‹ La Dépopulation de la FranceChapitre 24 sur 35 · RE · texte numérisé non relu

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Un autre idéal, celui résultant des croyances religieuses, a également disparu. Les lumières du ciel ont été éteintes.

On pourrait supposer que dans certaines familles religieuses, donnant l'exemple de la pratique de toutes les prescriptions du culte, les enfants seront nombreux. Croissez et multipliez est une très ancienne el très noble prescription.

I n’en est rien. Ces familles à de rares exceptions ne comptent pas plus d'enfants que celles des incroyants. Il semble que par on ne Sail quels accommodements avec leur conscience, ils ont restreint leur descendance. Seuls, les protestants très pratiquants ont beaucoup d'enfants. Vous avez souvent entendu cette réflexion : «avoir des enfants comme un pasteur protestant. »

Ainsi la parole divine est comme une semence qui tombe sur la terre ; une partie du grain tombe sur le chemin et les oiseaux du ciel s'en emparent, une autre partie tombera sur une terre aride et desséchée, elle ne produira aucune moisson : elle sera tombée sur des âmes rapetissées, rétrécies, à idées étroites, bien qu'ayant extérieurement toutes les apparences de la foi, âmes qui ont remplacé le fond par la forme. Une autre partie enfin tombera sur un terrain favorable. Ce sera sur les natures d'élite, lors même que ces natures n'offriraient pas le spectacle de pratiques religieuses suivies. Et ainsi cette partie du grain ainsi tombée dans un endroit favorable produira une abondante moisson de vertus, avec une famille nombreuse, ce sera le courage, l'effort persévérant, la confiance dans le labeur, dans l’avenir…

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On peut penser aussi que la poussée du socialisme qui n’est en somme qu'un individualisme exacerbé est la cause du faiblissement de notre population. Ces deux mots individualisme et socialisme paraissent jurer d'être joints l’un à l’autre et les deux théories économiques paraissent deux choses entièrement distinctes.

Actuellement, il paraït n'en être rien. Tous ces mouvements des classes ouvrières, des classes d'employés, des fonctionnaires coalisés eux-mêmes contre l'Etat, des petits ; ces grèves multiples, toutes ces palpitations du corps économique, sont décorés du nom de socialisme et de collectivisme.

Cela est une erreur. Ce n'est pas le socialisme ou le communisme qui sont au bout de ces revendications. Ceux qui pensent que c'est vers le socialisme ou le communisme que tendent ces mouvements seraient bien élonnés s'ils savaient ce qu'est le communisme depuis Platon, en passant par Thomas Morus, Campanella et sa cité du Soleil, Babœuf, Saint-Simon, Fourier,

Ce que veulent ces promoteurs de grèves, ce qu'il faut sentir dans leurs aspirations, c'est l'amélioration de leur individualité, c'est l'individualisme, c'est la marche vers une situation meilleure, c'est augmenter ce qu'ils ont déjà au détriment d'autres, bien loin d'abandonner ce qu'ils possèdent pour le jeter dans le gouffre d'une masse commune. Les théories de restriction de natalité, le néo-malthusianisme n'ont pas d'autres premoteurs, de défenseurs que des hommes faisant parade d'idées socialistes. Le socialisme actuel paraît donc la résultante de ce qui a déjà été indiqué : l'égalité polhitique en présence de l'inégalité économique, celle-ci, chose forcée et qui ne peul exister autrement.

Restreindre ses charges, augmenter son bien-être, diminuer le nombre de ses enfants, voilà les prescriptions qui font partie des commandements d'un socialiste français.

Arsène Dumont, dans son ouvrage, Dépopulaltion ef Civilisation a appelé capillarité sociale, cette tendance perpétuelle, inlassable, des civilisations avancées comme la civilisation française, de monter, de laisser derrière soi la situation où l’on $e trouve, pour oblenir par tous moyens une situation que l’on croît plus élevée.

La capillarité est cette loi physique en vertu de laquelle certains liquides sont attirés ou repoussés, el alors, dit Arsène Dumont, celte conséquence : que le développement de la race en nombre est. en raison inverse du développement individuel en valeur ou en jouissance. Plus un foyer de culture est lumineux, plus il exerce d'attraction, et, plus il exerce d'attraction, plus il est lumineux. ‘C'est un effet qui s'augmente par son effet même. Plus l'attraction exercée est considérable plus ceux qui la subissent sont rapidement consumés au foyer.

« … Le plébéien met le but plus haut que le fils de l'aristocrate. Il est aussi plus âpre à la jouissance quand il se tourne de ce côté. La démocratie se trouve ainsi représenter la viriculture intensive, comme à l'extrême opposé le régime des castes représente la viriculture extensive... »

On remarquera ainsi que ce sont dans deux autres Etats à ten-

dances très démocratiques, presque socialistes, dans l'Amérique du Nord et dans l'Australie, que la natalité baisse le plus, moins ce-

pendant qu’en France.

La mentalité française quand il s’agit du nombre des enfants, obéit à des lois que l'on peut essayer de déterminer. Ce sont plus que de simples hypothèses ; on peut citer un certain nombre de ces lois.

L'une d'elle est la loi de réaction d’une génération sur l’autre. On peut observer que chaque génération pense faire mieux que celle qui l'a précédée, et agit différemment. La génération suivante a vu les inconvénients d'une situation. Elle en a souffert, elle a été frappée de ces inconvénients qu’elle a seule aperçus, et elle s'est promis d'agir autrement ; tant il vrai de dire que l'augmentation ou la diminution de notre population est en nous mêmes, n'est pas causée par des faits qui nous soient étrangers ; tant la diminution des naissances est une maladie de notre volonté.

Ainsi une génération a eu beaucoup d'enfants. Le père de famille n a pas craint d'avoir des fils et des filles nombreux : ces fils et ces filles ont remarqué les petits côtés de cette situation, la gène quelques fois du père, la fatigue des parents, l'héritage morcelé après la mort alors que cet héritage avait été unique pendant la vie de ce père. Ils ont fait une comparaison simpliste avec les autres enfants des familles où il n'y avait qu’un ou deux fils. Et cette génération à son tour parvenue à l’âge d'homme, se mariera peut-être, mais aura peu d'enfants. Puis les enfants de ces fils uniques verrons à leur tour les maux qu'engendre une famille restreinte.

Peut-être leur idéal deviendra-t-il plus élevé; et ils auront une famille plus nombreuse. Tant il est vrai qu'autour de nous, on n’est frappé vivement et convaincu que par les vices apparents des choses que l'on essaie d'éviter.

On peut faire la monographie de deux familles vivant au commencement du x1x° siècle, pour avoir la confirmation de cette loi de réaction.

Dans l’une il y eut huit enfants, six fils et deux filles. Le père mourut à 96 ans et la mère à 93. L'ainé des fils fut pris à l’âge de 18 ans par la conscription et périt dans la campagne de Russie. Des sept enfants subsistant, quatre n'eurent qu'un seulenfant, deux eurent chacun deux enfants, un seul eut trois enfants (dont deux seulement eurent une postérité). C'est que l’aïeul menait à la campagne une vie simple et consentait à rester dans sa condition sociale. Les sept enfants étaient partis, habitaient la ville Voisine ;

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tous les sept avaient l'âpre volonté de s'enrichir, de s'élever, de sortir de leurs sphère, d'arriver, d’épargner de toutes façons pour parvenir au but entrevu.

Ainsi done, ces huit enfants furent représentés, après deux générations par onze enfants. Et si l'on ajoute que les sept enfants mariés avec leurs 7 maris et femmes, formant un total de 14 personnes, on arrive à ce résullat que 1% personnes ont eu seulement A1 représentants.

Dans une autre famille, vivant à la même époque aussi à la campagne, dans une grande aisance, les résultats sont à peu de chose près identiques. Le père est mort à 91 ans, la mère à 88 ans ; tant il est vrai que longévité, santé et nombreuse famille se rencontrent presque toujours ensemble. Ce couple avait aussi huit enfants, quatre fils et quatre filles. Il eut neuf petits enfants, représentant ainsi, en réunissant les pères el mères 16 personnes, et donnant ainsi, en raccourci l'image de la décroissance de notre race.

