‹ La dernière fée ou, La nouvelle lampe merveilleuseChapitre 20 sur 27 · CHAPITRE XII · texte numérisé non relu

CHAPITRE XII

Abel dans V empire des Fées.

IjE rusé cuirassier ne se possédait pas de joie d'avoir la lampe : il mit dans sa confidence un de ses anciens camarades, et pendant la moitié de la nuit, ils furent avec le talisman comme le savetier de La Fontaine, avec ses cent écus j ils ne savaient où la mettre. Le cuirassier , ignorant les formalités qu'il fallait remplir pour faire comparaître le génie de la Lampe, avait beau frotter et appeler , rien ne venait. Ils furent forcés d'attendre le

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jour, et Jacques Bontems se promit d'apprendre de Catherine , la manière dont on se servait de ce talisman.

Le soldat fut donc voir Catherine ; et , après mille détours, il arriva à lui demander des renseignemens sur le fils du chimiste, et feignant de se refuser à croire à la puissance de la lampe , il fît détailler à Catherine tout ce que l'on faisait pour e'voquer le génie. Alors, à la nuit tombante, le maréchal des logis se rendit à la colline avec son camarade, et après avoir cherché et trouvé la pierre , ils firent comparaître le petit génie qui leur chanta son hymne d'obéissance.

Le cuirassier et le hussard restèrent la bouche béante et en admiration

devant le groupe qui s'offrait à leurs regards :1a beauté' de la jolie fille qui les regardait avec surprise, tout en s'inclinant devant la lampe, leur iit oublier ce qu'ils voulaient,

— Je donnerais encore bien cet outil-là, dit le bussard en montrant la lampe, pour épouser ce petit génie là.

— Que voulez-vous, répe'ta la jolie voix douce ?

— Je veux, reprit le cuirassier , que vous obteniez sur-le-champ pour Jacques Bontemps , ancien maréchal des logis des cuirassiers de la garde , la place de percepteur de la commune

de V , et s'il est possible, la place

de receveur particulier de L pour

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celui qui est le percepteur actuel, car il ne faut blesser les intérêts de personne. »

Le nègre et le génie s' entreregardèrent : l'africain disparut et revint promptement écrire sous la dictée de Jacques , ce qu'il voulait. Quand cela fut fait, le génie s'écria en agitant son écliarpe d'or :

— « Avant que vos yeux aient goûté trois fois le sommeil, que vous ayez respiré six mille fois, que vous ayez vu trois aurores et trois rosées du soir, vous aurez été satisfait, »

« Je vais courir sur les airs , traverser les cieux, et mon maître sera content. »

Une flamme bleuâtre s'échappa de ToM. II. II

dessous leur trône , et ils disparurent en laissant les deux soldats en proie à la plus étrange surprise.

— Jacques, dit le hussard, ce n'est pas bien de n'avoir pensé qu'à toi, ne pouvais-tu pas demander quelque chose pour moi? j'épouserais la sœur d'Antoine si j'avais du bien. La ferme de madame la duchesse de Sommerset est à louer, demande un bail pour moi? le gros Thomas veut en donner quinze mille francs, tâche que la duchesse me la cède à douze mille fr. , j'épouserai la sœur d'Antoine, et je deviendrai riche.

Jacques frotta la lampe , appela le génie qui reparut avec la même soumission.

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— (( Va trouver, lui dit le cuirassier, la duchesse de Sonimerset?

qu'elle loue sa ferme à Jean Leblanc, ancien hussard do lu garde , moyennant douze mille francs, et qu'on apporte le bail à signer au plutôt, avec cinquante bouteilles devin de Champagne que nous boirons en l'honneur de la duchesse, la plus jolie femme du monde j mais je veux de plus , que le procès qui tient tant aux côtes du maire de la commune soit terminé. Allez. »

— Avant que vous ayez acheté ce qu'il faut pour exploiter la ferme Des Granges, vous aurez un bon bail bien signé, » et il disparut.

— C'est un vrai miracle!.... s'c-

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