TOM. I
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moi dans la contrée où se trouve Farucknaz , où le Roc déploie ses ailes , où s'élèvent les mille colonnes d'or des châteaux des fées.
i( Ali ! bientôt, dit-il à Galiban qui l'écoutait sans comprendre, bientôt !..
demain peut-être, je fouillerai la cheminée , et nous irons autre part: car les princes, dans mes contes, vont par le monde , et c'est ainsi qu'il rencontrent des fées, déguisées en mendiantes, en vieilles femmes j mais, ajouta-t-il , comment abandonner le champ où repose ma mère ?.... et Gatlierine , et toi , Galiban , qui ne peux plus marcher. »
Galiban lui baisa la main.
— « Je voudrais aimer !.... s'écria Abel , je sens là, ( et il montrait son
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( œur ) quelque chose qui a besoin d'un être autre que moi : mes fleurs, ma chaumière , mes plantes, ne me sulFisent plusl... je suis seul!... ô fée des amours!... bonne fée qui avez si bien servi le Prince lutin , venez à mon secours ! »
il rentra, se coucha tristement sur son lit, dans le laboratoire , et ne tarda pas à dormir du plus profond sommeil, ainsi que Galiban qui habitait une chambre loin de la sienne.
Il était environ minuit : le plus profond silence régnait dans la nature entière, et n'était troublé que par le vent frais de la nuit, qui balançait mollement les branches des arbres ; quelques chouettes criaient dans le
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lointain : la lune était cachée par de gros nuages , et laissait dominer une profonde obscurité. Abel rêvait qu'une fée allait paraître, il entendait dans son révèles accords enchanteurs d'une musique toute aérienne , et au milieu des sons, il écoutait avec ce ravissement pur d'une ame dégagée du corps, la voix argentine de la fée qui s'élançait brillante et claire , du sein d'un nuage de mélodie , de lumière , et de rosée bleuâtre comme le lointain de la mer. Il s'éveille en sursaut^ la douce musique du rêve continue.... bientôt elle cessa... Quel spectacle !
Pour en donner une juste idée , il faudrait dépeindre par des paroles le tableau d'Endymion : montrer A bel ,
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tout aussi beau que le berger aimé de Diane, couché dans cette attitude si gracieuse^ et coloré, comme lui, par ]a lueur amoureuse qui annonce la déesse j mais ici, dans le laboratoire , la déesse était arrivée! Abel stupéfait a vu sortir de sa cheminée , l'objet de ses rêves, une fée , mais la plus jolie
des fées , la fée des amours !
Elle est suspendue dans les airs au milieu d'un nuage de lumière blanche comme celle d'une étoile, et douce comme le jour qui passe à travers la mousseline qu'a tissue la jeune indienne j celle lumière est produite par une lampe de bronze , que la fée a laissée dans la cheminée, et qu'alors Abel ne peut plus voir. Cette lampe
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(l'une forme antique , jette un éclat qui semble un rayon céleste et qui illumine le laboratoire. Abel croit encore rêver, il s'abandonne, le col tendu , comme un mortel qui voit le paradis pour la première fois , au délice de contempler celle dont il vient d'entendre la voix miraculeuse.
Le chant et la musique ont cessé...
Du sein de son trône de lumière , la fée semble insulter la terre qu'elle dédaigne de toucher de ses pieds de neige. Elle est habillée tout en blanc avec une étoffe blanche tellement éblouissante , que l'image qn'Abel se traçait des vétemens d'une fée, est surpassée. Elle avait les cheveux noirs comme du jais , et ils étaient parsc-
Miésde perles dont la blancheur charmante, plus douce que celle du diamant, faisait ressembler sa tête, à une touffe de verdure chargée de mille gouttes de rosée.
Une ceinture de perles entourait une taille svelte, légère et voluptueuse: un collier de perles à quinze rangs ne fut distingué qu'avec peine par Abel, parce qu'il semblait se confondre avec la peau de la fée , tant elle était blanche j à ses bras polis, déHcats et satinés , brillaient des bracelets de perles; et sa robe était brodée de perles. Elle tenait une baguette de nacre de perle ; et, du sommet de sa tête , pendait , par derrière , un voile si léger, qu'il semblait tissu de vent par
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les zephirs eux-mêmes: ce voile,d'unc blancheur de lait, formait en se jouant, une espèce de nuage au sein duquel elle se serait assise.
