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cet âge de fer, et qui balancerait à lui seul tous nos prétendus progrès! (1)»
De même que le féminismeinférieur, mais d’uneautre façon, le féminisme supérieur ou intellectuel doit aussi être considéré comme un facteur de faible natalité. Nous en souffrons beaucoup en France, plus que partout ailleurs. L'éducation physique de nos Jeunes filles est absolument négligée ; la culture intellectuelle absorbe tous les soins. Nos jeunes bourgeoises françaises sont certes charmantes, élégantes et « bien élevées » ; elles font la joie et l’orgueil des salons, mais, mal développées physiquement, surmenées intellectuellement, torturées par le corset, elles ont perdu une grande partie de leurs facultés de reproduction, illeur faut des « remplaçantes » pour allaiter leurs enfants quand leurs occupations mondaines leur laissent le temps d’en avoir. Il est vrai que le féminisme intellectuel donne les mêmes résultats aux États-Unis, mais ce ne peut être une consolation : « Une jeune miss américaine élevée comme nous sommes fiers de l'élever, dit le D" Cyrus Edson, se marie ; elle est intelligente, brillante, belle, heureuse. Elle a un, au plus deux enfants, et elle devient méconnaissable, irritable, un fardeau pour son mari et pour elle-même. Elle est une malade qui le sera toujours désormais... Parce que de dix à dix-huit ans, pendant les années où la nature physique a des exigences qu'on ne peut dédaigner sans péril, on épuise les forces de la jeune fille par le surmenage
(4) Micnezer : la Femme, p. 22.
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mental... Elle ne peut Lu et pis que cela, elle ne veut plus être mère (1). »
Spencer, MM. ARE et ouh d'autres incriminent le fonctionarisme. Parmi les causes de dépopulation de la France, dit Spencer, il faut compter € Ha plus grande somme de travail pénible que subissent les femmes, par suite de la soustraction énorme que subit la population ouvrière masculine au profit d'opérationsnon productives, civiles et militaires » (2). Il est certain que la France est le pays où le fonctionnarisme sévit avec le plus d'intensité. Le D' Papillon (3) évalue à 720.000 le nombre de nos fonctionnaires en 1895, sans compter l'armée, et, d'après le Journal des Economistes (février 1897), ils nous coùûtaient annuellement ! milliard 83 millions.
La très grande majorité d'entre eux n'ont qu'un très maigre traitement qui ne leur permet pas d'éleverune nombreuse famille: aussi, limitent-ils au strict minimum leur production d'enfants.
M. J. Bertillon a donné en 1901 des chiffres éloquents : 77.235 fonctionnaires des Postes et Télégraphes et des Douanes n'avaient que 75.315 enfants, c'est-à-dire pas même un enfant par employé! (4).
Et cependant, malgré le salaire infime de la plu-
part de ces situations, les « places » sont très recher-
(1) Journal des économistes, février 1807.
(2) Principes de biologie, G° partie, chap. X.
(3) D'Parizzon : Société d'écon. soc., séance du 8 mars 1897.
(4) d. Bernizron : Journal de la Soc. de: Statistique de Paris, avril
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chées : le 8 juillet dernier, au concours pour l'emploi de commis des Postes et Télégraphes qui a eu lieu à Paris, pour 430 postes vacauts, il y a eu plus de 9.000 candidats. Il est vrai que le sujet de l'épreuve de composition française a été des plus attirants : « Vous décrirez un orage dans les monts pyrénéens ! » (sic).
Pourquoi donc, malgré leur rétribution si modeste, ces places sont-elles cependant si recherchées ? C'est que, en présence du chômage toujours grandissant, aux champs et à la ville, chacun préfère un salaire restreint mais fixe à l'incertitude du lendemain ; c’est une cause d'ordre économique.
Le service militaire obligatoire, s’il est une cause de retard dans le mariage, ne peut être avec justice incriminé comme cause de dépopulation spéciale à la France. Il n'existe pas en Angleterre qui voit diminuer rapidement sa natalité et au contraire fonctionne, comme en France, en Allemagne, en Autriche et en Italie qui sont néanmoins plus prolifiques.
