‹ La Dérivation électrolytique des médicamentsChapitre 23 sur 31 · AVANTAGES DE LA DÉRIVATION · texte numérisé non relu

AVANTAGES DE LA DÉRIVATION

Partant des notions expérimentales et des premiers résultats thérapeutiques connus, il est logiquement permis d’espérer de nombreux avantages de l’application de cette méthode.

Tout d'abord, ce que nous avons dit de l'ionisation ordinaire, considérée comme type de l’électrolyse médicamenteuse, s'applique encore à la dérivation. Rappelons ces avantages : pureté et activité du médicament, dues à l'état naissant; action massive loco dolenti, liée à une économie de médicament, particulièrement appréciable ‘avec les toxiques; élimination ralentie; imprégnation persistante des tissus traversés. |

De plus, nous avons vu que l’ionisation est incapable d'atteindre des lésions situées quelque peu en profondeur. Son action ne sera donc intéressante que pour les régions superficielles, ou d'accès facile. Au contraire, les pages précédentes nous ont montré qu'il se produit dans la dérivation électrolytique un appel des ions suivant les lignes de force vers le pôle de nom contraire; nous avons donc ici la possibilité d'imprégner de la substance active un foyer patholosique, même profondément situé à l’intérieur, pourvu qu'il se trouve en quelque sorte englobé dans le circuit. Répétons qu'il est nécessaire d’avoir une électrode d'appel de petite surface, de façon à obtenir dans sa direction une plus grande convergence des lignes de flux; qui rendra plus actif le transport des ions par le courant. Il faudra donc, au préalable, rechercher une localisation très exacte de la lésion en cause, par les moyens ordinaires cliniques et radioscopiques.

On voit ainsi qu'il devient possible, dans un très grand nombre de cas, de multiplier dans des proportions remarquables l'efficacité du médicament administré. Il est bien évident, en effet, qu'un médicament, dont l'application. locale n'est pas possible dans tel cas par les moyens ordi.

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naires, ira imprégner indifféremment sans utilité tous Îles issus; tandis que la dérivation, en produisant un appel bien dirigé, concentrera son action sur un objectif précis, et limitera la déperdition.

Ce qui a été fait jusqu'ici dans un cadre restreint, sur quelques cas concrets, on peut espérer le voir réaliser dans l’avenir sur une plus vaste échelle. En principe, toutes les substances électrolytiques sont susceptibles d'applications de la dérivation; d'innombrables affections seraient donc susceptibles d’en bénéficier. Imaginons un instant, puisque rien ne nous en empêche a priori, son extension demain au traitement de tuberculoses localisées ou de scléroses aortiques : combien serait rendue plus efficace l’action de l’iode ou des sefs d’or ou de calcium dont on s’arme contre elles! Sans insister, constatons simplement que le champ est ouvert dans ce sens à toutes les tentatives.

Notons enfin pour terminer, que dans certains cas définis, où l’on veut agir sur une région limitée et facilement accessible, telle qu’une articulation, il est possible de combiner l’ionisation et la dérivation électrolytique, en vue d’un rendement maximum. Supposons un poignet où l’on veut faire agir l’ion calcium, on placera l’électrode négative sur une face de l’article, l’électrode positive, imprégnée de chlorure de calcium, sur l’autre face, et on aura fait auparavant ingérer du chlorure de calcium au sujet. D'ou : ionisation + dérivation.

Le procédé est applicable de même, et appliqué, en otologie (ionisation double de Landry).

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