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Puis une nouvelle méthode de captation de l'azote de l'air par l'électricité a été cherchée et trouvée,
Il'existe en Norvège des usines d'engrais azotiques ou l'azote est puisé à même l'atmosphère.
Au moyen de l'électricité, des masses d'air comprimé (azote et oxygène) sont converties en oxyde d'azote, converti lui-même en acide azotique par l'air et la vapeur d'eau. Cet acide azolique saturé par un dérivé calcique donne un engrais.
D'autres expériences ont été suivies dans le sens de la fertilisation directe du sol par l'électricité.
Un réseau de fils de fer électrisés à un voltage élevé, couvre un champ déterminé, et le résultat est une augmentalion de rendement qu'on a prétendu être de 40 °/,.
Indépendamment de l'acclimatation d'espèces végétales nouvelles propres à la nourriture, l'homme étend par son travail et par une conquête de tous les instants les surfaces qui peuvent être cultivées. En sorte que l’on peut affirmer que la productivité de la terre est indéfinie et, peut-être, infinie. On peut prouver cette assertion par différents faits bien connus. Ce sont d’abord en Hollande les polders, marais desséchés mis en culture, et gagnés sur la mer. L'ancienne mer de Haarlem ne forme plus qu'un immense polder, et montre quels résultats peuvent atteindre l'énergie et la patience humaines.
En Italie le lac Fucin, soit plus de 15.000 hectares commenca à être desséché sous l'Empereur Claude. Les travaux longtemps interrompus furent repris et terminés au xix° siècle selon le plan primitif.
C'est là encore un exemple du triomphe de l’industrie, de la persévérance, de la ténacilé humaines, en vue de la nourriture des
hommes.
Mais 1l faut limiter les exemples à ceux tirés de notre pays, puisqu'il faut démontrer que ce pays pourrait nourrir un nombre bien plus considérable d'habitants: autrement les exemples de la volonté humaine seraient trop nombreux.
Des desséchements ont été opérés en France, dans les Landes, sur les bords de l'Océan Atlantique. Un des exemples les plus connus est celui tiré de la Sologne. L imperméabilité du sol de la Sologne, dont le sous-sol est formé en excès d'une couche argi-
leuse, ne laissant pas s’écouler les eaux, rendaient autrefois ce pays de plus de 500.000 hectares infertile et malsain. Le sol était convert de petits étangs, de flaques d'eau stagnantes. La culture était rudimentaire et l'habitant misérable comme son sol.
Les plantations de pins, de chênes, d’autres essences forestières ont depuis un demi-siècle, transformé cette contrée en l'assainissant, Une race ovine y a été créée.
Ainsi en Algérie, le Français au fur et à mesure de sa conquête, perçait des puits, et là où il avait percé un puits, où il n'y avait auparavant qu'aridité et misère, surgissait une oasis fertile, des habitations, des villages. Le Français avait créé de toutes pièces cette terre.
Cette création du sol cultivé par le cultivateur en vue d’une production de plus en plus intense, n'est pas un paradoxe. Dans certains pays du midi, sur des pentes abruptes, l'homme recueille de la terre végétale. Il la dispose par gradins, et chaque gradin, chaque bande, est soutenue par un mur léger de pierres. Il y fait pousser de la vigne, des légumes, et iltire sa subsistance d’un sol en pente à première vue absolument stérile. Cependant l’eau de pluie ravine ce sol, entraîne la terre, la transporte plus bas. Inlassablement, l'homme remonte cette terre et l’on peut dire qu'à la fin de sa vie, le cultivateur a remonté la totalité de son champ, peu à peu sur ses épaules. Cette terre est bien sienne, est bien sa propriété, est bien créée par lui de toutes pièces.
On peut examiner les productions industrielles et alimentaires des principales nations de l'Europe, et cela à un double point de vue, pour montrer combien les ressources alimentaires sont étendues dans notre pays el pour montrer que l'augmentation de ces ressources alimentaires accompagne par une progression constante la progression de la population, contrairement aux assertions de Malthus.
Nous nous bornerons ici à rappeler que les ressources de notre pays sont nombreuses et peuvent alimenter une population beaucoup plus considérable. On a pu évaluer cette population à 250 millions d'habitants. Sur les 53 millions d'hectares qui forment la surface totale de la France, 23 millions 1/2 (exactement 23.590.915 hectares) sont en cultures ou en prairies artificielles. Cette culture est celle des céréales de toute nature, des betteraves sucrières, des pommes de terre, des racines fourragères, les fourrages annuels. Gelte contenance comprend aussi les jachères mortes, usage subsis-
tant d'une culture arriérée et qui tend de plus en plus à disparaître.
Ces cultures alimentaires comprennent donc 4%, 54 °/, du sol de la France.
Le blé. le seigle, l'orge, l'avoine, le millet, le sarrazin, le méteil, occupent une surface de 13.604.960 hectares, le 1/4 du territoire de la France.
Le froment à lui seul compte 6.564.370 hectares ou 12,39 °/,; l'orge 729.580 hectares ou 1.37 °/,; le méteil 142.870 hectares ou 0.27 ‘/, ; le seigle 1.244.320 hectares on 2.35 ‘/,;le sarrasin 504 630 hectares ou 0.95 ?/, ; l'avoine 3.896.670 hectares ou 7.35 ?/, ; le maïs 496.240 hectares où 0.93 ?/, ; le millet 26.000 hectare ou 0.49 °/,.
Les prés naturels comptent près de 5 millions d'hectares (exactement 4.847.900), les herbages près d'un million 1/2 (exactement 1.478.160), les paturages el les pacages 3.601.830 hectares ; les vignobles 1.723.635 hectares,
Diverses autres cultures variées comprennent 1.247.636 hectares.
Il ne reste pour les bois et forêts que 9.309.760 hectares.
Le surplus est formé de terres non cultivées (3.951.970 hectares) ou de cultures ne rentrant pas dans les catégories ci-dessus.
Les 23.590.915 hectares de terre en culture, les 5 millions de prés naturels, le million et demi d'herbages ensemble 30 millions d’hectares sur une surface totale de 52.954.985 hectares, montrent que l'industrie agricole est l’industrie principale en France, et en même temps paraissent expliquer et excuser l'énorme somme (700 millions) qui est prélevée chaque année sur la consommation des céréales pour protéger cette industrie.
Il faut donc dire que les hommes manquent à la terre, et non que la terre et les moyens d'alimentation manquent à l'homme,
Nos espèces alimentaires elles-mêmes deviennent de plus en plus productives, à mesure de l’augmentation de nos connaissances, de nos recherches, de notre expérience.
La production du blé a considérablement augmenté chez nous. Nous avions autrefois besoin de l'étranger, maintenant nous suffisons presque à notre consommation. Pour peu nous deviendrions exportateurs.
Des méthodes nouvelles ont remplacé celles anciennes. Le type de l’assolement cultural, dans bien des régions était le type triennal :