à 79 ans
m4 — 41 — de 80 ans et au-delà.
Ainsi on remarque qu'il y aura beaucoup plus d'Allemands pour un chiffre donné de population, que de Français, dans la période d'activité de l’homme, c'est-à-dire de 20 à 40 ans. Il y aura plus de Français dans la période d'affaiblissement physique et intellectuel, dans la période de déclin, de sénilité, et dans cette période... «où le sang circule plus lentement dans les veines, où l'imagination est morte... »
On a pu dire de nous : « quand la majorité des individus actifs, dans un pays donné, se compose de vieillards, il est fatal qu'il sente, pense et agisse, comme l’on pense, sent, et agit dans la vieillesse...»
on # *
Notre raréfaction de densité fait que déjà les étrangers viennent peu à peu prendre en France les places que nous laissons vides. Cette impression se ressent particulièrement à Paris. Elle est aussi très vivement ressentie dans le Nord, dans l'Est, dans le Midi, là où par la frontière toute proche, les Flamands, les Allemands, les Italiens, affluent chez nous. À Paris, l'infiltration a commencé. Elle croît de jour en jour. Des nationalités se groupent dans nos villes, elles ÿ créent des cités étrangères dans nos cités, et dans ces cités étrangères, le Français se sent lui-même dépaysé, étranger dans son propre pays.
«.… Brusquement, sans que rien ait pu lui donner l'alarme, le promeneur se trouve comme en pays étranger. La langue qui se parle près de lui n'est pas la langue française, les types des habitants sont différents des nôtres et leurs costumes inusités ; l'odeur qui flotte dans les rues n’est pas une odeur connue. Il n'est pas jusqu'aux boutiques de la rue, dont les enseignes ne soient rédigées en langue étrangère, C'est bien là une colonie étrangère qui s'est implantée là, en plein Paris, comme une touffe de gui, sur un chêne... » (Les Lectures pour Tous, Mars 1911).
Un recensement a fait apparaître clairement cette situation. Paris comptait 170.000 étrangers, la population entière d'une de nos plus grande ville, comme Nantes Des quartiers entiers sont devenus en partie étrangers, sans que leurs habitants venus sur notre sol pensent solliciter la nationalité francaise.
Tout d’abord on peut citer le quartier des Facultés, habité par les étrangers qui viennent s’instruire. Les étudiants en droit, en médecine, en pharmacie, ès-sciences ou ès-lettres. sont près de
un Ne
4000, soit le 1/6 environ de la totalité de la population scolaire des facultés.
Voici par faculté le nombre des étudiants et étudiantes révélés par ce recensement :
Les étudiants étrangers étaient :
En droit, 959 ;
En médecine, 629 ;
Pour les sciences, 560 ;
En pharmacie, 28 :.
Pour les lettres, 4.150 ;
Soit au total : 3.326 étudiants étrangers.
Dans ce chiffre de 3.326, les étudiantes étrangères élaient :
En droit, 88 :
En médecine, 258 ;
Es-sciences, 188 ;
Es-lettres, 731 ;
En pharmacie, 5.
Voici comment ces étudiants étrangers se réparlissaient par nationalité. Les Russes étaient au nombre de 1.629 ; les Allemands 279 ; les Roumains 266 ; les Egyptiens 175; les Américains du Nord 151 ; les Tures 444 ; les Autrichiens et les Hongrois {41 ; les Anglais 130 ; les Suisses 52 ; les Américains du Sud 48 ; les Bulgares 47 ; les Grecs 43 ; les Luxembourgeois 39 ; les Serbes 34 ; les Italiens 26 ; les Scandinaves 16 ; les Chinois 14 ; 16 venaient d'Afrique ; il y avait 42 Espagnols ; 12 Haïtiens ; 11 Serbes ; 10 Hollandais ; 3 Portugais ; 3 Japonais.
Mais cette situation qui doit, néanmoins être signalée ne peut apparaître entièrement comme un mal. Ces étudiants étrangers sont attirés par le rayonnement de la pensée française. Ils retourneront dans leur patrie après leurs études, et contribueront à l'expansion de notre culture. Ils sont la preuve tangible de la prospérité de l’enseignement supérieur français.
