PREFACE XIII
ment hiérarchisée où chacun avait son rang. Les Juifs avaient leur place dans cette fête, Y fîguraient-ils en parias, en proscrits, en citoyens dont le culte est à peine toléré et qui sont contraints de cacher leur foi ?
Nullement.
Les Juifs sont immatriculés dans les cadres de la Patrie française, La Synagogue marche avec le rabbin à sa tête est celui-ci, loin d'être obligé de dissimuler sa croyance dans cette cérémonie d'un caractère tout reli^ gieux, devant tous ces Chrétiens réunis, porte les rouleaux de la Thora enveloppés dans un voile précieux.,.
Que dit le Pape ? Il adresse, avec une paternelle douceur, un vœu affectueux à ce représentant d'une autre religion : « Que le Dieu tout puissant enlève le voile qui vous cache la vérité : auferat deus omnipotens
VELAMEN A CORDIBUS VESTRIS I
Il est donc absolument faux que les mesures prises contre les Juifs aient jamais été inspirées par des considérations confessionnelles. Peu à peu ils avaient tout monopolisé, tout accaparé; comme nous Vapprend Ri^ gordj Vhistorien de Philippe Auguste, ils avaient conquis la moitié de Paris : fere medietatem totius
CIVITATIS SIBI VINDICAVERUNT.
Les Juifs exaspérèrent les indigènes ; pour me servir d*un mot un peu gaulois de la Satire menippée, <c ils firent caca dans leur panier ».
C^est de la colère de ces spoliés et de ces victimes que naquit V antisémitisme d'alors comme celui d'aujouv^
d'hui.
Il est regrettable que le phonographe n'ait pas été in* venté à cette époque. On entendrait la voix d'un marchand ou d'un travailleur du xii* siècle qui dirait identiquement ce que disent les marchands et les tra-