‹ La Dépopulation de la FranceChapitre 16 sur 35 · AO · texte numérisé non relu

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3° Il faut donc dégrever d'impôt les familles qui ont plus de trois enfants ;

4° Le père d'une famille nombreuse est un créancier de l'État. Sa créance doit être payée. Elle le sera, que l'on y consente Ou non.

Nous retrouvons ce peu de souci du législateur français pour les familles nombreuses, dans les lois les plus diverses comme si ce législateur s'élait toujours désintéressé de cette question.

Citons par exemple deux lois : la loi électorale et la loi militaire.

La loi électorale dispose que tout Français âgé de 21 ans prendra part aux élections de ses représentants. Ainsi, tout homme, sous cette simple condition d'âge prendra une part aux affaires publiques, à l'établissement des lois, à la fixation du budget. Tous les ciloyens seront égaux sur ce point. Mais quelle différence dans la réalité existera entre le père de famille chargé d'enfants d'une part, et le célibataire ou le père qui aura prudemment restreint sa descendance d’autre part ?

Tous deux auront la même part à la marche des affaires de l'Etat. EL cependant l’un représentera plusieurs voix, celles de toute sa famille, il paiera une somme considérable d'impôts de toutes sortes, surtout d'impôts de consommation. Il sera intéressé beaucoup plus que n'importe qui à la prospérité générale, à l'ordre, qui lui permettront d'élever les siens. À côté de lui, le père d’un seul ou de deux enfants participera au paiement des impôts dans une proportion beaucoup plus faible.

Le célibataire se désintéressera forcément de bien des choses.

On peut comparer l'Etat à une société commerciale. Dans l'Etat chacun est co-propriélaire du patrimoine moral et réel de la na- Lion.

Chacun contribue par ses apports à la création et à l'entretien de ce patrimoine, ainsi dans une sociélé commerciale chacun est copropriétaire de l'actif et contribue à la marche de la société. Mais chaque associé n'a pas une part égale aux autres associés, et ne contribue pas d’une façon identique à la formation de l'avoir. Les uns ont une part beaucoup plus forte, possèdent un plus grand nombre d'actions, l'ont des sacrifices plus grands soit en travail, soit en versements de fonds.

D'autres ont une part plus modeste, ils possèdent moins de droits. Mais lors de l'établissement du pacte social, il ne viendra à l'idée de personne de donner des voix délibératives égales aux uns et aux

autres, cela paraîtrait une injustice flagrante. A celui qui a apporté beaucoup et qui fournit davantage, il sera donné un nombre plus considérable de voix dans les assemblées délibérantes ; à celui qui a apporté peu de chose, il sera donné moins de voix et souvent il ne lui sera donné aucune voix.

Ne peut-on concevoir que le père d’une famille nombreuse qui fait tant pour l'Elat, qui paie tant à l'Etat, aura plus de part dans les délibérations et dans les votes que le célibataire ou le père d’un ou deux enfants ?

Celle idée d’avoir plusieurs voix, selon le nombre ou l’importance des intérêts d'un citoyen dans l'Etat, n'est pas une chose nouvelle.

I y à plus d'un demi-siècle, il fallait en France pour pouvoir prendre part aux votes, payer un chiffre déterminé d'impositions, justifier d'un intérêt minimum à la marche des affaires publiques. Dans d'autres pays, les citoyens disposent de plusieurs voix : L'une représente la détention d'une propriété, l'autre des titres universitaires preuve d'une culture intellectuelle plus grande. Ainsi le principe en vertu duquel un citoyen a autant de voix qu'il a d'intérêts matériels el moraux dans l'Etat, à déjà été appliqué.

Le père de famille, en équité, devrait pouvoir ajouter à sa voix une ou plusieurs voix, selon le nombre de ses enfants vivant sous son toil-

Une loi a été proposée dans ce sens. Elle donnait deux voix à l'électeur marié, trois à celui qui avait trois enfants, et cela tant que ses fils n'étaient pas électeurs et ses filles n'étaient pas mariées.

Si une loi semblable était adoptée, les célibataires perdraient leur influence, et qui pourrait s'en plaindre ? Les gens mariés n'ayant qu'un ou deux enfants ne gagneraient rien, mais les pères de plus de trois enfants formeraient la majorité dans le corps électoral.