Cette fille de l'air était petite, mignonne , vive , le'gère , mais rien ne pouvait donner l'idée de son visage, le plus bel effort de la nature. Il renfermait tous les caractères : la bonté , alliée à la fierté douce , la grandeur , l'attrait, l'amour, la grâce, et ce charme indéfinissable qui résulte de l'envie de plaire. Ses yeux vifs, pleins d'un feu humide , avaient ce cercle noir qui en double l'éclat , et ils avaient de plus cette étonnante expression de volupté presqu 'aérienne et vaporeuse que donne une large ,
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lon^aïc et belle paupière à longs cils, lorsqu'elle s'avance sur le milieu de l'œil et qu'elle semble cacher lu pupille où vit tout le feu brûlant de l'amour : son nez fin respirait l'enjouemeut ; sur sa joue eu fleur, resplendissait l'éclat d'une pomme brillante , et sa bouche souriait comme une rose qui s'ouvre , en laissant voir (les dents rivales des perles de sa toilette. Son divin sourire annonçait une pensée pure et fraîche conmie son haleine , et la pose elef^ante de son col qui s'élevait du milieu de la courbe gracieuse de ses épaules comme une colonne de lait, indiquait qu'elle avait étudié la majesté dans les cieux. Son sein harmonieux, tout voilé qu'il était ToM. I. i3
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par iiuf ^aze aérienne, fut de'voré par l'oeil c/ui j'/né iVAhcl qui, dans le silence de la nuit, put entendre le muiniure de ces içlobes d'ivoire.
Noir tout cela, fut l'affaire il'une minute; il semblait craindre (jue son souille ne lit envoler cette apparition divine , et il n'osait regarder la fée , dont les yeux lui parurent deux étoiles du ciel. La iée se complaisait à jouir de i'étonnenient d'Abel , et son regurù était celui d'une admiration curieuse. Elle baissa et leva ses yeux tour à tour, jusqu'à ce qu'enfin Abel, • ritendant la respiration de la tée, ne douta plus de la réalité de cette l>rdlaiite < réature;il se prosterna, et, levant son visa^je an^élique,il lui dit
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avec ontliousiasme et avec la voix de l'adoration :
— <( Tu es sans doute la fée des Perles^.. »
Elle sourit et baissa la tetc en signe d'approbation : ce doux mouvement, taisant briller un ^aos diamant qui se trouvait au milieu de son Iront pui-, Abel crut que le nuage de lumière tremblait par secousses , et en décrivant des cercles multipUës comme lorsque l'on jette un caillou dans une eau limpide.
— (( Belle iée des Perles ^ conlinuat-il avec une ingénuité cliarmante, vous avez donc entendu ma voix ?....
Prenez avec vos mains d'amour, prenez les rênes de ma vie ! présidez à
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mes sentimcns , je me dédie à vous!., si toiitefois j'en suis digne, mais l'offraude d'un cœur pur est^ je crois, ce qu'il y a de plus J)eau sur la terre. Ah ! veiie/, ([iiel(|uefois dans ma cliaiimipre , je vous chercherai les larmes du repentir , si c'est votre lîniploi de les recueillir : je vous élèverai des tGm[)les , des autels, je vivrai pour
vous , je mais parlez , je tremhle
que vous ne soyez que la fille d'un rèvc. »
Uaphaël nous a représenté des anges , des séraphins , ai^^enouillés devant TEtcrnel . (;t il a rassemblé la perfection humaine dans une posture qui, malgré son humilité , brille de grâces leurs visages resplendissent et
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sriiibleiit jeter un reflet sur la terre (|u'ils eouvrent des milliers de boudes de leurs chevelures d'or: tel était Aboi en prière devant sa fée. Elle l'admirait^ et un moment son teint de lys devint plus blanc et sa rougeur plus Mve , ses yeux brillèrent, et un air magique erra sur sa figure radieuse.
Quand Abel eut fini sa prière , elle agita doucement sa tète, et prononça ces mots :
— « Aboi, je verrai si tu seras digne de ce que tu demandes : pendant quelque temps, je viendrai me glisser dans ta chaumière, comme le rayon de lune qui répand une lueur argentée et brille au milieu des nuits!
si tu le mérites, je serai ton amie, ton
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étoile , et...» Elle s'arrêta , comme si elle eût craint de faire une trop grande promesse.
En entendant cette voix d'ange (jui se glissa dans son oreille comme les derniers sons d'une harpe, et qui en avait la douceur, l'harmonie et la grâce , Abel resta stupide : cet organe frappait droit à son cœur, il l'écoutait de l'ame : car il paraissait sortir de celle de la fëe. La douce musique qui avait préce'dé cette apparition, n'était pas plus suave que ce doux accord.
— « Ah ! s'écria-t-il , quand transporté sur un nuage , j'entendrais les divins accens des harpes d'or dont Catherine m'a dit que les chérubins
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jouaient devant son Dieu , je n'aurais pas autant de plaisir que m'en donne
une syllabe prononcée par vous l
L'oiseau qui chante avant de mourir, le rossignol , le looda d'or , et le baiser d'une mère ne sont pas plus doux.
