LA ]\OCE D£ LA. VILLE ET LES FIANÇAILLES DU HAMEAU
A Paris, dans le magnifique hôtel de madame la duchesse de Sommerset , une foule joyeuse inondait tous les salons où brillaient les toilettes les plus somptueuses et les plus jolies femmes. Chaque pièce de Phôtel, dans les appartemens de réception , était décorée de
plusieurs lustres ornés d''une multitude de bougies qui se reflétaient innombrables dans les glaces. Les meubles les plus précieux, les plus élégans, le veloiH-s aux riches reflets, le satin éclatant , les porcelaines de prix , les dorures, les bronzes ciselés, les cristaux remplis de fleurs artificielles , les parfums , enfin tout ce que le luxe le plus ingénieux des temps modernes a pu inventer de recherches , de voluptés , de délicatesses , était réuni dans ce palais , et rassemblait tous ses trophées autour du couple le plus heureux que jamais ait réuni Fhymen.
Accourus sur la foi de la Renommée , pour contempler le fils du chimiste , le charmant , le noble , le riche héros de cette aventure singulière , les nombreux amis de la duchesse et beaucoup d'inconnus î^ffluaient a son hôtel : la rue du faubourg du Roule était encombrée d''équipages plus biillanslesunsque les autres,.
et la foule des valets garnissait le péristyle et la cour.
Dans une des galeries de Thôtel , on avait dressé un festin somptueux : les murs étaient ornés des tableaux des plus fameux maîtres , et les curieux ne pouvaient s''arraclier à la contemplation de cette magnifique collection digne d'un souverain ; plusieurs personnes , moins artistes mais plus gastronomes (ce qui se compense), reposaient leur admiration et leur tête , en abaissant leurs regards sûr l'ordonnance d'une longue table oii brillaient l'argenterie, les flambeaux , les plats , les décorations magiques , les mets les plus recherchés , les dernières productions du luxe, les ciselures , les vases , chefs - d'oeuvre de tous les arts , depuis l'orfèvrerie jusqu'à la pâtisserie : c'était un véritable enchantement.
Dans le salon principal , entre mille beautés,
Jenny de Sommerset, portant le riche costume de la F'ée des Perles , éclipsait les plus belles favorites de la mode et attirait tous les regards: sa distinction , sa parfaite beauté , sa grâce la rendaient en ce moment Tobjet de toutes les pensées ; et de même que tout dans la nature obéit a Pinfluence du soleil , tous les assistans ne semblaient plus vivre que par elle et se mouvaient autour d''elle : elle était le centre d'une multitude de rayons.
Pour le comte Osterwald, il régnait en souverain sur la fée comme sa fée, régnait sur tout le reste. On ne doit pas appeler vivre ce qui se passait en ce moment dans son être : toutes les femmes Tadmiraient , et il n'est personne qui ne convînt que ce sentiment était juste , car Abel , au milieu des élégans qui Tentouraient, se faisait remarquer par sa grâce naturelle , et l'emportait surtout par l'expression divine de son visage. Une candeur
d'ange, qui n'était pas sans un mélange de fierté , un regard humide et pénétrant , une chevelure flottant en boucles arrondies et noires comme du jais, des formes pures, une taille élancée et Fair de force , la grâce mâle cpii résultait de cet accord de perfection, faisaient de lui la réalisation de cette magnifique , statue grecque sur laquelle on a rassemblé toutes les beautés humaines pour composer un ensemble divin.
Abel se trouvait transplanté du sein de la vie ignorante d''un solitaire et d''un sauvage , au faîte de la civilisation, au milieu de tout ce que la société offre de plus séduisant ; il y était accompagné de celle qu"'il aimait, et jouissait de la volupté surhumaine de la voir la reine de ce cercle : il sentait que tout le monde lui enviait son bonheur, et ses idées avaient pris assez d''extension pour qu'il s''aperçût, qu'en ce moment, il était le seid être,
par cinquante millions d'^horomes , qui put posséder un bonheur auquel toute la création semblait concourir.