Ils en forment maintenant la minorité.

Les 2.600.000 célibataires conserveraient leurs 2.600.000 voix .

Les pères ayant moins de trois enfants qui sont au nombre de 4.600.006, et ont 4.600.000 voix en auraient 9.200.000.

Ils représentent 42 ?/, des électeurs, ils représenteraient 45 (/,.

Les pères qui ont lrois enfants, mais dont les enfants ont plus de 21 ans, ou dont les filles sont mariées au nombre de 400.000 et disposant, de 400.000 voix en disposeraient de 800.000.

Les hommes mariés ayant trois enfants âgés de moins de 21 ans ou davantage, au nombre de 2.200.0000 et disposant actuellement d'autant de voix en disposeraient de 6.400.000. Ils représentent 20 °/, des électeurs, ils en représenteraient 32 °/, ou environ le tiers.

Les veufs et divorcés au nombre de 1.100.000, représentent 10 °/,

des électeurs: On peut supposer que leurs voix seraient, de 1.200.000, mais elles ne représenteraient plus que 6 ‘/, des électeurs.

Les nécessités de la défense nationale font que tousles Français doivent personnellement le service militaire; et malgré cette charge si lourde, le nombre de nos soldats est insuffisant. Là encore, dans ce paiement de l'impôt du sang, l'un des impôts les plus lourds, le père de famille est surchargé d'une façon inique.

Si l'on envisage un père de famille qui a plusieurs fils, il donnera tous ces fils, un, deux, trois, quel qu'en soit le nombre, à l'armée. ILest exposé à les perdre tous sur le champ de bataille, où ils défendront l'avoir des prudents qui ont limité leurs enfants ; pendant leur service actif, le père sera encore obligé d'aider d’une facon efficace ses fils sous les drapeaux.

Le père d'un seul fils ou sans enfant ne supportera rien où supportera bien peu de chose de tout cela.

Si le père qui a des ressources, supporte facilement la présence de ses fils sous les drapeaux pendant trois années, si cela ne lui fait subir qu'un préjudice restreint, il n’en est pas de même dans bien des familles.

Le fils parti faire son service est un ouvrier enlevé aux travaux de la ferme de son père, ouvrier difficilement remplacé, ou à l’atelier, ou au commerce palernel.

Pendant ces trois années de service, le père souffrira, peinera, attendant avec impatience le retour de son enfant.

Toujours, toujours, à toul moment, la législation française, nos idées, nos mœurs seront hostiles au père de familles nombreuses et le frapperont pour avoir été généreux el s être formé un idéal en dehors de celui de tous.

Cette conception qu'il n'y a pas à se préoccuper du nombre d'enfants qui naitront, qu'il en naîtra toujours assez, el souvent Lrop, a malheureusement en partie pour origine une (héorie célèbre,

C’est l’économiste écossais Malthus, qui à la fin du xvim® siècle, dans son Æssai sur La Population, a formulé un, prétendu principe de la population, Jusqu'alors les économistes posaient en principe que là où est la population, là se trouve la force,

Toutes les institutions tendaient à augmenter cette population.

Un édit de Louis XIV (Novembre 1666) exemptait de certaines charges ceux qui se mariaient avant vingt ans, où qui auraient dix enfants légitimes ; Pitt en 1797, proposait une loi pour récompenser

les pères des familles nombreuses ; Napoléon 1 promettait à toute famille qui compterait 7 fils, d'en élever un entièrement à la charge de l'Etat ; en 1819, un roi de Sardaigne exemptait de toute contribution tout sujet du duché de Gênes ayant douze enfants. Cette loi dura jusqu'en 1852. | del

Tout le monde pensait qu'un législateur éclairé devait faire tout pour augmenter la population.

C'est dans une proposition célèbre mais d'une fausseté éclatante, que Malthus à résumé sa doctrine sur la population et les moyens de subsistance mis à la portée de cette population.

Il a condensé celte doctrine dans sa fameuse progression arithmétique d'une part, géométrique d'autre part.