C'est dans cette famille que l’on peut remarquer un phénomène bien suggestif. L'un des 8 enfants eut un fils. Ce fils, unique pendant Loute sa vie, mourut à 8 ans ; un an après sa mort, naissait un autre fils à qui le prénom de l'ainé fut donné. Ce second enfant resta unique pendant toute son existence. Il mourut à son tour à l'âge de trois ans. Un an après sa mort, les parents avaient un troisième fils, à qui ils donnèrent loujours le même prénom.

Ainsi inlassablement, sans être arrêté par le malheur, par l’enseignement tiré de la mort d'un être chéri, ces Français épargneure ne changeaient pas leur âme, Il ne leur fallait qu'un fils ; ils n’ont jamais eu qu'un fils. Ils ont laissé une fortune considérable, des biens importants et ils ne se sont pas dit un instant qu'en même temps il fallait créer à ces richesses des défenseurs.

Si nous suivons maintenant ces deux familles à la troisième génération, nous remarquonsune réaction sur lesidées des grands parents.

Les naissances seront un peu plus nombreuses mais encore bien insuffisantes pour réparer le mal fait au paravant, et surtout pour égaler les peuples voisins.

Dans la famille de huit enfants dont il est d’abord question.

Les enfants uniques des frères et sœurs nombreux eurent à leur tour : deux d’entre eux, quatre enfants ; deux autres, trois enfants, un autre, cinq enfants, tous les autres deux enfants.

Dans la famille citée en second lieu, la réaction est encore plus visible. Tous ont au moins deux et trois enfants. Cinq fis ou filles uniques ont eux-mêmes quatre et cinq enfants.

Une deuxième loi parait être la suivante, et elle semble bien la confirmation de la théorie d’Arsène Dumont. En ce qui concerne le nombre des enfants, la mentalité des pères est celle non pas de la condition sociale de ces pères, mais celle de la condition où ils voudraient parvenir. | |

L'idéal du petit commerçant est d'être un fonctionnaire, un officier, un magistrat: Sa mentalité se rapprochera donc de celle de ces derniers. Il l’inculquera d'ailleurs peu à peu à ses enfants. Si sa mentalité est toute contraire, si elle est plus élevée, si étant luimême fonctionnaire et habitant les villes, il regrette sa situation, sa mentalité sera celle d'un père de famille nombreuse.

Tant il est vrai que si l’on à pu dire que ce sont les fils qui réalisent les rêves des pères, il en est ainsi parce que les pères ont préparé depuis longtemps le terrain où germent certaines idées.

Cette loi a été déterminée par M. Charles Dumont et M. Jacques Bertillon.

Faisant la monographie de deux cantons, ils ont observé ce qui sui :

Dans l’un, il n'y a que des ouvriers de manufactures et un chàtelain propriétaire de l’usine, Là, la différence entre les ouvriers et le châtelain est tellement grande, un mur si élevé se dresse à une si grande hauteur entre la condition de l'ouvrier de l'usine et celle du châtelain de la localité, que rien ne peut faire espérer qu'un jour les enfants de l’ouvrier pourront atteindre la situation du patron.

L'ouvrier restera donc purement ouvrier, susceptible de recevoir les excitations du dehors, d'écouter les fauteurs de grèves et d'émeutes. Son désir de mieux êlre ne se traduira pas par l'épargne, et l'épargne de postérité. Elle se traduira d'une facon toute différente : par les conflits qui naîtront entre lui et le représentant du capital. Il se laissera d'ailleurs aller à l'existence qui lui est faite, il vivra au jour le jour, sans idéal, sans espoir de sortir de son état. Ce : « las d'aller » de l’usine et de l'atelier s'adonnera à la boisson, et aura de nombreux enfants, qu'il soignera peu, comptant d'ailleurs pour eux sur les œuvres de bienfaisance et d'assistance.

Dans un autre canton au contraire la situation est changée.

Cet autre canton est cependant situé dans la même région, les influences climatériques sont identiques à celles de celui étudié en premier lieu. La race est la même. La natalité devrait être idenüque. Il n'en est rien. C’est qu'en effet il n'existe pas comme dans le premier canton, deux sortes de conditions sociales absolument tranchées ; des ouvriers d'usine et un propriétaire d'usine.

Dans le second canton, il s'est créé peu à peu une bourgeoisie moyenne, des rentiers, des cultivateurs retirés après une modeste

fortune, des Commerçants au lieu d'économats d'usines. Il existe des ouvriers d'usine également, mais ces ouvriers ont devant les yeux la création par un lent labeur d'épargne d'une petite bourgeoisie qui s'est élevée peu à peu, qui fait de ses fils, des fonctionnaires ou des habitants de la ville. Ce spectacle excite à faire tout autant, à épargner les vies et les écus. Ce canton malgré sa population ouvrière a une natalité très faible et toujours décroissante.

«... [ls ne tuent point, ne volent point, ne commettent point d'adultère à moins d'être sûrs que ce sera sans conséquence, ils ne dépensent point leur argent à la légère, ils ne bravent point les autorités, ils n'insultent personne, ils ne font ni émeutes, ni tapage noclurne, mais aussi ils se marient tard, où gardent le célibat, et n'ont que peu d'enfants légitimes... » (Jacques Bertillon).

La mentalité des Français à l'égard des enfants perce dans les conversations les plus banales, Dès que la conversation vient sur ce sujet, les familles nombreuses, vous entendez dire : « ah oui,les familles nombreuses, il faut bien faire quelque chose pour elles !..,» cela est dit avec un sourire ; et si l’on lisait dans l’âme de l'interlocuteur on y démélerait tout ceci : oui, il faut bien parler des familles nombreuses, cela est de mode, il faut faire comme tout le monde, il faut s’y intéresser, mais cela n'aura qu'un temps, c'est un engouement passager. Et puis, que nous importe ? quel intérêt cela a-til ? qu'y peut-on faire ? on a bien le droit de faire ce que l'on veut et de n'avoir que le nombre d'enfants qu'il plait! «un sourire effleure les lèvres, sourire de condescendance pour une cause si banale, d'ironie, de mépris peut-être pour ceux qui s'oceupent de ces billevesées, ou qui n'ont pas su contenir le nombre de leurs enfants à un chiffre restreint... »

Le même parlera aussi de ce qu'il faut faire pour les familles nombreuses. Il pourra être convaineu à ce moment, mais lui-même et tous ceux qui s'occuperont de celle question changeront-ils Jamais leur manière d'être dans l'existence à l'égard des familles nombreuses ? Les verrez-vous jamais prendre une décision, faire un choix, juger un homme sur le nombre des enfants ? Leur attitude dans la vie sera-t-elle modifiée, si peu que ce soit, parce que ceux à qui ils s'adressent, avec qui ils contractent, supportent un poids et des charges énormes, et que l'égalité entre les deux cocontractants n'existe pas ? Penseront-ils avec plus de douceur, seront-1ls moins durs, moins entiers, moins âpres à l'égard de ceux qui font pour notre patrie plus que leur devoir : qui paient plus

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d'impôts, dont les fils défendront la vie et les biens des fils uniques ?

Il suffit d'observer ce qui se passe autour de nous pour voir que malgré les promesses, les phrases creuses, rien, rien ne change dans la manière d'agir, quand on s’adressera aux pères chargés de famille.