Mais bien d'autres étrangers vivent sur notre sol et c'est là le mal qui nous ronge de plus en plus. Ils occupent les places que nous laissons vides : ils jouissent de tous les bienfaits de notre civilisation, sans participer à nos charges ; ils doivent servir peutêtre, comme on l'a dit, de fourriers à l’envahisseur, de guides sur nos frontières.
Il y a peu de temps, des troubles ont eu lieu à Paris. Ils étaient
causés par le nombre vraiment considérable de domestiques et de garçons de cafés d'origine allemande.
Le
Un étranger existe en France sur environ 38 habitants : sur nos 39 millions d'habitants, uous comptons 1.034.000 étrangers.
En 1851, la France n'avait qu'un étranger pour 94 habitants ; les chiffres respectifs étaient alors : ceux de la population : 35.400.000 habitants : ceux des étrangers 380.000.
En 1861, la France compte 506.400 étrangers.
En 1866, la France compte 655.000 étrangers.
En 1879, les étrangers sont au nombre de 740.668.
En 1876, nous avons 801 754 étrangers.
En 1881, nous comptons 1.001.000 étrangers.
En 1886, les étrangers sur notre sol s'élevent à 1.126.531.
En 1891, nous comptons 1 130.000 étrangers.
En 1896, le nombre des étrangers est de 1.051.000.
En 1901, il y a 1.034.000 étrangers.
En 1906, 1l y à 1.046.905 étrangers.
Ces étrangers se répartissent ainsi qu'il suit, selon leur nationalité...« chacun d'eux enfonçant dans notre patrie, un coin qui amènera sa désagrégation...»
Nous comptons autour de nous, implantés sur notre sol, conservant jalousement leur nationalité ; 330.390 Italiens. Ils se trouvent principalement à Marseille, et dans les départements du sud de la France qui avoisinent les Alpes. Ce chiffre ne tient pas compte des Italiens qui ont déjà envahi l'Algérie, particulièrement le département de Constantine, el les 250.000 Italiens qui habitent la Tunisie, prêts à donner la main à ceux de Tripolitaine.
Il existe en France 323.390 Belges, particulièrement dans les départements du Nord. Dans ce chiffre ne sont pas compris les Belges si nombreux, qui, au temps des moissons, viennent dans les fermes françaises remplacer les bras quimanquent, Ces derniers, la moisson finie retournent dans leur pays, emportant leur pécule.
Il y a 89.772 Allemands. [ls se trouvent dans les pays qui avoisinent l'Alsace et la Lorraine. Ils essayent d'accaparer les mines de fer, l'Allemagne ayant le charbon, mais manquant de minerai. Il a été signalé des sociétés industrielles allemandes puissantes, en Normandie en Bretagne. A certaines époques de l'année, un spec-
tacle curieux et digne d'attirer notre attention se produit, une partie des employés, des Membres de la Direction de ces sociétés, des ouvriers disparaissent un cerlain temps. Ils sont allés en Allemagne, faire une période de service militaire, en qualité d'officiers, de sous-officiers de la réserve et de la Landwehr allemande.
Nous avons 80.495 Espagnols sur notre sol. Ils se remontrent de préférence dans le Midi, près des frontières d'Espagne. Le département d'Oran en renferme en outre un très grand nombre, plus grand peut-être que celui des colons français.
Nous donnons l'hospitalité à 72.045 Suisses ; à 36.948 Anglais, à 16.061 Russes, à 21.999 Luxembourgeois. à 9.790 Autrichiens, à 1.940 Hongrois, à 6.615 Hollandais, à 719 Portugais, à 1.224 Suédois, à 938 Norvégiens, à 850 Danois, à 6.115 Américains du Nord, à 10.017 Mexicains et Américains du Sud, à 2.225 Grecs, à 5.200 Roumains, Bulgares et Serbes, à 2.727 Turcs, à 1.150 Africains de nationalité diverses, et à 2.021 étrangers de nationalité diverses.