Il a donné à ce résumé l'apparence d’une loi sociale aussi rigoureuse dans ses applications qu'une loi physique, alors que les questions d'augmentation et de diminution des subsistances subissent des variations résultant de causes mullples et impondérables. Ainsi non seulement les deux propositions malthusiennes sont énoncées el établies pour un état social inexistant et irréel, mais elles ont été la cause en partie d’un état d'esprit qui a été la cause de bien des maux.

Malthus a dit :

€... Nous pouvons tenir pour certain que lorsque la population n'est arrêtée par aucun obstacle elle va doublant tous les 25 ans, et croît de période en période selon une progression géométrique.

«... Nous sommes en état de prononcer, en partant de l’état acluel de la terre habitée, que les moyens de subsistance dans les circonstances les plus favorables à l'industrie, ne peuvent jamais augmenter plus rapidement que selon une progression arithmétique...»

«... La race humaine croit comme les nombres 1; 2, 4, 8,46, 32, 6%, 128, 256, tandis que les subsistances croissent comme ceux-ci : 1, 2, 5, 4,5, 6,7, 8 9.'Au bout de deux siècles, la population serait aux moyens de subsistance comme 956 est à 9... »

Or, rien n'est plus contraire à la réalité.

S1 l'économiste écossais a voulu seulement parler d’une tendance, peut-être pourrait-on lui pardonner : et encore la population et les moyens de subsistance n'ont pas cette tendance.

Mais Malthus à vouiu établir et constater une loi, et ses adeptes el ses commentateurs ont accueilli la proposition commme l’énonciation d'une loi.

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On a expliqué la théorie de Malthus par l’augmentation rapide de la population américaine, mais cette augmentation est le résullat d'une situation toute spéciale, et l'on remarque dès à présent que celle augmentation, provenant même d'un cas exceptionnel, a eu corrélativement une augmentation de subsistances proportionnelle.

Malthus à raisonné comme quelqu'un qui ferait de la culture théorique, au milieu de ses livres, dans le silence de son cabinet de travail, là où on expose doctement et sans contradicteur que : «... un seul pied de maïs fournit deux mille graines, un soleil quatre mille, un pavot 32 mille, un orme cent mille. »

€... Une carpe pond 340 mille œufs, on a calculé qu'une jusquiame peuplerait de plantes le globe en quatre ans, el que deux harengs rempliraient la mer en dix ans, l'océan couvrit-il toute la terre... »

L'on peut même retourner dans bien des cas, la proposition de Malthus et dire que dans l’état actuel de l'industrie humaine, les moyens de subsistance progressent selon une progression géométrique comme 1, 2, 4, 8. 16 etc, tandis que la population croit selon une progression arithmétique comme 1, 2, 3, 4, 5, 6.

Loin de progresser comme le dit Malthus, les populations subissent un accroissement bien plus lent.

De 1847, une statistique établissait que la population doublait ainsi qu'il suit :

En Belgique en 41 ans, en Hollande en 42 ans, dans les Etats Sardes en 42 ans, en Norvège en 50 ans, en Pologne en 52 ans, en Espagne en 57 ans, en Ecosse en 57 ans, en Suède en 59 ans, en Angleterre en 62 ans, en Ilalie en 66 ans, en Prusse en 70 ans, dans le royaume de Naples en 75 ans, en Angleterre seule (en retranchant l'Irlande) en 78 ans, en Allemagne en 79 ans, en Danemark en 83 ans, en Russie en 95 ans, en Suisse en 97 ans, en Portugal en 97 ans et en France en 118 ans. (Moreau DE Jonnès, éléments de staistique .

I suflit de se reporter aux tableaux de la population des différents Etats européens, et à l'accroissement de leur natalité, pour voir combien la théorie de Malthus est actuellement inexacte : il

suffit de voir l'essort magnifique donné à l'industrie dans le monde pour voir que la puissance productive de l'homme est plus grande pour la multiplication de ses moyens de subsistance, que pour la multiplication de son espèce.

Ce que l'on peut reprocher à Malthus, c'est l'énumération des obstacles qu'il préconise à l'augmentation de la population. Il n’a trouvé que trop d'auditeurs dociles.

Il examine les obstacles positifs, qui sont d'ailleurs la négation de sa proposition. Ce sera l'insalubrité des locaux habités par les familles, le dénument, le manque d'hygiène, une nourriture insuffisante, l'abus des liqueurs fortes, le déréglement des mœurs, les disettes, les guerres, l'avortement, l'infanticide, les épidémies, en un mot le vice, la misère.