Il en est de même dans toutes les réunions, les commissions, les comités où le problème de la dépopulation française est posé. Les plus belles promesses sont faites et rien n'aboutit, rien n'est fait, le mal subsiste. Peut-être les membres de ces commissions pensentils comme cet homme dont il était question il y a un instant... « les familles nombreuses, c'est une mode pour l'instant d'en parler, cela passera évidemment !... »

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Et quand ces pères de famille nombreuse, las d'être éternellement brimés et méprisés, brimés par toutes les lois de leur pays, victimes du fisc, méprisés et raillés par tous, eux qui sont tout, et dont la voix doit être prépondérante, quand ils veulent paisiblement, pacifiquement faire entendre cette voix, leur cortège est interdit, alors qu'un corlège en faveur d’un anarchiste étranger a été permis, organisé, autorisé ; leur cortège est dispersé par la cavalerie, par les brigades de police, leurs drapeaux et leurs emblèmes sont saisis, lacérés ; les agents mobilisés osent charger ces pères réclamant non des avantages, mais l'égalité; demandant bien peu en échange des immenses sacrifices qu’ils se sont généreusement imposés.

Cette indifférence, on dirait presque cette hostilité envers les familles nombreuses se révèle dans les moindres faits de la vie. Sans se douter un instant de l'injustice énorme de leur décision, on voit des Français prendre des décisions comme celle qui va être indiquée.

Un père fait son service militaire.

Il a deux enfants. Il laisse sa femme dans la misère, ses enfants sans pain. Affolé par cette angoisse de tous les jours, il déserte, voulant aller au loin gagner la nourriture des siens. Puis pris de remords, 1l fait sa soumission, il se constitue prisonnier.

La commune dont il était originaire, servait à sa femme une faible allocation, un franc vingt cinq centimes par jour, pour trois personnes. Dès que le père est arrêté, l'allocation est supprimée. I en est jugé indigne. Les deux enfants, leur mère, sont condam-

nés à mourir de faim. Ainsi il ne vient à l'esprit de personne, parmi ceux qui prennent cette décision, qu'ils doivent penser aux enfants, à la femme ; ils ne pensent qu'à l'homme.

On cite de nombreux faits identiques, montrant bien toujours le peu de réflexion dans des questions semblables et comhien il est peu pensé aux enfants.

Quelques fois, mais bien rarement, la bassesse des calculs et de la limitation de la postérité est stigmatisée, On peut citer ainsi un jugement du tribunal civil de la Seine rendu en 1908. Serait-ce la réaction de la raison, de la morale, contre les idées actuellement en cours, même auprès de tant de magistrats?

Le tribunal a considéré que le fait par le mari de n'avoir pas vo lontairement d'enfants était une injure grave envers sa femme. Il a prononcé le divorce en faveur de celle-ci. Le tribunal n’a considéré que l'indignité du mari envers sa femme. Il n'avait pas à considérer son indignité envers son pays :

Cette question n’était pas posée; mais on peut espérer que le Juge a eu aussi présente à l'esprit celte faute du mari.

Et cependant convenir que l'on n'aura pas d'enfants, ou le vouloir, lors d'un mariage est un fait fréquent. Ceux qui assistent aux tractations de toute nature, aux nombreux pourparlers qui précèdent un mariage dans la bourgeoisie française, savent qu'il est quelquelois convenu que les jeunes époux n'auront pas d'enfant avant un certain temps, par exemple : deux ans, trois ans, et même cinq ans. C’est une chose que l’on ose convenir. On colore cette convention du désir de conserver la santé de la jeune femme, comme s'il n'était pas avéré que sa santé se ressentira bien plus du retard de maternité que d'une maternité précoce.

Il est un principe et un axiome que l'on peut poser sans crainte : dans les familles nombreuses se rencontre la plus grande élévation morale.

C'est un fait qu'il est facile de contrôler nous-mêmes, rien qu'en regardant autour de nous.

Et comme la prospérité économique d'un peuple est la somme des prospérilés privées, des valeurs particulières de chaque indidu, l’on peut dire qu'à population égale, une nation sera plus heu-

reuse, plus riche, plus prospère, plus élevée dans la hiérarchie économique si elle est composée de plus de familles nombreuses qu'une autre nation donnée.

Si l'existence d'un foyer et de nombreux enfants assis à ce foyer familial est une condition de moralité plus grande, dans certaines classes sociales les enfants sont une cause évidente de diminution de la criminalité.

L'enfant au foyer protègera ses parents contre leë tentations, les défaillances.

Les statistiques de l'administration de la justice criminelle nous démontrent que les pères criminels sont moins nombreux que les célibataires ou les époux veufs ou sans enfants.

Le calcul a été fait et il faut reproduire le tableau qui a été dressé, bien qu'il résulte de simple inductions, les statistiques étant la plupart du temps muettes sur l’état conjugal des accusés.

Pour une période de temps donnée, il y a, dit le D' Jacques BERTILLON :

(France 1890-93) A ep en Verte re pine attendre : comple 100 est à Hommes célibataires . 1.590 2 050 129 Mariés avec enfants. . 1.496 970 65 Mariés sans enfants. . 295 302 103 Veufs avec enfants . . 116 154 133 Veufs sans enfants . . 23 42 183

En résumé la criminalité des célibataires dépasse d'un tiers celle des gens mariés. La criminalité des veufs est considérable.

L'élévation morale, la supériorité des sentiments, la force créatrice, le courage, l'esprit d'effort et d'entreprise sont plus développés dans les familles nombreuses. Il ne faut pas faire une généralisation complète, et dire qu'en dehors des familles nombreuses, celle élévation morale, ce courage, cet amour du labeur n’existent pas. On veut seulement indiquer que pour des motifs multiples, on rencontre chez les parents de plusieurs enfants, de beaucoup d'enfants, des sentiments, une conduite, une façon de penser et d'agir qui peuvent ne pas exister chez d’autres.

Pareillement chez les enfants d'une famille nombreuse l'âme est toute différente.

Le chef de famille est obligé de régir le petit monde qui dépend

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de lui, embryon de la société humaine et d'y faire régner la justice et l'égalité, ses sentiments d'affection devant être égaux pour tous. I suivra tous ses fils et ses filles dans leur vie, les aidera de ses conseils el instruit ainsi par cette expérience de la conduite des siens dans son foyer, il pourra plus que d’autres, être un citoyen éminent dans la cité, citoyen à qui on pourra confier les intérêts de tous. Le père gérera son patrimoine d'une facon plus prudente, plus productive pour les siens, et cela à l'avantage de tous ses conciloyens, el nôn pas seulement à l'avantage des siens.

Quelle responsabilité angoissante assiège loujours le père, quand il sait que ses actions engagent l'avenir, la réputation, l'honneur, non seulement de lui-même, mais des siens, le patrimoine de plusieurs enfants, de ses descendants. Quelle raison majeure, beaucoup plus encore que les prescriptions de la morale, fera ainsi d'un père, un homme probe, laborieux, sobre, exact, prudent, un homme qui peut être offert en exemple, et à qui doivent aller les suffrages de ses concitoyens ?

C'est la mentalité française de l'avenir espérons-le, qui fera que dans le choix à faire parmi plusieurs, ce sera le père qui l’emportera, ce père qui aura fait preuve de courage, du plus beau courage, le courage civil, de travail, d'honnêteté ?

C'est aussi presque une banalité de rappeler que les familles nombreuses réussissent mieux dans l'existence : soit que les fils n'ayant à compter que sur eux-mêmes, sentant que la portion du patrimoine que leur laissera leur père n’est qu'un levier et n'est pas suffisante pour vivre oisif, travaillent avec plus de soin ; soit encore que les fils nombreux s’entr'aident mutuellement dans la lutte pour l'existence.

Diderot, à la fin du xvine siècle dans son livre Jacques le fataliste, voyant déjà combien l'enfant unique était mal élevé, et inférieur aux autres enfants.

«.… Cet enfant-là, disait-il, donnera (à son père) bien du chagrin. c'est un enfant unique, bonne raison pour n'être qu'un vaurien. Il sait qu’il sera riche, autre bonne raison pour n'être qu'un vaurien et comme il est valétudinaire, on ne lui apprend rien, on ne le gêne, et on ne le contredit sur rien ; troisième bonne raison pour n'être qu’un vaurien.…. »

Les plus nobles sentiments d'altruisme et de dévouement ne peuvent même nailre que dans le cœur des pères et des mères qui ont

ni

autour d'eux le commencement, cette partie de l'humanité qui est leurs enfants.

