recherché au cœur de la notion métaphysique de l'existence, y décèle sa présence et l'énergie de son action dans la relation indissoluble qui unit le fait d'exis-
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tence au fait de connaissance. Il n'est pas d'existence qui n'implique connaissance d'elle-même,c*est là le principe de tout idéalisme, et sur ce point tout au moins, Tidéalisme est inattaquable. Il est superflu d'ajouter que tout état de connaissance suppose, d'autre part, un état d'existence, fût-ce, comme le veut encore l'idéalisme, Texistence seule de la pensée. Mais dès lors l'existence, de ce qu'elle est liée ainsi indissolublement à la connaissance, se manifeste et se déclare dans un état de division essentielle avec elle-même, la connaissance étant un état analytique qui n'existe que dans l'opposition de l'objet au sujet, qui n'est point concevable de l'un pour l'un, qui commande et implique diversité. La notion d'une diversité irréductible à l'unité entre ainsi, à titre essentiel, dans la notion d'existence, l'unité apparaissant comme la frontière lo«-ique qui, en tant que concept négatif, limite le fait positif du réel.
Mais, soumise à la diversité, en vue de la connaissance qu'elle implique d'elle-même, l'existence se montre en même temps réfractaire à une connaissance entièrement adéquate d'elle-même par elle-même, puisqu'il lui faut toujours opposer à la part objective de soi qu'elle saisit dans la connaissance, une autre part aussi d'elle-même, une pail
ET L INDÉPENDANCE DES MŒLKS
subjective qui, rendant seule possible la connaissance de quelque relation entre deux états d'exisleiice, échappe, de toute nécessité, à la possibilité d'être saisie dans la connaissance, soustrait ainsi, ik toute nécessité, une part de l'existence à la connaissance de soi. La relation qui unit indissolublement l'existence à la connaissance d'elle-même et la connaissance à l'existence de quelque chose se complique donc d'une antinomie entre existence et connaissance, selon laquelle il n'est pas, pour l'existence, de connaissance adéquate, totale et absolue, d'elle-même.
Cette conclusion consacre, selon un dogmatisme des principes de la raison, le caractère relatif de la connaissance, dénonce l'inanité de tout l'effort métaphysique vers l'absolu, aussi bien du point de vue de la connaissance que du point de vue de l'être Elle nous donne l'existence et la connaissance comme des faits de relation et identifie avec une aspiration vers le néant toute tentative en vue de dépasser les limites de la relation. Ainsi la diversité que nous constatons entre les choses dans le domaine de la relation concrète s'exprime, en la'U que nous envisageons l'idée abstraite d'exisleiioe, en une opposition. La formule bovaryque Iraduit cette opposition; elle tient de là sa généra-