Enfin, nous offrons l'hospitalité à 11.198 étrangers de nalionalités qui n’ont pu être déterminées.
Ces chiffres pour les étrangers de certaines nationalités paraissent peu importants. Ils le sont pourtant quand on rapproche le chiffre des étrangers d'une nationalité donnée, vivant sur notre sol, avec la population lotale de cette nation elle-mème.
Les 2.995 grecs vivant en France, pour une population grecque totale de 2.642.000 habitants, représentent environ 10 ?/, de cette population.
Les 5.200 Roumains vivant chez nous, pour une nation de 6.966.000 habitants représentent environ 12 °/.
Paris, à lui seul, contient 170.000 étrangers qui se répartissent comme il suit :
33.306 Belges et Luxembourgeois ; 25.831 Allemands ; 20.789 Ilaliens : 19.405 Suisses ; 17.923 Russes ; 11.287 Anglais ; 8.520 Américains : 7.725 Austro-Hongrois ; 5.218 Espagnols ; 15.802, de nationalités diverses ou inconnues.
Une grande partie du commerce parisien est exploité par des étrangers, aux noms de consonnance germanique. Et dans bien des
cas, l'étranger établi à Paris, se cache sous un nom, une raison 80ciale, une marque d'apparence française.
Récemment encore, on dut s’en préoccuper. Un membre du Parlement posa une question publique, signalant le nombre tou- Jours croissant des Banques Allemandes opérant à Paris, sous un nom Français, Belge, Suisse. Cette situation est une conséquence indirecte de la raréfaction de notre population, en face du pullulement allemand. En Allemagne, pour que le peuple sans cesse grandissant puisse vivre, l'industrie a été poussée aux dernières extrémilés du possible. Il a d'abord fallu conquérir les marchés du monde, de toutes les façons. Et quand un traité de commerce protégeait un pays voisin, il a fallu le détruire indirectement, par le système des « Cartell », ou primes indirectes à l'exportation Allemande.
Il a fallu à ce peuple manufacturier d'énormes quantités de malières. Comme d’une part, ces matières premières sont achetées par lui à l'étranger, que d'autre part, parla nature de son sol, la balance alimentaire lui est défavorable, il a du faire tous ses efforts pour contrebalancer cette situation mauvaise. L'argent lui manquait. Il essaye d'obtenir les capitaux français par l’établissement en France de banques chargées de drainer cet argent : faisant illusion aux Français, qui croient souvent que leurs capitaux prêtés, déposés par eux, serviront à alimenter des entreprises françaises.
Nous venons de voir combien notre capitale contient d'étrangers, à chaque pas, celle siluation crée des incidents, dont les autres pays ne peuvent avoir la moindre idée. Par exemple, l’afflux des étrangers de religion israélile, qui s'est concentré aux abords de l'Hôtel de Ville, a nécessité la création de deux écoles communales israélites. Des considérations spéciales pour donner satisfaction à ces nationalités, ont dû faire fléchir la rigueur de nos règlements nalionaux. Toutes nos écoles françaises, sur tout notre sol, ferment le jeudi ; de mémoire d'homme, un écolier français n’a travaillé le jeudi. Pour les écoles israélites, les classes ouvrent le jeudi. C'est qu'en effet, pour les jeunes israélites, le Jour de repos est le samedi. Pour eux le jeudi est reporté au samedi.
Nos mœurs, nos usages, nos idées, notre caractère nalional, se modifient sous la poussée de l'invasion des étrangers
La population étrangère est forcément beaucoup plus considérable aux frontières qu'au centre de la France.
C'est dans le département des Bouches-du-Rhône, quel'Italie déverse ses sujets. Marseille en supporte 98.635. Le département du Nord à lui seul nourrit 202.543 Belges. Les Basses-Pyrénées accueillent, malgré elles, peut-être : 13.233 Espagnols ; Marseille a encore 1.049 Grecs.
