‹ La dépopulation de la FranceChapitre 16 sur 158 · ARRÊT DE DÉVELOPPEMENT DE L’AGRICULTURE ET DE L'INDUSTRIE · texte numérisé non relu

ARRÊT DE DÉVELOPPEMENT DE L’AGRICULTURE ET DE L'INDUSTRIE

La dépopulation est la seule cause de la diminution de la main-d'œuvre agricole.

On a souvent déploré l'émigration des campagnes vers les villes, et sans doute avec raison. Mais on attribue à cette émigration la rareté de la main-d’œuvre agricole et c’est en quoi on exagère. Cette émigration n’a pas cette conséquence dans les pays normaux.

L’émigration des campagnes vers les villes n’est pas un phénomène spécial à la France; dans la plupart des autres pays, cette émigration est bien plus considérable et n’a aucune tendance à diminuer. Mais ailleurs qu’en France, la natalité est suffisante pour remplacer ces émigrants, en sorte que la population rurale reste, le plus souvent, suffisante.

Il faut ajouter que, en France, le nombre des décès

dans les villes l’emporte presque toujours sur le nombre des naissances (excepté dans un certain nombre de villes situées pour la plupart dans le nord-est). Il en résulte que ces villes tendraient à devenir désertes sans l’arrivée des campagnards. On peut ajouter que l’émigration des campagnes vers les villes subît tout juste à cette tâche; lors du dernier recensement la plupart des grandes villes ne s’étaient pas accrues: quelques-unes même avaient diminué.

Ainsi ce n’est pas à l’émigration des campagnes vers les villes qu'il faut attribuer la rareté de la main-d’œuvre rurale. Cette émigration est moindre en France qu’ailleurs; et si elle ne se produisait pas, ce sont les villes qui manqueraient de main-d’œuvre. La vraie cause du mal est l’extrême insuffisance de la natalité.

Les preuves des diverses affirmations qui précèdent avant été données maintes fois, nous nous bornerons à les indiquer rapidement.

Nous disons que l’émigration des campagnes vers les villes est un phénomène général, beaucoup plus marqué à l’étranger qu’en France. Nous bornerons notre démonstration aux principaux pays M. Meuriot a consacré à ce sujet tout un volume excellent).

Il n’v avait, en 1871, que 8 villes allemandes de plus de 100.000 habitants, en 1905, il y en a 41 L Voici quelle a été l’histoire sommaire du développement de ces 4! villes.

Population des il villes allemandes ayant, en 1905, plus de 10Û.000 habitants :

Habitants. Augmentation.

Total . 7.711.224

1. Le recensement de décembre 1910 en trouvera certainement plus de 50.

En termes plus généraux, la population urbaine (ou plus exactement, selon la définition allemande, la population des communes et lieux habités de plus de 2.000 habitants) a été la suivante :

Elle comprenait en 1871 le tiers de la population (30 p. 100) et en 1900 plus de la moitié (34 p. 100).

Les chiffres suivants montrent l’accroissement actuel de la population urbaine dans les pays principaux de l’Europe :

Nombre de villes de plus de

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