Mais, à côté de ces obstacles dont il se borne à constater l'existence, Malthus a eu le très grand tort de conseiller ce qu'il appelle la contrainte morale, la prévoyance dans les naissances, la prudence dans le mariage, le « moral restreint ».

Il demande au père de savoir intelligemment proportionner le nombre de ses enfants aux ressources et aux subsistances dont il

dispose.

«.…. Ne vous mariez pas, et n'ayez des enfants que lorsque vous pourrez les nourrir... » 2

Il faut reconnaître que Malthus, pasteur protestant, ajoutait : « Si vous ne vous mariez pas, vous devrez vivre dans la chasteté...»

Les forces productives de notre pays sont immenses.

Le développement des moyens de subsistance dans le monde ne sont pas limités. Ils suivent la progression de la population.

Aide-toi, le ciel L’aidera, est un proverbe de tous les pays. On peut ajouter pour répondre encore à Malthus que :

«... Le régime sous lequel les êtres naissent, vivent se développentet s'enrichissent, doit être soumis à des calculs plus sûrs que ne le sont ceux de quelques esprits mathématiques. Le grand ordonnateur à tout prévu, il n'a pu liver le monde à la famine ; de même qu'il procède aujourd’hui par voie d'excédent, il peut procéder par voie d'équilibre. L'eau ne coule que quand elle trouve une pente. L'économie politique doit rester neutre sur ce terrain ; sur des

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questions aussi délicates le plus sûr est de s'abstenir :.… (Louis R£eYBAUD, réponse à Rossi).

Malthus ne s'adressait pas à des sourds. La semence qu'il jetait au vent ne devait pas Lomber sur un terrain aride, mais elle devait vite germer.

Là où il n'y avail peut-être qu'une spéculation philosophique ou économique, le développement d'un paradoxe brillant, on devait vite trouver un conseil et l'absolution d'un égoïsme de plus en plus développé.

On suit à travers le xix° siècle, le développement des conséquences de la théorie de Malthus, la naissance du néo-malthusianisme el enfin au commencement du xx‘ siècle le complet épanouissement de cette théorie immorale.

Un médecin anglais, London, a commencé, et en 1849, il conseillait aux femmes un allaitement très prolongé, allant si possible jusqu'à trois ans.

Fourier le süit : il est difficile de discuter et même d'énoncer les moyens qu'il préconise, On ne peut que renvoyer le lecteur à sa gastrosophie, aux mœurs de la société qu'il rêve, aux phanérogames.

On n'ose non plus rapporter les moyens proposés par un allemand Weinhold, conseiiler de régence en Saxe. Un autre écrivain qui à eu la pudeur de se cacher sous le pseudonyme de Marcus, et que l’on suppose être le mème Weinhold, proposait de prévenir l'excès de population en soumettant les nouveaux nés à une asphyxie sans douleur par un procédé à l'acide carbonique.

Proud'hon nous révèle dans ses contradictions économiques les monstreuses divagations de certains partisans de Malthus.

L'ancien directeur de l’orphelinat de Cempuis, Paul Robin, fonde en 1896 la ligue de la Régénération humaine ; cette ligue donnait des conseils et des formules à ses adhérents.

Le néo-malthusianisme pénètre dans les syndicats, dans les Bourses de Travail ; les journaux corporalifs publient des réclames, des adresses de docteurs, de sages-femmes. Les ateliers d'hommes et de femme sont inondés de prospectus, comme si cette propagande avait la moindre raison d'être et si nous n'avions pas plus de

décès que de naissances et comme si en 1890, 1891, 1892, 1895, 1900, 1907, 1909, 1914, notre population n'avait pas diminué.

Les promoteurs du néo-malthusiasnisme font preuve d'une activité remarquable. Ils rencontrent des adhérents partout, prêts à tout faire gratuitement.

Des affiches sont apposées, partout, à la porte des pensions, des Lycées, des écoles de jeunes filles.

Vos yeux sont arrêtés par des affiches ainsi conçues :

… C Un enfant c'est la gêne, deux la misère, trois la grande misère.