Ainsi, pour établir une proportion :les Alpes-Maritimes comptent plus du quart de la population, d'étrangers ; Le Haut-Rhin (Belfort 10 °/, d’'Allemands ; soit 28.5 ; la Meurthe-et-Moselle : 7,79 ?/, d'Allemands ; les Ardennes en comptent 6.60 °/,.
Tous ces étrangers viennent faire concurrence à nos ouvriers : l'aire abaisser les salaires, créer des causes de grève, des conflits, des misères. Les 540.000 étrangers travaillant dans nos usines, comprennent 187.000 Italiens, 167.000 Belges, sur ceux-ci, près de 50.000 quotidiennement passent la frontière et retournent chez eux. Il y a 53.000 ouvriers Allemands ; 40.000 Suisses ; 37.000 Espagnols.
Ces 540.000 ouvriers étrangers peuvent gagner par jour B francs. Ils enlèvent donc à nos ouvriers, par jour, des salaires de 3 millions ; par an, un milliard. Il faut signaler ce résultat aux socialistes, prétendus défenseurs de l’ouvrier, à qui ils recommandent de restreindre sa descendance, pour, pensent-ils, que le nombre des ouvriers diminue, et que les salaires de ceux qui restent s’accroissent. Ceux qui, dans le Nord, passent la frontière journellement, apportent avec eux mêmes leur pain. Ils ne laissent rien chez nous de leur salaire ; ils ne consomment rien chez nous,
Ainsi, la colonisation de notre pays a commencé ; lendosmose, ou la conquête de la France par infiltration se sent déjà à chaque pas. C'est à un point, que dans la campagne Amiénoise, on peut voir toute une colonie de Polonais, venus pour remplacer les travailleurs des champs. Ils se sont installés en France avec leur famille, leurs enfants. Ils sont même venus avec un prêtre de leur pays:
Depuis longtemps déjà, les cultivateurs de la Beauce, de la région de Paris, des plateaux du Soissonnais et du Laonnoïis ne pouvaient arriver à faire leur moisson qu'en faisant venir chez eux des
équipes de Flamands, de Belges, ou d'habitants du Nord, tous dénommés sous le vocable de « Camberlots », ou habitants de Cambrai.
Dans ces régions, dès qu'arrivent les travaux du sarclage des betteraves ou l'époque de la moisson, des bandes de Camberlots surviennent el accomplissent le travail que ne pourraient accomplir les ouvriers français des campagnes, parce qu'il n'y a quelquefois aucun ouvrier dans la localité.
Ils repartent ensuite dans leur patrie, la besogne terminée, avec leur salaire.
Il existe à Paris des agences qui procurent rapidement, sur une dépêche télégraphique, une bande suffisante d'ouvriers étrangers. Cela est courant, connu, permis.
N’a-t-on pas obligé certains industriels à n'employer qu'un nombre limité d'ouvriers étrangers, et les grèves n'ont-elles pas eu pour cause bien souvent la présence d'étrangers sur les chantiers ? On sait que les travaux de lerrassement ne peuvent être faits que par des Italiens.
Nous en sommes aux Belges, aux ftaliens, demain aux Polonais; dans quelques temps nous aurons recours à quelqu'autre populalion qui viendra combler les vides ; il n’est pas osé de dire que ce sera peut être aux Nègres, aux Chinois que nous nous adresserons.
Les naturalisations d'étrangers en France augmentent tous les ans, comme la proportion des étrangers. Pendant une seule année (4910-1941), il y a eu plus de 13.000 étrangers (exactement 13.430), qui sont devenus français. On peut opposer ce chiffre aux chiffres des naturalisations des années antérieures, dont la moyenne annuelle n'était que de 458. Ainsi, pour le laps de temps allant du 29 juin 1867 au 1° janvier 1889, il n'y a eu pendant cette période que 10.076 naturalisations. Pendant la période suivante, allant de 1890 à 1910 (20 ans) les naturalisations se sont élévées à 125.328, ou par année 5.918.
