‹ La dermite granuleuse: de 1850 à nos jours; son traitement chirurgicalChapitre 7 sur 28 · AU RUES · texte numérisé non relu

AU RUES

3° Première description et classification du parasite (1884).

C’est à RIVOLTA que revient l’honneur de la première description du parasite.

11 réussit à isoler complètement cet helminte en étudiant les granulätions au début de leur formation et il le décrit de la façon suivante, un peu sommaire :

« C’est un ver grêle qui peut atteindre 3 mm. de longueur, dont la tête est quelquefois un peu distincte du corps. La queue est atténuée, terminée en pointe et bordée de fines den'telures. La bouche, orbiculaire semble munie de lèvres. A peu de distance de la tête se voit une ouverture. L’anus est placé au

point où le corps s’atténue pour former la queue. Le tégument est strié en travers.

a) Classification du parasite par RIVOLTA. — RI- VOLTA le range dans le groupe des filiaires et lui donne le nom de Dermofloria irritans que RAILLET réduira, en 1885, en celui de Filaria irritans. LAT- LANIÉ et la plupart des auteurs se rangent à cette classification de RIVOLTA.

b) MÉGNIN : Le parasite est un Oxyure. — En 1881, PFLUG avait publié une observation relative à un cheval porteur à la base de la queue, de croutes épaisses, prurigineuses, et.renfermant des œufs d’'Oryurus curvula, à différents degrés de développement. [Il pense que les parasites ont été introduits

dans la plaie au cours de frottements répétés de l'animal et y ont donné les embryons qui Continueraient à y vivre.

MÉGNIN, probablement inspiré par cette publication affirme d’ailleurs, sans preuve à l’appui, que les Nématodes des plaies d’été ne sont que des embryons de l'Oxyurus curvula.

Cette affirmation de MÉGNIN- ne reposant sur au-

cune preuve sérieuse ne résiste pas à la critique.

4° Mode de pénétration du parasite.

L’étiologie filarienne de la dermite granuleuse étant admise, il restait à rechercher le mode de pénétration du parasite dans les tissus. Deux théories qui, toutes deux, ne sont basées sur aucune donnée précise, sont en présence :

Pour RIVOLTA, le parasite pénètre du dehors en dedans. Il vit normalement dans le milieu extérieur, les écuries malpropres où séjourne le fumier, sur les animaux mal pansés. Il arrive au contact de la plaie, y pénètre, s’y développe. |

Pour LAUTANIÉ, au contraire, le parasite est introduit à l’état d’œuf dans le tube digestif. Il sort de l'œuf sous forme de larve, laquelle pénètre à travers la muqueuse dans les capillaires intestinaux, puis dans le torrent circulatoire, pour s'arrêter sous l'influence d’une cause indéterminée, en un point des capillaires de la peau.

RAILLET se rallie à cette hypothèse de LAULANIÉ

manne

qui compte d’ailleurs le plus grand nombre de suffrages.

Cette idée de l’infection de dedans en dehors est reprise plus tard par HUGUIER pour qui & les œufs de la Fülaria Trritans, ingérés avec les fourrages sur lesquels ils sont déposés, éclosent dans l'intestin. Les embryons passent de là dans le torrent circulatoire pour acquérir la forme d’adulte, leur cycle évolutif se terminant dans les lésions cutanées ou viscérales. Il admet en plus que suivant le point où elles s’arrêtent, les filaires déterminent des lésions granuleuses du même type, ou bien viscérales, ou bien cutanées,

Ces hypothèses non vérifiées, ce parasite rare et inclus dans des granulations d’où il est difficile de l’extraire pour le mettre en évidence, ne suffisent pas pour expliquer le caractère saisonnier de la filariose cutanée estivale.

En 1888, LAULANIÉ, écrit :

« Les recherches ne sont pas assez nombreuses pour affirmer que toutes les plaies que l’on appelle granuleuses ou plaies d’été sont dues à ce nématode.

Cependant la découverte de cet élément rend parfaitement compte de la physionomie de l'affection. »

Outre l’action du parasite, on attribue encore une

influence prépondérante aux chaleurs d'été,

Au point de vue anatomo pathologique, LAULANIÉ distingue dans les plaies d'été (les granulations spéciales et la néoplasie qui les englobe ». Selon lui cette néoplasie est l'expression d’un processus in-. flammatoire qui paraît dépendre de l'époque de l’année où se fait l’exatmen. En hiver, le derme très épaissi est en quelque sorte sclérosé. En été, les altérations ont un caractère subaigu; le derme est infiltré par les élémnts embryonnaires, et la périodicité tient à ce que : grâce à la congestion naturelle qui résulte de l’accroissement de la température, les granulations parasitaires placées au centre d’un tissu devenu plus irritable, y développent les premiers sermes d’une inflammation sourde ».

On admet que cette influence des chaleurs de l’été aboutit à la dessication du pus et à la réunion de ses éléments figurés sous forme de concrétions d’abord fibrineuses, puis fibro-calcaires, autour du parasite. Les frottements sont également considérés comme ayant une part très importante dans l’étiologie.

Page 1