‹ La Dépopulation de la FranceChapitre 21 sur 35 · AIRE · texte numérisé non relu

AIRE

On peut envisager un temps très prochain où le labourage s'opérera à la vapeur et à l'électricité.

Déjà dans certaines plaines du Nord, le labourage s'opère avec des machines à vapeur ; et un soc, plusieurs socs, Jusqu'à six socs, travaillent la terre d’une façon régulière par tous les temps.

. «Si avec M. de Gasparin on évalue à 28 millions d'hectares la superficie cullivable de la France, on verra que soumis au régime foreslier ou pastoral, notre territoire ne pourrait nourrir que 1.700.000 habitants à raison de 7 hectares environ par personne, la population sous le régime celtique, ne dépasserait pas 32.700.000 habitants ; en effet mème avec la forme la moins imparfaite de cul- Lure alternative, 5 hectares ne fournissent que l'alimentation de 6 personnes ; au contraire, grâce à la culture continue, M. de Gasparin croit que la France peut produire la nourriture animale et végétale de 260 millions d'hommes. »

D'autres branches de l'industrie humaine destinées à vêtir l'homme se multiplient et multiplient leurs produits.

S'il est une industrie qui parait bien n'exister que par le travail des mains de l’homme c'est celle de la cordonnerie ; nous avons tous présent à l'esprit le cordonnier d'autrefois travaillant de ses mains, dans sa boutique, entouré de ses apprentis. Nous pourrions penser que Ja diversité des goûts de chacun, ses besoins différents résultant de ce qu'aucun homme n'est semblable à un autre physiquement, excluent l'emploi des machines.

Et pourtant cette industrie est devenue une industrie mécanique. Elle s’est développée sur les bords de la Loire, à Angers, à Nantes. Là, des ateliers produisent des quantités énormes de chaussures faites mécaniquement, et les machines y sont mues par la vapeur et l'électricité.

Si les dépôts naturels de houille pouvaient s'épuiser, si le pétrole ne se trouvait plus dans la terre, l'homme a devant lui des forces illimitées, le flux et le reflux de la mer qui ont déjà été utilisés comme force motrice ; il a la chaleur solaire, pour laquelle des machines ont été construites ; il a l'air comprimé el par dessus tout, ce qui est d'un emploi immédiat, à la portée de sa main, la houille blanche ou la force résultant des fleuves et des torrents.

La France est très avantageusement placée pour employer cette force considérable, qui peut transformer toutes les industries ali-

SUERe

mentaires el parmi elles l'industrie agricole au moyen du labourage électrique.

Je crois avoir suffisamment démontré, bien qu'il ait été nécessaire de se cantonner dans quelques exemples, que les industries alimentaires. que les moyens de subvenir aux besoins physiques de l'homme sont indéfiniment extensibles, et qu'il suffit à l'homme de vouloir. Que l'on ne parle donc jamais des aliments quand on étudie les lois de la population et que l'on relègue la loi prétendue de

Malthus au nombre des erreurs les plus grossières et les plus dangereuses.

Page 1