C’est la loi du 26 juin 1889, qui a multiplié et facilité les naturalisations des étrangers.
En 1867, il existait 6.000 naturalisés.
En 1876, il en existe 10.000.
En 1889, 15.000.
En 1912, il existe 120.000 étrangers devenus Français.
Mais à côté de tous ces Français de fraiche date. qui ont l'ambition d'avoir une patrie déterminée, une nationalité bien définie,
nous avons vu qu'il y à chez nous, un nombre considérable d’étrangers, qui y vivent à demeure, qui jouissent de tous les bienfaits de la civilisation française, à l'exception des droits politiques et civiques et de certains droits civils, et qui échappent à la charge considérable de l'impôt du sang.
Les descendants de ces étrangers naturalisés sont des Français, d'une façon automatique, au même titre, avec les mêmes droits que ceux dont les grands pères ont tant de fois souffert pour la créalion de la Patrie française, et cela est nécessaire puisque les Français n'ont plus de fils,
La loi du 26 Juin 1886 a considérablement élargi les conditions d'accession au titre de Français, et la naturalisation aussi. Il suffira pour être Français, d’être né sur le sol français, de parents étrangers, peut être, mais dont l'un y était né lui-même. Tout Français né en France, d’un étranger, à moins d'exprimer une volonté contraire, sera français.
Si l'abaissement de la population française est un péril national, un danger écondmique, militaire, ce danger a eté bien diversement apprécié par des penseurs. Il ne faut pas faire l’injure à ces penseurs de dire qu'ils ont voulu développer un paradoxe brillant, il faut supposer qu'ils ont cru sincèrement défendre une cause défendable, en niant le danger de la diminution de notre natalité. On fera tout d’abord une remarque : C'est que la majeure partie des penseurs qui ont dit que l’abaissement de notre natalité n'était pas un mal, mais plutôt un bien, un signe de la marche vers une humanité supérieure, était composée de penseurs étrangers, appartenant aux nationalités où la population s’accroit.
Il appartient de réfuter une thèse qui prétend que la dépopulation de notre pays n'est pas un mal, et par là, de faire apparaître le danger menaçant, notre affaiblissement, notre disparition future.
C'est un Italien, César Lombroso, qui trouve le phénomène de la dépopulation de la France, normal, naturel. QI est, dit-il, le résultat de l'accession d'un pays à une civilisation croissante ». « C'est même dit-il, un signe favorable qui témoigne de la part du peuple où ce phénomène se produit, la recherche réfléchie d'un plus grand bien être ».
Cette théorie a été adoptée par plusieurs français. On a pu entendre un parlementaire français, appartenant à la fraction socia-
en
liste, faire cette idée sienne, dans un de ses discours, qui nous montre bien à nu, toute l'utopie, le faux, le néant de l'idée collectiviste.
Ce parlementaire partait de cette idée si fausse, si erronée, que le fond de la richesse, les produits utiles aux hommes, forment une masse qui ne peut s'accroitre, qui doit être partagée entre plusieurs consommateurs. On sent dans ces idées, comme un souvenir des idées paradoxales et si fausses de Maïlthus. Il paraissait à cet homme, que plus il y aura de compétiteurs pour partager ce fond de richesses et de produits, moins grosses seront les parts ; moins il y aura de co-partageants, plus considérable sera le lot de chacun... « Les peuples riches n'ont pas d'enfants, disait ce parlementaire ; … l'accroissement de la population est en raison inverse de la richesse... »
Sans qu'il soit besoin de discuter le peu de fondement de cette théorie, de prouver que la célèbre proposition de Malthus doit être renversée, il suffit de répondre à cet homme par un simple argument, par une démonstration par l'absurde.
