‹ La dermite granuleuse: de 1850 à nos jours; son traitement chirurgicalChapitre 16 sur 28 · TE PAS · texte numérisé non relu

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gros bourgeons exubérants en saillie sur les parties saines, de couleur terne, et saignant facilement, au niveau desquels des agents microbiens surajoutés pourront amener un peu de suppuration : pus séreux ‘la plupart du temps. Puis la partie centrale, la plus ancienne, se nécrosant, s’éliminera bientôt avec les granulations parasitaires qu’elle contient, pour faire place à une plaie ulcérée, comblée rapidement d’ailleurs, par des proliférations conjonctives pour aboutir enfin à une plaie à surface plane. Ces poussées de bourgeons exubérants pourront se répéter à plusieurs reprises, plus ou moins intenses jusqu'à élimination complète des parasites.

Les études expérimentales de DESCAZEAUX ont montré qu’en huit à dix jours, une plaie infestée expérimentalement expulse toutes ses granulations et qu’un apport constant et massif de larves est nécessaire pour que la plaie ne guérisse pas spontanément.

En fait, les plaies d'été exercent une attraction particulière sur les mouches, attraction purement alimentaire, car leurs secrétions constituent pour les insectes suceurs une source abondante de sucs nutritifs. Les infestations successives et massives empêchent alors les lésions de se cicatriser.

Les réactions fibro-conjonctives répétées, nécessaires pour l'expulsion des nodules persistent plus ou moins longtemps et peuvent aboutir à la fortmation d’un tissu fibro lardacé, parfois très abondant et qu’on à vu simuler des tumeurs volumineuses. Dans

oh tous les cas il est très long à se résorber. La cicatrisation s'opère péniblement à sa surface, surtout au niveau des membres (pâturon, boulet, canon, face interne du genou) ; des infections microbiennes amèneront par la suite des poussées aigues et entretiendront parfois tout l’hiver une brèche cutanée, une cicatrice exubérante ou incomplète qui l’année suivante sera un pôle d'attraction tout désigné pour une nouvelle infestation dès la première apparition des mouches, D'où récidive bien qu’au point de vue parasitaire la lésion ait été complètement débarrassée de ses larves la première année.

3° PLAIES GRANULÆBUSES MULTIPLES.

Si dans la majorité des cas, la lésion est isolée, il peut exister cependant plusieurs plaies granuleuses plus ou moins rapprochées.

Nous avons observé, en 1922, à l’hôpital vétérinaire d'Alep (Syrie), sur un mulet, neuf petites tumeurs, molles, de nature granuleuse, disposées irrégulièrement sur deux cercles concentriques autour d’une plaie, elle-même granuleuse, de la région des côtes (cette lésion, de la surface de la main, ayant été déterminée par le bât). Les caractères rappelaient ceux de la lymphangite épizootique., l'animal avait d’aiileurs été évacué comme lymphangiteux de Djérablouse et classée après examen à l'hôpital vétéri-

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naire, dans cette catégorie. Ce n’est qu’au moment de l’intervention chirurgicale que nous avons découvert à l’intérieur des « boutons » et de la plaie, de volumineuses granulations atteignant les dimensions d’un pois et même d’une noisette. Pareilles constatations avaient suggéré à QUERRUAU l’idée dune affection microbienne avec fover de dissémination.

Y a-t-il eu migration des larves de la plaie initiale à travers le derme ou s’agirait-il simplement - de points différents d’infestation. C’est cette dernière hypothèse qui nous semble la plus admissible.

4° HYPOTHÈSE D’UNE SENSIBILISATION L'ORGANISME PAR LES PARASITES DE L’ESTOMAC.

D'après les recherches de DESCAZEAUX 4 sur 10 des mouches sont parasitées en milieu infesté. Comment expliquer que toutes les plaies ne se transforment pas en plaies granuluses pendant les mois de juillet, août et septembre.

MorEAU signale qu'à Marseille elles sont relatiyement peu nombreuses par rapport aux animaux en traitement pour plaies diverses pendant l’été.

A Epernay, pendant la période juin-octobre 1925, sur 519 chevaux atteints de plaies diverses, 27 seulement ont présenté de la dermite granuleuse.

Y a-t-il une prédisposition ?

RDV RE

On à admis une prédisposition de race. Nous n'avons jamais noté aucune aptitude spéciale parmi les diverses races de chevaux. C’est aussi l'opinion de TEPPAZ et de la plupart des auteurs ‘contemporains. Il serait intéressant lors de l’autopsie des chevaux porteurs de plaies habronémiques, de rechercher si le parasite n’existe pas à l’état adulte dans le tube digestif. Peut-être pourrait-on en conclure à une sensibilisation de l’organisme par les excrétats parasitaires résorbés au niveau de l’estomac.

De tout temps, on a été frappé par le caractère saisonnier de la dermite estivale, apparaissant en juin, pour s'étendre à l’automne. C’est ce qu’exprime d’une façon si pittoresque le dicton italien : « Coll unguento d’automno guariscono le piaghe estivé ». C’est l’onguent d'automne qui guérit les plaies d’été.

Il n’en est pas imoins vrai que l’affection est des plus tenaces et détermine chaque année dans no$ régiments un grand nombre d’indisponibilités.

De nombreux traitements ont été préconisés, variables avec la conception étiologique du moment.

QUIN et MÉGNIN emploient des applications de glycérine pour éviter le prurit ou le modérer.

BouULEY recommande l’onguent mercuriel et RE- NAUD la cautérisation en pointes fines, tandis que MANDEL obtient quelques succès avec le perchlorure de fer en solution concentrée.

Le baume du Pérou dissous dans trois parties d’alcool, serait pour GERLACH le traitement de choix

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