Ils ont appris à partager el à sentir les douleurs humaines, et c'est à eux que devait penser le poète latin, il y a longtemps déjà, quand il disait qu'étant homme il comprenait la douleur humaine et que rien de ce qui est humain ne lui était étranger.

Soit penché avec angoisse sur le lit de son enfant malade, soit mêlé aux jeux et aux rires de ses enfants, le père a ressenti ce que d’autres n'ont jamais ressenti et ne ressentiront jamais, quels que soit les enseignements qu'il ait reçus. C’est par cette sorte d’exercice que le cœur de l'homme, comme d’autres facultés donnera ses fleurs les plus belles, ses fruits les plus nobles.

Quelle émotion peut ressentir pour un enfant étranger le passant banal, si souffrant, si hâve, si déguenillé qu'il soit, sans soins moraux ou maternels, quand on ignore ce que c'est qu'un enfant? Quelle pitié ressentira-t-on pour ce malheureux quand on ne fera pas involontairement la comparaison entre ses propres enfants soignés el heureux et cet autre enfant de l'homme, né comme l'enfant heureux, et ayant comme celui-ci apporté en naissant les mêmes droits aux dons de Dieu, et pourtant si déshérité ?

Pourquoi le cœur de l'homme sans enfant, du célibataire, se serrerait-il en voyant cette misère, et pourquoi la secourrait-il ?

Peut-être le célibataire accordera-t-il ce secours, parce que cela doit se faire, parce que cela est une sorte d'assurance contre l'explosion de mauvais instincts, instincts dangereux pour lui, mais il n'y mettra pas une parcelle de son cœur.

Une noble femme, jouissant d’une fortune très considérable, mère de plusieurs fils, avait perdu l’un d'eux, chéri entre tous. Depuis ce Jour seulement, comprenant davantage la douleur des autres, elle consacra une partie de son patrimoine à secourir des misères, à fonder des œuvres charitables, à aider les pères et les mères chargés d'enfants. Son cœur avait parlé, et ce sont ses enfants, l'enfant perdu et à jamais regretté qui avaient éveillé dans ce cœur cette fibre qui reste muette chez tant d’autres.

Il faut savoir certaines choses : les toucher presque du doigt pour les comprendré, c'est devenir indulgent et bon.

Un autre père avait une fille chérie qui lui fut enlevée adoles-

cente par un mal implacable et malheureusement irop commun en

France. La douleur de ce père fut immense. Elle ne s'est jamais alténuée.

Mais dès ce moment une transformation s’opéra en lui. Auparavant il ne savait pas, il n'avait pas compris, il n'avait pas ressenti le malheur des autres.

Dès qu'il fut atteint lui-même, il voulut que d’autreslle fussent le moins possible. Par sa parole, par son influence, par ses écrits, par ses sacrifices d'argent, il fonda des maisons de santé destinées à combattre le mal dont sa fille avait péri, et à sauver des existences.

L'âme de l'homme qui n'a élevé qu'un ou deux enfants est incomplète.

Qui dira la vie de résignation, d'abnégation, du mari et de la femme, quand le mari est un fonctionnaire, un officier chargé de famille, abnégation qui n'est soutenue que par cel idéal lointain, de voir plus tard autour de soi, des fils et des filles nombreux.

Qui dira les sarcasmes, les plaisanteries qui atteindront cette mère et ce père, cette mère qui remplace les plaisirs, les bijoux par des enfants ?

Ainsi les Français ont créé une industrie que l'on peut appeler l'industrie de l'enfant unique. Elle remplacera toutes les autres, le commerce, les professions libérales, la culture des terres, les entreprises industrielles ou financières. Elle permet au père de vivre oisif, alors qu'il est encore jeune et d'espérer que sa descendance pourra vivre oisive et opulente. Nous avons tous rencontré autour de nous, à côté de nous, plusieurs familles où cette seule industrie a seule été pratiquée.

A l'origine de la famille, la fortune des parents est médiocre ; ces parents ont résolu de n'avoir qu'un enfant ; cet enfant s'est marié avec un enfant qui était également unique. Il en est de même pendant plusieurs générations. À chaque mariage la fortune paternelle s'est ainsi doublée, pour enfin se trouver très considérable entre les dernières mains, sans qu'aucune activité spéciale ait créé cette opulence, qui n'est que le résultat d'une abstention coupable, et la méconnaissance des lois humaines.

Le français a donc remplacé le fils ainé et les avantages que ce fils ainé pouvait avoir, par le fils unique et les avantages du fils

unique.

Cela est devenu si commun qu'un étranger a pu écrire le récit d’un voyage en France, sous ce titre : Voyage au pays des fils uniques.

Vous retrouverez cette absence de goût, du risque, de l'effort, de la responsabilité, de l'action qui est en elle-même une jouissance, des entreprises industrielles, qui seules font les grands peuples, ce désir de se contenter d'un revenu modeste, mais assuré, d’une rente, de l'émolument d'une fonction de l'Etat, dans la phraséologie française. Vous entendrez parler de placement de père de famille, c'est-à-dire à revenu minime et à espoir borné ; comme si le père de famille ne devait pas inculquer à ses fils le goût de l'effort. On vous parlera de rapport, c'est-à-dire de maisons dont ontirera tout ce qu'on pourra sans souci de ceux que ces maisons abritent, sans souci des familles nombreuses.

Cette volonté persistante du moindre effort, du revenu assuré mais minime,a créé le Français banquier du monde, au lieu de confier ses ressources à l’industrie locale, comme cela a lieu en Allemagne. Le Français préfère des placements faits à l'Etat, à tous les Etats même aux Etats étrangers, même à ceux dont la solvabilité est douteuse. Ainsi il dorne à l'étranger des ressources et des moyens de créer des industries concurrentes.

Les compagnies d’assurances sur la vie, disposent en France d'énormes capitaux. Elles doivent en faire l'emploi en valeurs déterminées, en rentes sur l'Etat, en immeubles. Certaines d’entre elles ont obtenu de faire des emplois en valeurs d’un revenu plus élevé. Celles qui ont eu cette autorisation en ont usé de suite, elles l'ont signalé à leurs assurés. Elles se sont fait un mérite de ne plus faire les emplois anciens. Et quel a été cet emploi nouveau ?

L'une de ces sociétés a immédiatement fait un emploi de douze millions en consolidés allemands.

Ce goût de l'épargne d'argent, accompagnant l'épargne d'enfants, est révélé par la statistique des caisses d'épargne de France, mais ce que celte statistique ne révèle pas, c’est la vie de prudente gestion des ménages français ; de réflexion pour l'emploi de leurs ressources, de perpétuelle idée de ne rien perdre, d'économiser, de former un capital, de se priver pour la formation de ce capital.

Dans son rapport au Président de la République sur les opérations des caisses d'épargne, en 1909, le ministre du Travail nous

révèle qu'il existe en France 550 caisses d'épargne avec 1.660 succursales, soit donc ensemble 2.210 caisses où seront versées les sommes minimes épargnées par chacun.

Le solde dû aux déposants est de 3.833 millions (très exactement 3.833.409.362 francs) répartis en 8 millions 116,270 livrets.

Le solde dû aux déposants à la Caisse Nationale d'Epargne, dont les services sont opérés par la Poste s'élève à un milliard et demi.

Les Français qui épargnent, sou par sou, ont donc confié aux caisses d'épargne et à la Poste au tolal près de cinq milliards et demi.

L'accroissement des livrets depuis 1835, constate que si en cette dernière année il a existé 4 livrets pour 1000 habitants, en 1845 il en existait 20.

En 1855 (après la période critique de 1848) il en existait 25.

En 1865, 44 ; en 1875 (malgré 1870) il en existait 65.

En 1885, 131 ; en 1895, 170 ; en 1905, 193 et en 1909, dernière année où la statistique a été faite, 206.

La moyenne générale par habitant du solde au 31 décembre 1835 était de 1.91, en 1845, de 11.51, en 1855, de 7.67, en 1865, de 44, en 1875, de 65, en 1885, de 58.70, en 1895, de 88.55, en 1905, de 86.66, et en 1909, de 97.66.