En effet, bientôt la musique la plus harmonieuse donna le signal de cette fête, et Abel se sentit plongé dans un nuage de voluptés si multipliées que son âme n''avait plus de forces pour penser : il parcourait des yeux cette profusion de richesse , et les rapportait toujours vers sa chère petite fée qui Tenivrait des regards les plus animés^, les plus amoureux, les plus doux. Tout leur souriait , Tunivers entier se courbait sous leur amour. Jamais conte de fée ne lui avait donné Pimage d''une semblable fête : enfin , il n''avait pas assez de sens et de facultés pour jouir et pour sentir. Comment aurait-il donc pensé a Catherine?...
Catherine , la pauvre enfant ! son nom nous rappelle au village. On connaît le modeste asile du père Grandvani : cette cuisine si propre est
«ncombrée , et Françoise suffit à peine à gouverner les fourneaux. La chambre du maire a été débarrassée des meubles qui la garnissaient : sur la table qu''occupait autrefois Touvrage de Catherine , on a établi la modeste vaisselle de faïence blanche du maire . Quelques tasses de porcelaine blanche, des fruits mal servis, une argenterie peu nombreuse , mais une gaîté franche sur tous les visages , tels sont les ornemens du festin (]ui se prépare.
Le maréchal-des-logis des cuirassiers de la garde est la : son habit d'uniforme bien brossé est relevé par Péclat de sa grosse croix , large comme un petit écu ; il retrousse sa moustache et rêve aussi profondément qu''il lui est possi^ ble en regardant Catherine. La pauvre fille est debout devant la modeste cheminée : Juliette achève la toilette de la mariée, en lui attachant le bouquet virginal et emblématique. Catherine est fort pâle ; elle ouvre de grands yeux
sans voir, ses lèvres sans couleur s'entrouvrent douloureusement, et un soufâe pénible sVchappe d''entre ses dents blanches. La parure qu''elle a revêtue est celle qu''Abel lui a donnée. Catherine veut mettre un de ses gants, elle ne peut y parvenir ; trois fois sa main a passé à côté de Touverture du gant blanc : elle regarde lamentablement Juliette , qui laisse échapper une larme ; car, pour Catherine , elle a les yeux secs. On ne pleure que lorsque les larmes doivent soulager.
Le père Grandvani, qui vient pour admirer sa fille , Texamine plus attentivement, et une terreur profonde s''empare de lui; il n'ose parler, il ne peut que regarder sa chère fille. Bontemps lui-même partage pour la première fois de sa vie les craintes instinctives de son futur beau-père; il cherche dans sa tête ce qui peut être arrivé a sa fiancée; il tremble même que Catherine ne veuille pas être sa
femme , et il a déjà sur les lèvres ces mots de consolation banale qui vdnt à toutes les soufiFranccs , enfin , il à un instant Fidée de dire à Catherine qu''il ne sera pour elle qu\m second père. Mais s'apercevant de Tinquiétude du maire , il tâche d*'abord de consoler celui-ci , commençant ainsi par le plus facile . Il se rassure bientôt lui-même à ses propres raisons, et met de bonne foi la souffrance de Catherine sur le compte de la pudeur naturelle à une jeune fille. Le pauvre Grandvani, avec cette bonté que Ton ne rencontre qu'au village , attira sa fille dans un coin , et lui fit observer tout bas qu'il ne s'agissait encore que des fiançailles , et qu'elle avait le temps de réfléchir. Alors Catherine , saisissant son père , lui passa ses bras autour du cou , et dans une étreinte pleine de force et de reconnaissance , déposa sur lé front du vieillard un baiser filial qui en disait plus que tous les remercîmens.
Le pauvre père la bénitpar un sourire.