O fée des Perles , n'êtes-vous pas la reine de toutes les fées, comme la perle est la reine de l'Océan ? »
La fée lui sourit , et l'enivra par ce sourire : m Si j'étais éternel, s'écria-til avec force , un sourire pareil tous les mille ans, et je serais heureux !.... Demandez-moi ma tête, qu'un bourreau et sa hache soient là, mais souriez-moi encore?.. et je meurs content:
votre sourire me sourira jusques dans la nuit de la tombe j j'aimerai mieux
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la mort avec ce souvenir, que la vie
sans vous!.... »
— « Abel , adieu , dit-elle d'une voix tendre : » Abel se prosterna , et quand il releva sa tête, l'obscurité la plus complète régnait : la fée avait disparu conmie elle était venue , et le jeune homme eut beau se forcer la vue pour distinguer la place qu'elle avait occupée , il ne vit, pour nous servir de l'admirable expression de Milton :
Une vit que les ténèbres y et n'écouta que le silence. Cependant il distingua dans le lointain , un bruit sourd comme celui du tonnerre ; et , dans son réveil d'étonnement, il courut hors de la chaumière j il gravit la colline , et vers la foret il aperçut un char lu-
mineux emporté avec la rapidité d'un nuage des tempêtes. Il rentra, et jusf£u'au jour il ne put dormir, il voyait toujours la fée des Perles, et son nuage de lumière : il entendait cette douce voix et se précipitait comme pour saisir le pied lumineux qu'il avait vu briller dans un cothurne d'une étojflfe argentée- il se frottait par fois les yeux , mais il ne pouvait douter.
Au jour, il eut la preuve de l'apparition céleste : le tabouret de sa mère était devant la cheminée, et il y avait dessus quelques perles détachées de la robe de la fée. Il voulut visiter la cheminée : il trouva à ses pieds les débris d'un énorme bocal que son père avait placé sur le manteau de la
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cheminée, et sur l'étiquette du(|U('l Abel se souvint d'avoir toujours lu le premier mot , Esprit.
— « C'est cela , se dit-il , mou père tenait là la fée enfermée, et son lemj^s a fini cette nuit. »
Enfin , il entra dans la cheminée , et il aperçut que dans l'un des côtés , son père, lorsqu'il l'agrandit avec Calibaii , y avait laissé uu petit escalier pratiqué dans le roc, et sur quelques marches il vit encore des perles.
Alors il courut réveiller Caliban , <"t lui raconta la venue de hi léc. Le vieux Calibau se réjouit, et lors- (jue son jeune maitre eut lini , d liu dit: — « Abel, je deviens vieux et j(^ mourrai Ijientot: il faut demander à ta
TA DKRNIÈRE FÉE. i 5g
fée , pour t'eviter la peine de cultiver le jardin , de moudre le bled et de semer les legunies , de le faire l'aire par des lutins. »
— « Si ellepoiivaitte l'aire vivre toujours, dit Abel , mais les f'ees n'en ont pas le pouvoir. » Cependant ce point étant douteux, il se promit de revoir le Cal^inet des Fées , et de chercher des exemples. Alors Galiban se réjouit espérant qu'à quelque page oubliée , Abel trouverait un brevet d'éternité pour eux.
Abel sortit, et le premier objet qui frappa ses regards fut, à une centaine de pas de la chaumière, une masse blanchâtre qu'il n'avait pas coutume d'y voir. Il se souvenait bien
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qu'à cette même place, il existait quelque chose auparavant j mais ce ne fut qu'après une grande heure de méditation qu'il se rappela que c'était l'énorme buisson qui lui avait cache Catherine j la première fois qu'elle s'aventura sur la colline. Il y courut ; il vit que le buisson avait été brûlé , pour découvrir une énorme pierre autour de laquelle il croissait et qu'il dérobait à tous les regards. Cette pierre était carrée , et il aperçut des caractères bizarres, tracés sur la table qui recouvrait cet espèce de monument rustique. Au bas de ce bloc carré, se trouvait une dalle extraordinairement large et vaste, ensevelie depuis longues années sous le terrain :
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uii avait béclié la terre , et celte dalle ])lunche au milieu de laquelle se trouvait un gros anneau de fer, était alors dégagée de tout ce qui l'avait cachée depuis si longtemps , puisque le buisson avait pu y croître. Ce travail assez considérable eut lieu sans qu'Abel eût pu l'entendre, et cette réflexion lui fit penser que c'était un tour de la jolie fée des Perles, et que ce monument et ses caractères hiéroglyphiques signifiaient des choses bien importantes. Il se coucha par terre, l'oreille sur la dalle, et il entendit un bruit sourd qu'il prit pour celui de quelques lutins, mais qui , réellement , était produit par la même cause qui lait bruire l'onde de la mer dans les coquillages
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que Icï' tnlans approchent, à leur
oreille.