L'importance de la religion est fort exagérée ; d'aucuns ont voulu voir dans l'affaiblissement des croyances religieuses une cause d'immoralité croissante et par suite de diminution de la natalité. Si quelques très rares familles font encore des enfants pour obéir au précepte biblique : « Croissez et multipliez », il nous est impossible d'admettre quilenest ainsi pour la grande majorité des croyants eux-
.- mêmes. Peu nombreux sont à notre avis ceux qui
copulent en vue du seul désir de procréer : l'enfant est de moins en moins le gros lot de la loterie de l'amour, mais en devient de plus en plus « l’acci-
Pax SaLvar. 4
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dent ». D'ailleurs, si les fanatiques Bretons sont féconds, la Vendée, le Poitou, le Gers, non moins religieux, ont une très faible natalité. Les quartiers ouvriers et athées de Paris, la Chapelle, Javel, Saint- Antoine, les Grandes-Carrières sont deux fois plus féconds que les quartiers très catholiques de la Madeleine, Saint-Thomas-d'Aquin et Saint-Germain. Certains invoquent contre la dépopulation la restauration des idées religieuses; qu'ils perdent cette illusion ; le temps des miracles est passé ; la religion n'est plus assez puissante pour combattre la stérilité volontaire, dictée par l'intérêt, et une telle réaction n'est pas possible dans la France des Droits de l'Homme. Ceux qui font vœu de chasteté sont mal venus à dire au prolétaire : « Dieu bénit les nombreuses familles », du pain, bénit ou non, ferait mieux son affaire.
Le D' Papillon (1) invoque la « recherche de la domesticité » comme cause de faible natalité : « Les domestiques sont des producteurs stérilisés. » C'est vrai, assurément, mais ce nest pas un fait spécial à notre pays. Et suffirait-il, comme il le propose, de « frapper de lourds impôts la domesticité supertlue » pour diminuer le nombre des domestiques et augmenter du mème coup la natalité. Nous ne le pensons pas : on n'arriverait qu'à accroître encore l'armée des sans-travail. Ce n’est pas par plaisir, c’est par besoin que l’on devient domestique; c’est encore là une cause d'ordre économique.
(4) D: Parizon : Société d'Economie sociale, séance du 8 mars 4897.
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Nous allons passer rapidement en revue, — trop rapidement, à notre grand regret, — les différentes causes d'ordre social ou juridique invoquées par les nombreux auteurs qui se sont occupés de la question de la dépopulation de la France, et faire brièvement la critique des remèdes proposés.
Le Play et ses disciples, Bertillon, Leroy-Beaulieu, le D’ Javal, le professeur Ch. Richet, et avec eux tous les économistes orthodoxes, rendent responsables de notre faible natalité : 1° nos lois successorales actuelles imposant le partage ‘forcé, émiettant les héritages et provoquant le morcellement du sol; 2° notre système de répartition des impôts; 3° notre loi militaire. Pour eux, si les familles françaises font peu d'enfants, c'est parce que les parents y croient trouver un avantage pécuniaire immédiat. « Ce qui préoccupe le paysan normand, dit Baudrillart (1), c'est l'idée qu'après lui son bien sera morcelé ou aliéné.,. En Picardie, dans les classes riches ou simplement aisées, il y a parti pris de ne pas avoir plus d’un ou deux enfants » ; et ailleurs : « Aux environs de Caen, de Bayeux, de Cherbourg, la fabrication des dentelles s'exerce par la main des femmes et des jeunes gens, et n'occupe pas moins de 70.000 personnes. Elle retient les femmes au foyer. Les enfants y trouvent de bonne heure à s'occuper. Le paysan ne craint pas là comme ailleurs de voir s'accroîitre sa famille. »
(4) Bavorzzanr : Rapport sur les conditions des populations agricoles de Normandie.