On alla en silence à Fëglise. Tout cela fut comme un songe pour Catherine : elle s'agenouilla machinalement et donna sa main au prêtre d''un air distrait. Le curé trouva cette main froide, regarda Catherine , et secoua la tète involontairement. Cette touchante cérëmonie/que Ton a mal fait d** abolir en ce quMle laissait encore un intervalle entre Punion de rame et celle que consacre le mariage, fut marquée par une prophétie alarmante. Les fiancés revenaient vers la maison de Catherine, ils étaient accompagnés de violons et d''une troupe joyeuse ; chaque paysan avait a sa boutonnière un nœud de rubans, car tout le village adorait Catherine : cette dernière, pâle , triste , contrastait singulièrement avec la joie qui Pentourait , on eût ditqu''on célébrait une funèbre fête et que Catherine représentait une ombre.
Une yicille femme , assise sous un crme touffu, vit passer ce cortège : elle jeta un regard sinistre sur la fiancée , et dit tout bas à une autre vieille qui était à côté d'elle : — L'accOrdée mourra avant que le mariage soit accompli...
La chambre de Grandvani reçut les conviés. Juliette et Catherine montèrent ensemble par Tescalier antique et entrèrent dans la chambre virginale de Catherine. Cette pièce était tenue avec une propreté extrême : en y entrant , on devinait , que Tétre charmant qui habitait ce lieu simple décoré de blanche percale et de meubles modestes, était un ange de pureté et de grâces : tout y reluisait de fraîcheur, on y respirait Pair du ciel ; un esprit d'ordre et de sagesse régnait en ce lieu et répétait que la jeune vierge était l'innocence même, et que ses pensées d'amour, naïves et enfantines, n'a-
valent jamais fait naître en son sein que de
chastes souhaits.
— Juliette, dit-elle, j'aime Dieu, maispres-
f[ue autant A.bel. . . Il ne faut tromper personne
ici-bas : je ne puis vivre avec Jacques , et la vie n^est rien sans le charme d''un amour partagé. . . Je vais donc partir, ne me dis rien , ne cherche pas a me détournerde mon dessein , il est inébranlable. Je préfère un coup de poignard à mille coups d''épingles pendant ma vie... Je n''ai que lui dans mon cœur, tu le sais... Ce n^est pas parce que sa figm^e est belle, car il eût été laid que j''aurais été encore plus contente d''un regard ! il est heureux maintenant, lui !.. . Demain lu lui écriras ! tu lui diras que Catherine est morte. Me plaindra-t-il ? croistu? Oh ! il ne peut encore m''avoir oubliée, car enfin je suis la première personne qu''il ait vue. Eh bien, que j''aie la consolation d''étre .pleuréte de lui , que je sache qu''il m'a pleurée,
que je le voie une fois encore, et puis je ne demande plus rien à la vie. Je mourrai, mais je penserai à lui Ta-haut, je veillerai a ce que rien ne manque à son bonheur.
Juliette pleurait.
— Tu pleures, ma soeur chérie? cesse, ne me plains pas. Il me disait qu''il y a des esprits divinset invisibles qui se révèlent dans la fraîcheur de la rosée, dans les parfums des fleurs, la brise du matin, dans les célestes lueurs, et qui enfin voltigent sans cesse autour de- nous. Je serai ainsi , et je me tiendrai toujours près de lui . Adieu , Juliette . '
— Ah ! laisse-moi espérer que tu guériras et que tu reviendras], dit Pépouse d"* Antoine.
— Oui, reprit Catherine, espère, car j''espère moi-même : tout n''est pas terminé peutêtre...
Elles se séparèrent en pleurant, et Catherine, se jetant dans les bras de son amie, lui
donna un tendre baiser d'espoir ou d''adieu. Tout avait été préparé d''avance par Catherine et son amie , de manière a ce qu'il ne restât aucune trace de la disparition de Catherine.
Juliette descendit ; elle trouva les convives autour de la table ; elle prit sa place au milieu d'eux : on était déjà tout joyeux ; on commençait à parler autant qu'on mangeait ; on songeait à la d§nse qui devait suivre. Mais Jacques Bontemps et Grandvani s'inquiétèrent de ce que Catherine ne descendait point ; les conviés se regardèrent en silence , et Juliette se dit : Voilà le moment.