La moyenne par livret a suivi également une marche ascendante.

En 1835, elle est 514.70, en 4845, de 575.11, en 1855, de 304.54, en 1865, de 299.91, en 1875, de 279 48, en 1885, de 447.86, en 1895, de 522.50, en 1905, de 446.80, et en 1909, de 472.31 centimes.

Il existe en France un livret des caisses d'épargne ordinaires par cinq habitants. ;

La répartition des livrets est à peu près égale entre les hommes et les femmes ; ces dernières ont d’ailleurs le droit de verser et de retirer leurs fonds sans l'autorisation maritale. Il existe 4.115.484 livrets constitués par les hommes et 3.963.797 livrets appartenant à des femmes. Le surplus de livrets appartient à des sociétés de secours mutuels ou d’autres associations, qui elles aussi colligent l'Epargne. C'est depuis 1894 que les livrets appartenant à des femmes ont pris une grande extension ; cette augmentation s'accroît d'année en année.

L'idée de l'épargne, si belle en soi, quand elle ne dévie pas, a

atteint toutes les classes et même les plus petites. Il résulte du rapport du ministre qu'il existait 2.534.913 livrets de moins de

20 francs ; 1.533.919 de 214 à 100 francs ; 612.737 de 100 à 200 francs ;

859.588 de 201 à 500 francs ; 841.505 de 501 à 1000 francs ; 784.735 de 1001 à 1500 francs et 1.141.950 de plus de 1.500 francs, c’est-à-dire qui doivent être réduits à 1.500 franes ou qui appartiennent à des associations pour lesquelles ce maximum va jusqu'à 8.000 francs

Voici donc 8 millions de déposants qui commencent à former un capital, qui rêvent de ce capital, qui y penseront toujours et ramèneront sans cesse leurs actions à cette formation. Ils se priveront de bien des choses, ils réfréneront leurs désirs, leurs joies, surtout au début de leur vie quand ils commenceront à parcourir le long chemin de la création d'un patrimoine. Ils se priveront de la joie réconfortante de nombreux enfants, cause de dépenses, enfants qui leur empêcheraient d'arriver au but qu'ils se sont assignés. Ils oublieront que l'existence de ces enfants, la joie fortifiante de les avoir est au contraire le meilleur excitant à la constitution de ce patrimoine.

Il est curieux de comparer la population et la natalité des départements français avec le nombre des livrets de caisse d'épargne dans ces mêmes départements : on sera frappé de ce fait que là où il naît le moins d'enfants, là, il y à le plus de livrets de caisse d'épargne.

Ainsi se trouve confirmée cette assertion de M.le professeur Gide, à savoir que notre épargne, dont nous sommes si fiers, dont nous nous targuons à tout instant, ne provient en somme d’aucune vertu spéciale, mais uniquement du fait de n'avoir pas à élever des enfants. Ce que nous épargons nous reste parce que nous ne l'avons pas consacré à élever des enfants et le chiffre de nos épargnes annuelles est égal à ce que coûte à une nation voisine le soin d'élever les enfants qu'elle ne craint pas d’avoir, enfants qui à leur tour, seront une cause de création de richesses.

Avant de comparer les régions de la France au point de vue de la natalité et des dépôts aux caisses d'épargne, il faut faire une remarque sur le phénomène de l'augmentation des livrets féminins

Si jusqu'alors le père de famille qui avait la responsabilité et la direclion de sa fortune et de sa famille, poussait à un degré excessif les idées de prévoyance et d'économie, on voit que la contagion a gagné les femmes. Et la réunion des mentalités identiques des deux CPOUX n'a pu que faire décroître la natalité française.

Les déposants du sexe masculin (4.118.484) par rapport à la population masculine, nous fournit un quotient d’un déposant sur 4/68 habitants, soit donc 213 déposants sur 1000 habitants.

Les déposants du sexe féminin (3.963.797) par rapport au nombre des femmes (mariées, célibataires, veuves ou divorcées) donne une A par 5/03 habitants, ou 198 déposantes par 1000 habi-

ants

On compte sur 1000 habitants : 209 hommes et 194 femmes en 1908 ; 206 hommes et 190 femmes en 1907 ; 207 hommes et, 190 femmes en 1906 ; 202 hommes et 187 femmes en 1905 ; 199 hommes et 182 femmes en 1903 ; 196 hommes et 181 femmes en 1902 : 198 hommes et 180 femmes en 1901; et 194 hommes et 177 femmes en

Dans les livrets nouveaux pour 1909, il y à un déposant nouveau sur 72,58 habitants ; dans la clientèle féminine il existe une déposante nouvelle sur 71.25 habitants ; en résumé sur 1000 habitants 13 hommes ont créé des livrets nouveaux contre 14 femmes.

Le mouvement de la population pour une année déterminée (1908) a présenté les résultats que nous allons examiner c1-après :

Ceux de 1909 sont à peu près identiques, et il importe peu de prendre ceux de 1908, pour établir une comparaison avec le mouvement des Caisses d'Epargne en 1909.

Au surplus les résultats connus du mouvement de la population pour le premier trimestre 1909, font déjà apparaître un excédent de décès de 28.203.

La récapitulation par départements nous montre que sur 87 départements, 42 ont un excédent de décès et 45 un excédent de naissances.

Les départements qui ont subi une diminution par excédent de décès sont les suivants :

La Haute-Garonne avec un excédent de décès de 1850 etune proportion de 142 nouveaux mariés par 40.000 habitants, de 163 naissances et de 205 décès pour le même nombre d'habitants.

La Gironde avec un excédent de décès de 1.810 et par 10.000 habitants 160 nouveaux mariés, 160 naissances et 182 décès.

La Seine-et-Oise, avec un excédent de décès de 1.688 et par 10.000 habitants 165 nouveaux mariés, 192 naissances et 214 décès.

Le Lot-et-Garonne avec un excédent de décès de 1.864 et par 10.000 habitants 140 nouveaux mariés, 148 naissances et 205 décès.

L'Yonne avec 1.554 décès de plus que les naissances et par 10.000 habitants, 142 mariages, 148 naissances et 197 décès.

Le Rhône a compté un excédent de décès de 1.503 et par 10.000 habitants, 160 mariages, 176 naissances et 194 décès.

Le Gers avec un excédent de décès de 1.374, et 135 mariages, 138 naissances et 198 décès par 10.000 habitants.

L'Orne avec 1.350 décès, dépassant les naissances et par 19.000 habitants, 150 mariages, 156 naissances et 208 décès.

Le Lot a compté un excédent de décès de 1.198 sur les naissances, avec sur 10.000 habitants, 139 nouveaux mariages, 156 naissances et 208 décès.

Le Puy-de-Dôme a eu 1.032 décès au-dessus des naissances, et pour 10.000 habitants 137 mariages, 163 naissances et 182 décès.

Le Tarn-et-Garonne a subi une diminution de 986 décès et a eu pour le nombre d'habitants précité, 152 mariages, 157 naissances et 209 décès. |

La Côle-d'Or a compté un excédent de décès de 950 et pour 10.000 habitants, 139 mariages, 161 naissances et 188 décès.

Pour le Maine-et-Loire, les chiffres ont été respectivement, pour l'excédent de décès : 936 et pour 10.000 habitants, 148 mariages, pour les naissances 168, et pour les décès 186.

Pour l'Hérault 932 décès en sus des naissances et pour 10.000 habitants, 138 mariages, 172 naissances et 191 décès.

Dans le Gard, l'excédent de décès a été de 856, et pour le même chiffre d'habitants il s'est trouvé 145 mariages, 181 décès et 201 naissances.

Dans l'Eure, l'excédent des décès a été de 824, avec pour le nombre précité d'habitants, 149 mariages, 193 naissances et 217 décès.

Le Calvados a subi un excédent de décès de 806 unités et pour 10.000 âmes il a eu, 154 mariages, 202 naissances et 222 décès.

