LES DOULEURS DE LA VEUVE
Bossuct a dit, dans le premier sermon sur le Vendredi saint : « La douleur a ses eaux amères •qu'elle fait entrer jusqu'au fond de Tâme; elle a ses vagues impétueuses qu'elle pousse avec violence -, elle s'élève par ondes ainsi que la mer, et lorsqu'on la croit apaisée, elle s'irrite souvent avec une nouvelle furie. ^Ainsi la douleur ressemble à la mer et le prophète dit expressément de celle du Fils de Dieu dans la passion : « Magna est sicut mare contrîtio tua. » Telle était la douleur de Marie- Antoinette. Figurez-vous ce qu'elle souflVait dans son corps, dans son ame, cette veuve submergée par le regret, l'indignation, le désespoir, qui, tremblant de froid et de chagrin, grinçait des dents, avait les yeux brûlés, épuisés, consumés par les larmes. Elle s'écriait comme Jérémie : « Voyez, Seigneur, mon affliction. Mon ennemi s'est for-