Cependant on s'efforça de rire et de manger pendant quelques minutes encore ; mais l'intrépide cuirassier sentait son cœur défaillir; et le père, en versant du vin à ses hôtes, tremblait si fort qu'il en répandait sur la table : à
la fin il demanda sa fille; on la chercha partout, on ne put la trouver!
Un silence lugubre s''empara de cette maison pre'pareepour une réjouissance, etonn''entendit plus que le balancier de Thorloge qui mesurait ,des instans d''angoisse et de terreur. Juliette, qui avait promis le secret, tâchait de paraître étonnée comme les autres; pour inquiété, elle Fêtai t avecplus de raison que personne . Les con vies quittèrent la maison.Grandvani,Bontemps et Julietterestèrent seuls, ne sachant que faire, que penser, et ne se communiquant leurs sombres conjectures que par de mornes regards. Grandvani regardait toujours la porte , et quand Françoise Touvrait il tressaillait , mais c''était a chaque fois un redoublement de tristesse, car sa fille ne devait point reparaître. Le village entier était plongé dans la stupeur. Cependant, abandonnons comme Catherine le village et retournons à Paris, où les fêtes du
mariage d''Abel se terminaient d'une façon moins brusque et plus gaie. Vers le matin , quand les teintes indécises de la première aurore commencèrent à blanchir les faîtes des brillans hôtels du faubourg du Roule, la mariée, et les personnages invités a la fête somptueuse de la duchesse de Sommerset commen- «èrent à descendre de Tapogée deTenivrement. La coquetterie, la musique, la danse , toutes puissantes que soient leurs excitations, ne sauraient prolonger un bal que jusqu''au matin ; d''ailleurs , comme tout est renversé dans les habitudes du monde civilisé, il est naturel que le jour fasse songer à la retraite et au sommeil. Les convives , quittant le bal , s''étaient donc rassemblés en de nouvelles salles autour d'un repas somptueux.
La chaleur excessive avait fait ouvrir quelques fenêtres de Thôtel. Au moment oîi Ton vint avertir madame la duchesse que Ton avait
servi , Abel respirait Tair frais qui accompagnait le faible crépuscule de la nuit.
— Viens donc, cher ami! lui dit sa fiancée, qui , voyant qu''il ne quittait pas le balcon , s'appuya légèrement sur son épaule en le tirant doucement.
— Ne vois-tu rien Fa , en bas ? lui répondit Abel.
Elle avança la tète , et ils aperçurent ensemble une forme blanchâtre , que la demiobscurité du matin et la lumière vacillante par les lanternes, ne lai'ssaient voir que d'une manière confuse. Bientôt ils virent cette forme se mouvoir et se rapprocher assez pour qu'ils pussent voir que c'était une femme , mais non distinguer ses traits. Elle allait et venait, elle se haussait sur la pointe du pied , puis elle
s'arrêtait comme si elle eût voulu entrer
Tout-a-coup elle examina la croisée oîi se penchaient les deux amans , et sembla s'anéantir
dans la conlemplation des deux cliarmans êtres dont la lumière du salon semblait caresser les contours en les rendant saisissables à la vue. Abel rassembla ses souvenirs; il crut., c ne fut pas sur que ce fût Catherine... cependant c''était bien quelque chose qui lui ressemblât : il pensa reconnaître la toilette de la noce de Juliette... Il hésitait... Sa charmante fiancée , sous prétexte qu''on attendait , Tentraîna. Alors quand il quitta la fenêtre , des accens de douleur, des paroles prononcées d''une voix entrecoupée, mais pleine de charme, arrivèrent a. son oreille. Il s*'arrêta et crut entendre cette femme faire des voeux pour son bonheur et se réjouir. 11 regarda de nouveau dans la rue, et vit bien réellement cette femme agenouillée , élever les bras vers lui , puis disparaître en lui disant adieu avec un accent d''une tristesse impossible à rendre.