La Vaucluse a eu 773 décès dépassant les naissances avec 10.000 habitants, 158 mariages, 179 naissances et 211 décès.

L’Aube nous révèle un excédent de décès de 793 unités, avec 159 mariages, 177 naissances et 207 décès.

Puis viennent les département suivants, avec les diminutions de population et le nombre de mariages nouveaux, de naissances et de décès,

L'Isère 671 décès en excédent, 147 mariages, 175 naissances et 187 décès.

La Meuse 612 décès en excédent, 143 mariages, 179 naissances, 211 décès.

L'Indre-et-Loire, avec un excédent de 584 décès et avec 154 mariages, 173 naissances, 190 décès.

La Somme avec un excédent de 578 décès, de 155 mariages, 193 naissances, 204 décès.

L'Oise avec 519 décès en excédent et 101 mariages, 200 naissances et 213 décès.

Le Tarn avec 502 décès en sus des naissances et 147 mariages, 174 naissances et 189 décès.

Et la Haute-Marne avec 501 décès en excédent et 144 mariages, 180 naissances et 203 déces.

Les départements de l'Ain, des Basses-Alpes, de l'Ariège, de l'Aude, des Bouches-du-Rhône, de la Charente, de la Charente-Inférieure, de la Drôme, de l'Eure-et-Loir, du Jura, de la Nièvre, des Hautes-Pyrénées, de la Haute-Saône, de la Sarthe et de la Seine-et-Marne ont des décès dépassant les naissances qui vont de 485 pour l'Aude, à 33 pour l'Ain et la Haute-Saône.

Alors qu'ils ont des mariages par 10.000 habitants allant pour l'Ain de 147 pour les naissances, 183 pour les mariages et 184 pour les décès jusqu’à 152 mariages, 174 naissances et 190 décès pour l'Aude.

Par contre, une autre meitié de la France (45 départements) a vu accroître sa population dans de faibles proportions il est vrai.

Les chiffres ci-après donnent l'excédent de population, sans toutefois en rechercher les causes qui peuvent être une immigration intense dans certains départements, et spécialement dans les départements qui touchent à nos frontières.

L'accroissement s'est manifesté dans les départements suivants :

Le Nord, le pays aux enfants nombreux : l'accroissement s'est élevé à 12.174. Pour 10.000 habitants, il y a eu 181 mariages, 238 naissances en face de 174 décès. |

Le Pas-de-Calais, avec une augmentation de 11.143 habitants.

Pour 10.000 habitants il y a eu 179 mariages, 292 naissances et 182 décès.

Le Finistère avec un accroissement de 6.862 habitants et pour 10.000 âmes, 159 mariages, 285 naissances, 199 décès.

Le Morbihan a eu une augmentation de population de 4.812 âmes. Pour 10.000 habitants les mariages se sont élevés à 143, les naissances à 265, les décès à 181.

Les Côtes-du-Nord avec un accroissement de 3.203 et 147 mariages, 254 naissances et 202 décès par 10.000 habitants.

La Seine-Inférieure est en augmentation de 3.137. Elle a eu 176 mariages, 256 naissances, 220 décès par 10 000 habitants.

La Vendée s'est accrue de 2.446 unités. Les mariages se sont élevés à 158 pour 10.000, les naissances à 22%, les décès à 167.

La Haute-Vienne s'est accrue de 2.063. Les mariages ont été de 16%, les naissances de 220 et les décès de 166 par 10.000 âmes.

La Seine qui reçoit dans Paris une immigration considérable de provinciaux et d'étrangers a augmenté sa population de 2.048 âmes. Les mariages très nombreux pour 10.000 habitants ont été de 217, les naissances 197, et les décès 191.

La faible différence entre les naissances et les mariages montre avec évidence que l'augmentation de population dans le département de la Seine est due à l’afflux dans Paris des étrangers.

Si cette immigration daus la ville n'existait pas, la population de la Seine serait en décroissance.

Nous voyons ensuite toute une série de départements où l’augmentalion de la population oscille entre 1.000 et 2.000 âmes.

Les chiffres ci-après seront :

Le premier, celui de l'augmentation, le second celui des mariages par 10.000 habitants, le troisième celui des naissances, pour un même nombre d'habitants, le quatrième celui des décès toujours pour 16.000 habitants.

Les Basses-Pyrénées donneront respectivement les chiffres suivants:14:793%:1431451995 :2183.

La Saône-et-Loire, 1.782 : 158 ; 195; 166.

La Corse, 1.686 : 118 ; 218 ; 160.

La Meurthe-et-Moselle, 1.556 : 165 ; 246 ; 216.

L'Ile-et-Villaine, 1.534 : 164 ; 214 ; 189.

Les Landes, 1.510: 151 ; 202 ; 154.

Les Vosges, 1.477 : 160 ; 234 ; 200.

La Corrèze, 1.277 : 4157 ; 203 ; 163.

La Loire-Inférieure, 4.179 : 161 : 189 ; 172. L’Aveyron, 1.100 : 155 ; 215 : 186.

Et la Haute-Loire, 1.030 : 143 :; 210 : 477.

Les autres départements tels que : l'Aisne, l'Allier, les Hautes- Alpes, les Alpes-Maritimes, l'Ardèche, les Ardennes, le territoire de Belfort, le Cantal, le Cher, la Creuse, la Dordogne, le Doubs, l’Indre, le Loir-et-Cher, la Loire, le Loiret, la Manche, la Marne, la Mayenne, les Pyrénées-Orientales, la Savoie, la Haute-Savoie, les Deux-Sèvres et la Vienne ont eu des augmentations inférieures à 1000 unités allant de 779 pour la Haute-Savoie, à 260 pour la Mayenne.

Pour résumer cette statistique, on peut dire que l'excédent des naissances s'est élevé pendant l'année présentement étudiée à 76.734 unités, celui des décès à 30.293 ; la moyenne par 10.000 habitants a été 161 pour les mariages, 202 pour les naissances et 190 pour les décès. É

En face de cette statistique des naissances, de l'augmentation et de la diminution de la population, il faut placer la statistique des caisses d'épargne, des dépôts dans les caisses d'épargne, de façon à voir sil existe une corrélation entre les augmentations et les diminutions des naissances d'une part, et les diminutions et les augmentations des opérations d'épargne d'autre part.

Ainsi seront établis les matériaux qui confirmeront l'hypothèse, hypothèse qui pourra se changer en une affirmation et en la formule d'une loi démographique.

On peut diviser en six groupes les départements français au point de vue de leurs caisses d'épargne, avec leurs succursales, et des perceptions autorisées à remplir les fonctions de caisses d'épargne.

Dans le premier groupe, nous trouvons la Sarthe, avec 109 établissements d'épargne, représentant sur l'ensemble des caisses françaises : 4.82 °/,.

Puis vient la Marne avec 79 établissements donnant une proportion de 3.49 °/, sur l’ensemble.

Le Nord a 88 établissements, soit 27 caisses et 61 succursales. Il donne une proportion de 3.89 ‘/, dans l’ensemble.

= tot

Le Nord semble démentir la loi qui veut que, en général là où il vale plus de caisses d'épargne, la population soit en diminution Mais outre que l'énorme population du Nord nécessite un nombre considérable d'établissements d'épargne, il est évident que la loi signalée peut comporter des exceptions.

On remarquera encore que pour la démonstration tirée de la comparaison du nombre des établissements d'épargne, et de la diminution de la population ait une valeur décisive, il faudrait que chaque département ail une valeur identique.

L'Yonne a 80 établissements de caisses d'épargne, soit 6 caisses et 74 succursales. IT représente 3.54 °/, dans l’ensemble.

Le Loiret compte 77 établissements, dont 5 caisses et 72 succursales, [l représente 3.40 /, dans l'ensemble.

Le département de la Seine-et-Marne a 73 élablissements dont 6 caisses et 67 succursales. Il figure pour 3.923 °/, de la totalité.

