LA DEPENDANCE DE L\ MORALE
lité. S'applique-t-elle au mouvement par lequel les entités concrètes s'agrègent et se désagrègent, s'associent et se dissocient, c'est-à-dire s'engendrent et meurent, vise-t-elle ainsi tous les cas d'altération de la réalité, elle se prononce « se concevoir autre » ; mais elle se réduit lorsqu'elle s'applique ou fait et au mouvement même de l'existence, au seul terme « se concevoir », montrant ainsi dans l'unique rapport de l'être à la connaissance le principe d'opposition constitutif du fait même de l'existence.
Cette conception, qui a été exposée dans/e Boiarijsme et dans la Fiction universelle, qui a été présentée dans un cadre nouveau avec les Raisons de l'Idéalisme, a encore été approfondie et précisée dans un Commentaire aux Raisons de Vldéalisine qui forme la dernière étude de ce volume. Elle donne comme consubstanliel au fait de l'existence le fait même d'opposition qui engendre l'état de diversité où la connaissance et la vie sont possibles et qui garantit, de l'une et de l'autre, enlacées en une synthèse indissoluble, la pérennité. C'est dans les limites infranchissables de cette opposition que l'on a fait place aux divers modes de la réalité dont on a étudié la formation dans le Bovarysme au chapitre dn Réel, c'est dans ces limites que l'on a montré, sous tous ses aspects, le réel comme un
ET L INDEPENDANCE DES MŒURS
état d'équilibre entre deux forces et que, sous son aspect le plus général, caractéristique de ses modes les plus divers, on l'a donné comme un compromis entre une part d'ordre, de constance, de système et une part d'indiscipline, d'instabilité, d'imprévu.
Au cours des études comprises en cet ouvrage, ce que l'on s'est proposé de montrer, c'est bien toujours le fait même de l'existence se constituant selon ce compromis essentiel entre une part de système et une part d'aléa, composé, au regard de l'esprit, d'une part d'éléments calculables et d'une part d'éléments échappant nécessairement, du fait de leur genèse aléatoire, aux prises du calcul. Mais en réaction contre le vœu de rationalisme et de systématisation universels que l'instinct tbéolo-
jue a légué à la spéculation philosophique, on s'est proposé de mettre plus spécialement en évidence la part d'arbitraire, d'aléa, d'incalculable et d'illogique qui est inhérente à l'existence et la préserve de sa fin. Tel est l'objet précis que l'on a poursuivi avec la thèse développée dans la Dépenfance de la morale et U Indépendance des mœurs. Indiquant la répercussion immédiate qu'une sem-