L'entraînement de la fête, la joie du repas
nuptial, les enchantemens de cette galerie miraculeuse , la présence d'une foule qui le félicitait sans cesse de ses regards et de ses paroles eflFacèrent promptement la pénible impression qu''Abel avait ressentie de cet étrange incident. Il crut bientôt avoir rêvé. Catherine ne pouvait être qu''au village.
Les derniers éclats de la joie retentissaient encore dans les salons, mais Abel et la fée des Perles s''étaient déjà retirés... Abel, perdu dans un torrent de délices, ne pouvait pas 's''inquiéter si ailleurs on mourait, on vivait, on était heureux ou malheureux, s''il n''était pas la cause , innocente à la vérité, de la peine qui dévorait des êtres sensibles : on venait de prodiguer une somme immense; elle venait de s''évanouir en jouissances d''orgueil, fumée légère !... en vins, en mets, en bons mots, causes d''indigestions et de brouilles... Mais , si Ton pensait à cela, on ne prendrait aucun plaisir dans le
monde, on pleurerait toujours!... Vive la joie! nargue le ehagrin !
Le jour de ses fiançailles, Jacques Bontemps passa la nuit à courir le village : il avait la mort dans rame et offrait de donner sa perception pour une seule nouvelle de Catherine. Personne ne Pavait vue. Grandvani aurait donné ses richesses pour une seule boucle des cheveux de sa chère Catherine, son seul enfant, sa joie et son bonheur. Il voyait sa maison vide, il ne devait plus voir sa jolie Catherine, si gentille, si aimable, si bonne!... cette nuit-la devait assombrir sa vie toute entière.
Le lendemain de son mariage, Abel, ivre de joie et de bonheur, au comble des jouis-
sances humaines, devait aller se promener aux Clïamps-Élysëes. La duchesse avait le dessein de lui faire pai'courir Paris et de l'initier à tous les mystères de la civilisation. Ils étaient prêts a partir et se donnaient auparavant encore un baiser. Leurs mains étaient confondues ; ils se pressaient avec amom% et une calèche attelée de six chevaux les attendait dans la cour de rhôtel.
A. ce moment , la femme de chambre de la duchesse entra et remita Abel une lettre qu''on venait d'apporter pour lui. Cette lettre cachetée de noir et grossièrement pliée, rappela tout d'abord à Abel le souvenir de Catherine , et lui sembla avoir quelque rapport avec cette femme qu'il avait aperçue le matin des fenêtres de l'hôtel. Il l'ouvrit donc en tremblant, son émotion augmentait à mesure qu'il la lisait , et quand il eut fini il se laissa tomber sur une chaise et pleura abondamment.
La duchesse s''empressa de le questionner, mais il ne put répondre qu''en lui donnant la lettre que nous transcrivons ici.
c( Monsieur ,
« Je sais combien vous serez désolé de ce (( que je vais vous apprendre. Je vous aurais «i peut-être épargné ce chagrin si je n''étais (c liée par une promesse que je ne puis violer. « Sachez donc que notre chère Catherine n''est « plus. Elle est morte hier en prononçant votre « nom. Elle n''a pu vivre sans vous voir. 'Un « peu avant elle m'a appelée pour me faire pro- (( mettre de vous écrire , et aussi de Tenterrer a avec tout ce que vous lui avez donné. Je (( vous ai envoyé une boucle de ses cheveux. et Je suis sûre que vous garderez ce triste soucc venir, car vous êtes bon, et vous ne pouvez u vous empêcher d''aimer un peu celle qui
« vous aimait tant! Cest Dieu qui a voulu lout <■<■ cela. Prions-le ensemble pour noire pauvre u amie. Adieu, monsieur, soyez heureux, c''est u le dernier vœu de Catherine.
« Juliette , femme d*" Antoine . )i
La duchesse avait Tàme trop tendre et trop élevée pour ne pas plaindre cette malheureuse enfant morte d''amour, et pour être jalouse des larmes que son mari lui donnait. Elle pleura donc avec Abel, sachant d''ailleurs que c''est la seule consolation raisonnable.