L'Aisne a 72 établissements, et une perception autorisée à faire les opérations de caisses d'épargne. Les 72 établissements se décomposent en 8 caisses et 64 succursales. 11 figure dans l’ensemble pour 3.18 °/:.

Le département de la Seine-et-Oise comprend 67 établissements, dont 54 succursales et 13 caisses principales. Il forme 2.96 °/, de la totalité.

L'Aube a 66 établissements, dont 5 caisses et 61 succursales, il forme 2.92 °/, sur l'ensemble,

Le Rhône compte 64 établissements, dont 6 caisses et 58 succursales, dont 9 bureaux auxiliaires dans la ville de Lyon. Il représente 2.83 sur l’ensemble.

Il faut rappeler ici que la diminution de la natalité a été pendant l’année envisagée précédemment de 1503 unités, avec 131 mariages par 10.000 habitants, 225 naissances et 183 décès. On a aussi présent à l’esprit les paroles de ce professeur de médecine sur le nombre effroyable des avortements, et des maladies provenant des manœuvres abortives soignées dans les hôpitaux de Lyon.

Le second groupe confirme l'hypothèse.

Il comprendra :

La Seine-Inférieure, avec 57 établissements, 12 caisses principales, 45 succursales dont deux bureaux auxiliaires dans l'intérieur des villes de Rouen et du Hâvre. La Seine-Inférieure représentera 2.92 °/, de l’ensemble.

La Meurthe-et-Moselle avec 57 établissements, dont 7 caisses et 90 succursales, le tout formant 2.52 /s de l'ensemble.

La Meuse avec 57 établissements, dont 46 caisses et 7 succursales, le tout représentant 2.59%), de la totalité,

Les Ardennes avec 53 établissements, dont 46 caisses et 7 succursales, soit 2.34 0/, de la totalité.

Le Gard avec 50 établissements, dont 45 caisses et 5 succursales, soit 2.21 © /, du tout.

La Gironde avec 49 établissements, dont 10 caisses et 39 succursales, en ÿ comprenant les 6 bureaux auxiliaires dans l'intérieur de la ville de Bordeaux ; le tout forme 2.17 ‘de l'ensemble.

Les Bouches-du-Rhône avec 46 établissements, dont une caisse principale et 45 succursales, dont 13 bureaux auxiliaires dans l'intérieur de la ville de Marseille, Le tout forme 2.02 °/, de la totalité.

Le Loir-et-Cher, avec 46 établissements, dont 3 caisses et 43 succursales, soit 2.03 °/, du tout.

La Seine avec une caisse principale, 44 succursales, dont 20 bureaux auxiliaires dans l’intérieur de la ville de Paris, ensemble 450 établissements. Le tout formant 4.99 ?j, de l'ensemble.

La Somme compte 45 élablissements (58 succursales et 6 caisses principales) soit ensemble 1.95 /, de l'ensemble.

Les Vosges avec 43 établissements, dont 6 caisses et 37 succursales, soit 1.90 °/;.

L'Eure-et-Loir a 42 établissements (38 succursales et 4 caisses). Elle forme 1.86 °,;.

La Haute-Marne avec 41 établissements (36 succursales et 5 caisses) soit 1.81 °/;.

La Côte-d'Or compte 40 établissements, (4 caisses, 36 succursales) soit 1.77 °/, dans l'ensemble.

Et la Mayenne compile 40 établissements (5 caisses, 35 succursales) soit 1.77 °/,.

Le troisième groupe comprendra :

L'Orne avec 34 établissements, dont 6 caisses et 25 succursales. La proportion! /, dans l'ensemble sera pour ce départementde 4.50.

La Loire avec 34 établissements, (6 caisses et 28 succursales) soit 1.50 °/, dans l’ensemble. |

L'Oise compte 33 établissements, et 5 perceptions autorisées, ensemble 38 établissements. Les caisses sont au nombre de 13, les succursales au nombre de 20. La proportion est de 4.46 °/,.

La Charente-[nférieure compte 30 établissements, 6 caisses et

24 succursales, et 2 perceptions, au total 32 établissements, Le taux est de 1.33 °/,.

Le Doubs compte 29 caisses et succursales (2 caisses, 27 succursales). La proportion est de 1.28 °/,.

Le Pas-de-Calais a 27 établissements (16 caisses, 2 succursales) avec une proportion de 1.20 °/,.

L'Eure a 26 établissements, (6 caisses, 20 succursales). Il compte pour 1.15 °/, dans l’ensemble.

L’Isère a 25 établissements (14 caisses, 11 succursales). Il figure pour 1.11 °h.

Tous les départements qui viennent d'être énumérés, au nombre de 33, sont au-dessus de la moyenne générale, qui est de 6 caisses, 19 succursales, au total 26 établissements.

Les 53 départements qui suivront au contraire, sont au-dessous de la moyenne générale. Ils contiennent les départements où se rencontre la plus forte natalité, et un accroissement de population.

Ce sera : ;

L'Indre avec 22 établissements (3 caisses, 19 succursales) représentant 0.97 °/, de l'ensemble.

La Nièvre, avec 22 établissements (3 caisses principales et 19 succursales). Le tout forme 6.97 °/,.

L'Hérault avec 21 établissements (12 caisses, 9 succursales), soit 0.93 ‘/, de l’ensemble.

La Charente avec 20 établissements, (2 caisses, 18 succursales) soit 0.88 °/,.

Et l'Allier avec 20 établissements, 7 caisses, 13 succursales) soit 0.88 °/.

Dans le quatrième groupe figureront :

Les Basses-Pyrénées, avec 19 établissements (15 caisses. 4 succursales) soit 0.84 °/,.

La Vienne avec même nombre d'établissements (5 caisses, 14 succursales, soit 0.84 0}.

L'Indre-et-Loire avec 18 établissements, (5 caisses, 13 succursales) plus 7 perceptions autorisées, soit au total 95 établissements, soit 0.80 °/,.

Les Deux-Sèvres avec 17 établissements (6 caisses, 11 succursales) soit 0.76 °/,.

Le Finistère avec 15 établissements, dont 8 caisses, 7 succursales, soit 0.66 ‘,;. Le Finistère compte en outre 3 perceptions opérant pour les caisses d'épargne, ce qui porte à 20 le nombre des établissements.

La Loire-Inférieure avec 15 élablissements, dont 7 caisses, 8 succursales) soit 0.66 10:

Le Var avec 14 établissements, dont 4 caisses, 10 succursales. La proportion du Var est de 0.62 ‘/odans l’ensemble.

L'Ille-el-Vilaine a 14 établissements dont 8 Caisses principales, et 6 succursales). La proportion est la même sur l'ensemble soit 0.62 9.

L'Ain a 16 établissements : dont une caisse, 12 succursales et 3 perceptions. Le tout représente 0.57 0/6.

Le Jura comprend 13 établissements (4 caisses, 9 succursales). L'ensemble représente 0.57 °/,.

Le Calvados a 13 établissements, 2 caisses, 11 succursales, L’ensemble représente également 0.57 °},.

Même proportion pour le Puy-de-Dôme, avec 13 établissements (8 caisses, 5 succursales).

Le Morbihan compte 13 établissements, 7 caisses, 5 succursales, 1 perception. Il représente 0.53 °/,

Le Vaucluse avec la proportion de 0.49 ?/, compte 2 établissements, 5 caisses, 2 succursales.

La Manche 0.44 °/, avec 10 établissements, 2 caisses, 8 succursales.

Le cinquième groupe comprendra les 33 départements qui restent, et qui paraissent avoir peu d'intérêt au point de vue qui nous occupe.

En comparant ces chiffres avec ceux de l'augmentation de la natalité par département, on est frappé de ce fait que les départements à forte natalité figurent dans les groupes où se rencontrent le moins de Caisses d'Epargne

Le Finistère avec son augmentation ci-dessus rappelée de 6.889, figure dans le 4° groupe.

Les Côtes-du-Nord avec l'augmentation de 3.204 figurent dans le 5° et dernier groupe.

La Corse avec son augmentation de 1686 figure au dernier rang du dernier groupe.