… CAlors, fut-il répondu à ce sophiste, s'il n'y avait plus qu'une seule personne en France, la France serait donc de beaucoup plus riche ?.. »
Le professeur Vilfredo Parelo expose des idées semblables. Le Suédois Bjærstjerne-Bjærson s'exprime ainsi :
«.… Qu'y a-t-il de plus avantageux pour les enfants eux-mêmes, pour les parents, pour la société, ou bien, metlre au monde, une bande d'enfants qui épuisent la mère, épuisent le père chargé de les nourrir, et rendent par là mème, leur éducation difficile : ou bien, de restreindre le nombre des naissances pour épargner la santé de la mère, ménager la puissance de travail du père et assurer ainsi aux enfants une bonne éducation .. »
La Suède, nous l'avons dit, est passée de 3.642.000 habitants (1851) à 5.219.000, (1907). Bjærstjerne-Bjærson, ne voyait pas autour de lui les mouvements d'une natalité décroissante. Et quant au parlementaire français, on peut croire qu'il cédait à des idées spéciales, des théories de parti.
Au penseur suédois, on peut répondre que la naissance d'enfants nombreux n'épuisent pas la mère ; que ces naissances contribuent au contraire à sa santé physique et morale ; qu'en ce qui concerne le père, sa descendance est un stimulant des plus nobles, pour son labeur ; que d'ailleurs, le Français ne limite pas volontairement sa
Ta
descendance, par crainte de ne pouvoir suffire à élever ses enfants, puisque cette limitalion a lieu surtout dans les familles bourgeoises déjà riches.
Gumplowiez, sociologue autrichien, pose le principe suivant :
« C'est une loi sociale, inéluctable, que la diminution de notre natalité. Il est inutile de nous élever contre cette loi, nous ne pouvons rien contre elle... Les Etats, dit-il, sont soumis à des lois inexorables de développement et de disparition... »
L'Etat se trouve ainsi être : « une formation sociale, qui grandit, produit une culture, et qui meurt... »
«.. Les symplômes de la décadence d'un état, sont une haute culture et l'abaissement du chiffre des naissances. Plus la culture est élevée, plus le chiffre des naissances s’abaisse, et plus proche est la disparition : c’est une loi. »
« Plus la culture est basse, plus le chiffre des naissances est élevé, et plus grand est l'avenir, ou plutôt comme nous disons, la perspective de vie de l'Etat... »
Pour que la théorie démographique de Gumplowiez soit exacte, il faudrait tout d'abord s'entendre sur ce qu'est une culture élevée, supérieure. Il est probale que ce penseur entend par culture supérieure, chez une nation l'avancement des sciences, des arts, de l'industrie, la recherche de plus en plus grande du confort, du bien être, la crainte du labeur, de l'effort. Peut-être avec cetle culture, la diminution des naissances s'accroit-elle ? Cela est possible et même presque certain.
La diminution des naissances n'est pas nécessairement la conséquence de cette cullure, mais elle marche avec elle, C’est un des aspects de cette culture : les naissances sont réduites pour réduire le labeur.
Mais la culture que Gumplowiez a en vue est-elle la véritable culture ? N'en est-il pas une autre plus élevée, supérieure à la culture supérieure que ce penseur a voulu viser 2... Ne peut-on penser à une Culture morale, à une culture des âmes et de la pensée, à celte cullure que fait rechercher un idéal moins bas, moins terre à terre que celui du confort ou du bien être, à cette culture qui ne craint pas l’eflort, le labeur fécond et vivifiant : à la joie de certains renoncements, joie tellement profonde que ces renoncements sont des plaisirs ; en un mot, à une culture qui ne serait plus l'abolition, l'interrègne de l'idéal ?
Avec cette nouvelle orientation de la pensée, la limitation de la
2HSDTe
postérité n’existerait plus, ne devrait plus être, bien au contraire, puisque la culture idéale serait l'augmentation des familles.
C'est encore un français M. Brieux, qui dans un article de journal, nous dit: «... Jamais la supériorité du nombre n'a impliqué la suprématie d’un pays. Toules les belles actions humaines ont été accomplies par de petits peuples... »
Il suffit d'exposer ce sophisme, pour qu'il en soit de suite fail bonne justice. Nous le verrons plus loin, quand sera exposé le péril redoutable que nous cause la diminution de notre natalité en face d'armées étrangères Loujours croissantes.