11 .<;e rnlf-va cl clicicha uii sens aux caracteifs , niaiS vr lut nue chose irnpo.«;.sible ; cru U.s elaient Iroj) biz;arre.s, quoiqu'Ahel v pûl rlishnguer qnel- ([ues chinircs tjlFacjes par la main du t<'rjip.';.
II regardait eiu(U"e ce .«^jugulici mniiiiuieul, lorsqu'il eiileiidil un pas lefc;ei couMue celui (riiii raiilônie , il avança la tc-leel crul (pie cclaitla l'ee; d a[ierçut Catherine rjui, maigre son chagrin , vint gaîinent à sa rencontre. Ahel , ne put cacher un inouvcmcnl de (lepil en vovant qu'il se trompait : ce j^esle ne ()onvait échapper n Tceil de CatheriiK^
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— Qn'avez-vous ? lui dil-ellr fu tiemblaiit coiiiiiit; \U\e tciiille cl'Jiivrr.
— Jf croyais, iM'poiidit-il avrcuii doux sourire, (jui pour \c moment rassura la pauvre Caflurinc, je croyais que celait, la fée
— (^)uelle fl'c ? dit-elle avec surprise !
— La fee des Perles^ repli([ua A})cl avee des yeux brillans d'amour , oh !
(]uV]le est belle !.. Catlierine, eli bien ! (|u'as-lu ,t II d(.'lourn(.'s les ve'ux.\...
— Oui, dit-elle d'une, voix eloullee, |e ne saurais voir les v(')tres lorsqu'ils ont cette expression.... cl t|irelle riV.>t [)as puur moi , pensa-t-clle ?
— Qu'as-tu , ma petit»; (jaLberine
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dit-il avec un doux accent? tu pleuieS;
Î.U souffres donc ?...
— OJj oui, je souffre ! » et Catherine «Janglottait ;elle se retourne et le voit pleurer : (< tu pleures aussi , » repritelle, et ;!ur le champ ses larmes parurent se sécher.
— Puis-je voir ta peine , sans en éprouver? repondit Abel, n'es-tu pas ma sœur.? puisque tu es le seul être qui m'ait souri le premier sans être mon père , ma mère , ni Caliban »
— Eh bien, dit Catherine, en cachant son désespoir , quelle est cette fée?....
Alors Abel, avec tout le léu du jeune %e , avec tout le feu de l'amour, lui fit une description animée et bril-
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lante de la vision céleste qu'il avait eue la nuit : à chaque instant , les phrases les plus énergiques des hommes que le frottement de la civilisation n*a pas encore altérés, et qui restent dans leur neuf , arrivaient sur ses lè\Tes enflammées , et n'instruisirent que trop la malheureuse Catherine , qui écoutait encore , avec plaisir, cet arrêt de mort , comme un criminel repentant qui se fait un besoin de son supphce.
— Enfin, dit Abel en finissant, et en montrant les cieux , ce n'est que par delà cette écharpe diaprée que naissent et vivent des fleurs aussi brillantes : elles viennent du parterre des jardins de ton Dieu , que j'aime encore
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plus, dopais qu'il a permis que je visse ces roses qui ont habité près de son fmne, et qui en rapportent une rose'e de lumière, de parfums , et de charmes dont la nature d'ici-bas n'a pas d'exenq)le. Oui , Catherine , la blancheur d'un lys vierj,'e , les mille couleurs des oiseaux de l'Orientale doux chant des cygncs^l'odeur de l'ambre ,
le visai,'e des houris de Mahomet
rassemble toutes les forces de la nature? et ce chef-d'œuvre sera au-dessous
dVlle
— Vous l'aimerez?... dit Catherine en tressaillant et épiant sa réponse.
— Je n'oserais , de peur que mon amour ne ternit sa pureté !....
— Mais si elle est belle, reprit
Catherine, et qu'elle ne vous aime point ?
— Tu me soulèves trop de pensées !
dit-il en se frappant le cœur , j'en ai trop la , elles m'ctouffent!
— ^ ous l'aimerez et elle vous aimera , dit alors Catherine en fondant eu larmes; car une femme qui vous aura vu, ne pourra jamais oublier la douceur de votre visage. » Ayant dit, Catherine s'enfuit à travers les ronces en pleurant toujours.... mais elle s'arrêta, revint précipitamment; et ,s'asi>eyant près de lui, sur la grosse picric. elle lui dit : « Abel, s ;is heureux, et je serai heureuse » Elle disparut.
Le jeune homme pensif la suivit des yeux. Pendant quelque temps, il
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ne pensa plus à la fée des Perles , et il commença à rappeler en lui tous les discours , les regards , l'accent même de Catherine , mais vaguement et par un sentiment confus qu'il ne pouvait expliquer.
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