La Corrèze s'est accrue pendant l’année étudiée de 1277 unités. Elle figure presque au même rang que la Corse.

L'Aveyron s'est augmenté 1.100 habitants. Il figure à la fin de la liste des départements par importance de leurs caisses d'épargne.

NT

Le Morbihan (accroissement 4812) est dans Île 4° groupe audessous de la moyenne

Les Basses-Pyrénées (accroissement 1793) sont dans le 4° groupe.

La Saône-et-Loire (accroissement 1782) dans le 3°.

La Vendée (accroissement 2446) dans le 5°.

La Haute-Vienne (augmentation 2063) dans le 5°.

Le Pas-de-Calais avec son augmentation de 11.143 n'est que dans le 3°.

Par contre, là où on rencontre la diminution la plus accentuée, là on trouve aussi le plus de caisses d'épargne.

La Gironde, en moins 1810 ; l'Orne, en moins 1356 ; le Rhône, en moins 1503 ; la Seine-et-Oise, en moins 1688 ; l'Yonne, en moins 1554, figureront respectivement : la Gironde, dans le 2 groupe; l'Orne, dans le 3°; le Rhône, la Seine-et-Oise et l’Yonne, dans le 1°" groupe.

La remarque de cette corrélation est plus facilement visible quand, au lieu d'examiner le nombre des établissements d'épargne, on relève le nombre des opérations d'épargne faite dans un département. Le nombre des établissements d'épargne peut provenir de l'étendue du département, des difficultés de communicalions; le nombre des opérations indique réellement la capacité d'épargne de la population.

Si l'on éludie le nombre de livrets en circulation (au 31 décembre 1909), on remarque que les départements à augmentation de population figurent dans le groupe de ceux qui ont le moins de Livrets.

Ce sera ;

L'Aveyron : 33.500 livrets, 0.41 °/, dans le total,

La Corrèze : 25.900 livrets, 0.32 v/, du total.

La Corse : 5.400 livrets, 0.07 °/, du total.

Les Côtes-du-Nord : 42.900 livrets, 0.53 °/, du total,

Le Finistère : 114.800 livrets, 1.41 ’/, du total.

Les Landes : 25.700 livrets, 0.32 °/, du total.

L'Ile-et-Vilaine : 6.9800 livrets, 0.86 ?/, du total.

La Loire-Inférieure : 100.500 livrets, 1.24 °/ du total.

La Meurthe-et-Moselle : 153.500 livrets, 1.89 0/, du total.

. Fe Nord forme une exceplion avec 343.500 livrets, 4.9 7 du olal.

Le Pas-de-Calais : 148.000 livrets, ou 1.82 0/,. Les Basses-Pyrénées : 83.600 livrets, 1.03 ge La Saône-et-Loire : 86.600 livrets, 1.07 0/,, La Vendée : 31.600 livrets, 0.39 OP La Haute-Vienne : 36.900 livrets, 0.45 0}.

Les Vosges : 93.300 livrets, ou 4.15 Me

Les départements où sévit la diminution de natalité figurent dans le groupe de ceux qui comptent le plus de livrets,

On rencontre dans ce groupe :

La Gironde avec 195.700 livrets, ou 2.4 n/a

Les Bouches-du-Rhône : 214.000 livrets, 2.64 per

Le Rhône : 429.800 livrets, ou 5.30 LU

La Sarthe : 234.700 livrets, 2.89 0}.

La Somme : 171.200 livrets, 2.10 DE

L'Yonne : 156.800 livrets, 1.93 °/,.

La Seine-et-Oise : 155.800 livrets, 1.91 4,

L'Isère : 144.900 livrets, 1.77 0/,.

La Seine-et-Marne : 144.000 livrets, 1.77 0/6

L'Oise : 137.400 livrets, 1.69 0}.

La Côte-d'Or : 118.900 livrets, 1.46 °/,.

Aipsi, la plupart des départements à augmentation sont dans le groupe au-dessous de la moyenne etles départements à diminulion sont dans le groupe au-dessus de cette moyenne.

Après l'étude du nombre de livrets de caisse d'épargne en cireulation, on peut encore étudier le rapport du nombre des livrets avec la population et le solde dû aux déposants.

La loi qui se dégage de cette comparaison s'affirmera encore.

Nous trouverons alors dans les départements à diminution de population ceux-ci après :

Le Rhône avec un déposant pour deux habilants, et 500 déposants pour 1.000 habitants.

L'Yonne avec un déposant pour deux habitants et un centième, ou 497 déposants pour 1000 habitants.

See

L'Aube avec un déposant pour deux habitants 40, ou 416 déposants par 1000 habitants.

La Côte d'Or a un déposant par 3 habitants, 01, ou 332 déposants pour 1000 habitants.

L'Isère, un déposant par 3.88 habitants, ou 257 pour 1000 habitants.

La Haute-Marne, un déposant par 3.59 habitants ou 278 pour 1000 habitants.

La Meuse, un déposant pour 3.63 ou 275 par mille habitants.

L'Oise un déposant par 2.98 habitants, ou 355 déposants par 1000 habitants.

La Sarthe, un déposant par 1.79 habitants, ou 556 déposants pour 1000 habitants.

La Seine-et-Marne, un déposant par 2 habitants 5, ou 397 déposants pour 1000 habitants.

La Somme, un déposant pour 3 habitants 11, ou 321 déposants pour 1000 habitants.

Par contre les départements à augmentation de natalité sont dans le groupe dont la moyenne des déposants est inférieure à la moyenne générale, qui est un déposant par 4 habitants 83, el 205 déposants pour 1000 habitants.

Ainsi, le Nord, avec son augmentation de population dans l’année étudiée de 12174 unités, ne compte qu'un déposant par 5 habitants 92, ou 181 déposants pour 1000 habitants.

Le Pas-de-Calais (augmentation 11.143) est au-dessous de la moyenne. Il en est de même de la Vendée et du Finistère.

Les Basses-Pyrénées n'ont qu'un déposant pour 5 habitants 52, ou 195 déposants pour 1000.

C'est le département où la moyenne des déposants est la plus faible.

L'étude du montant dû aux déposants conduit à la même conclusions : les départements en décroissance ont la plus forte proportion de dépôts, les départements en augmentation ont la plus faible.

Les départements en décroissance comprennent :

Le Rhône qui avait un solde de 167.000.000 francs dû à ses déposants, soit 4.38 ‘/, dans le total.

La Gironde avec 93.000.800 francs, ou 2.46 °/, dans l'ensemble.

La Sarthe, avec 89.000.200 francs, ou 2.33 /, du total.

L'Yonne avec 86.000.200 francs, ou 2.95 °/, du total.

L'Isère avec 77.000.3000 francs, ou 2.02 ‘/, du total.

BE

La Seine-et-Marne avec 740.000.100 francs ou 1.93 °, de l’ensemble.

La Somme avec 72.000.300 francs ou 1.89 ‘/, du total.

Les Bouches-du-Rhône avec 69.000.500 ou 1.81 Po

La Seine-et-Oise avec 63.000.900 francs ou 1.67 °/, du total.

La Côte-d'Or avec 59.000.100 francs ou 1.34 ir

De l’autre côté, les départements où la population s'est accrue, soit :

Les Vosges, 54 millions ou 1,41 QE

Le Pas-de-Calais, 58 millions 600 francs ou 1.33 GE

La Vendée, le Morbihan, l'Ille-et-Vilaine, les Landes, la Haute- Loire, les Côtes-du-Nord, l'Aveyron, le Cantal, la Creuse, le Doubs, la Dordogne, sont tous au-dessous de la moyenne générale qui est de 44 millions 062.176 francs.

Les totaux pour la France entière ressortent donc :

A 550 Etablissements d'Epargne, 8.116.270 livrets, 3.833.402.363 fr. 42, ou 206 livrets par 1000 habitants.

Chaque livret est en moyenne de 472.31 et le solde par habitant est de 97.66.

Le nombre des livrets masculins est de 585.159. Le nombre des livrets féminins est de 544.463.

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