. Tout médecin honnête doit indiquer etc... il y a des quantités de ces médecins ; avec peu d'enfants, la guerre est impossible... »

Ou bien encore : « Avoir beaucoup d'enfants c’est s'appauvrir c'est enrichir davantage les riches par la main-d'œuvre à bas prix. Ayons donc peu d'enfants.

Et... « Chaque enfant d'ouvrier est un futur concurrent pour ses parents et pour les autres. Ayons peu d'enfants... »

D’autres affiches sont plus explicites, contiennent d'autres détails plus précis frisant l'obscénité. Tout cela échappe légalement à la répression.

Un membre de la Confération générale du Travail, un examinaminaleur de l'Ecole Polytechnique, un médecin en chef d'un asile public d'aliénés signent et font apposer sur les murs de Paris des affiches où l'on peut lire ce qui suit :

«Toutes les personnes de bonne foi seront avec nous contre les Tartufes bourgeois, contre les véritables malfaiteurs publics, qui, en réalité, ne veulent de nombreuses naissances chez les travailleurs que pour assouvir leur passions, pour entretenir l'armée du chômage el avilir les salaires, pour avoir des soldats destinés à défendre leur coffres-forts contre les ennemis de l'intérieur et de l'extérieur, c'est-à-dire être pourvus de chair à plaisir, de chair à travail, et de chair à canon... »

Un journal existe, il s'appelle : La génération consciente. La écrivent des penseurs en renom. Ils entourent d’une sorte d'atticisme, de l'élégance de leur style et de l'harmonie de leurs phrases, l'ignoble conseil de la restriction de la natalité française. » La propagande néo-maltusienne, dit un membre de l'Institut M. Salomon Reinach, a pour but de substituer la réflexion à l'insbnet, la

prévoyance à l'insouciance, l'homo sapiens à la brute. Ceux qui l'accusent de favoriser le vice, de prêcher l'avortement sont des ignorants, ou altèrent sciemment la vérité. On peut condamner Paul Robin, mais sa condamnation sera inscrite sur la statue que lui réserve l'avenir... »

On voit ainsi à quelle aberration arrive cet élat d'âme dénommé l'intellectualisme qui, pour se singulariser, pour se sentir au-dessus des autres, ne craint pas d'émettre de pareilles idées.

Le néo-malthusianisme doit nous apparaître comme la théorie, l'approbation postérieure, l'essai de légitimation de ce qui existait déjà, d’un vice antérieur ! Il faut y voir une sorte d'œuvre de rhéteur expliquant, approuvant une cause certainement mauvaise, obscurcissant l'instinct et la raison qui proteste. |

Ces affiches et ces publications ne peuvent avoir pour excuse, l'exposé d’une doctrine économique ou philosophique.

Elles relèvent de la loi pénale et constituent des délits contre les mœurs, el déjà certains pays ont puni la propagande néo-malthusienne comme un délit d'outrage aux mœurs. Les lois de l'Etat du Massachussetts et de celui de New-York punissent de peines allant Jusqu'à trois ans de travaux forcés, cinq ansde prison ou 5.000 francs d'amende, l'exposé de cette doctrine.

En France, l’indulgence des magistrats, selon une expression, coule à pleins bords, tant a été déformée la mentalité de tous par la propagande malthusienne sur le devoir d’avoir des enfants nombreux.

La propagande n'est pas réprimée et la Cour de cassation a décidé qu'elle ne pouvait l'être, quand elle n’est pas accompagnée de termes obscènes, et d’outrage aux mœurs.

Il suffit donc d'exposer la théorie immorale et antipatriotique en termes élégants, choisis, décents, pour échapper à toute pénalité,

Cependant diverses décisions émanant de Tribunaux et de Cours d'appel avaient montré la voie, et s'étaient attachés, pour punir, à la thèse elle-même, faisant l'objet de la publication, plutôt qu'aux termes employés. Dans cet ordre d'idées, on peut citer un jugement du Tribunal de Bayonne du 15 juin 1908, un arrêt de la Cour de Pau du {4% août 1909, un jugement du Tribunal de Rouen 11 mai 1909. un arrêt du 27 novembre 1909, des jugements du Tribunal de la Seine, des 21 juin 1909 et 28 décembre 1909, suivis d'arrêt des 1°" février et 22 juin 1910.

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