‹ La dernière fée ou, La nouvelle lampe merveilleuseChapitre 24 sur 27 · TOM, II. K · texte numérisé non relu

TOM, II. K

prit la main, qu'elle laissa prendre et il lui dit : « Catherine, je vais quitter ces lieux , mais toi tu y resteras , alors sois sûre que j'y reviendrai souvent, à moins que tu ne préfères venir

a^ee moi

— \'enir avec toi! y\.])el ! Abel!....

je L'accompagnerai de l'anie, je te suivrai partout !.. Apprends, (il eut ete plus beau de me taire, mais cet effort est au-dessus de mes forces ) apprends donc que je t'aime d'amour, que je n'aimerai que toi , que ta tendresse

fraternelle n'est rien que dis-je,

elle est tout, mais ce n'était pas encore assez -.depuis loni^temps je sèche \ (huis les larmes : je te perds pour toujours et je ne pourrai cependant pas

LA. DERNIÈRE EÉE. 22")

t'oliblicr! Abel, que je suis mallieureusel.... la raison me disait que cela ne pouvait être autrement, mais mon cœur espérait toujours » Les sanglots l'empéclièrent d'acliever...

— Ah ! Catherine^ , s'e'cria Abel , <[ue tu me brises le cœur!.,, que je voudrais te voir heureuse! Que fautil faire pour cela ? On dit que dans le monde, les richesses sont quelque chose pour le bonheur... Tiens, Catherine, tiens!... » et , saisissant une poignée de ^'ros diamans , il la versa sur Catherine.

— Abel!s'ccria-t-elleen pleurant, est-ce digne de toi? rien peut-il consoler un cœur privé de ce qu'il aime!»

Et par un mouvement de mépris et

d'indignation rapide comme la pensée ^ elle se leva ;, jeta parterre les (liamans , et , regardant Abel avec une tendresse admirable et remplie de douleur profonde , elle lui dit :

« Donne-moi , donne un seul baiser d'amour et la tombe même me paraîtra charmante ! embrasse-moi pour me dire adieu, et cette simple^ cette chaste caresse me sera plus que toute la terre, plus que les cieux !.... »

Abel la saisit par sa taille délicate, et déposa sur ses lèvres brûlantes un

tendre baiser Catherine pâlit, et

s'évanouit en disant : « C'est du feu !.. ah ! j'ai vécu ! »

Catherine, pâle et presque morte,

LA DERNIÈRE FÉE. uciri

r'tait dans les bras (rAbcl quand la duchese entra....

— Madame, dit Catherine en reprenant ses sens , puissiez-vous ignorer à jamais ce que me coûtera votre bonheur!.... » Elle regarda Abel, le contempla, l'emporta tout entier dans son cœur et disparut.

Abel resté seul avec la lee^ l'instruisit de tout ce que son père avait fait pour lui, et la duchesse lut au comble de la joie en apprenant qu'Abel était comte et riche à millions :

cette joie venait de ce qu'elle vovait que toutes les convenances se réunissaient, et que ce mariage offrirait moins de prise à la médisance.... Ca-

tlierine aurail-elle eu ce mouvement de joie ?....

La pauvre Catherine rentra chez son père. Là, Jacques Bontems et Grandvani la pressèrent de consentir au mariage , et la jeune fille regardant le cuirassier, fit un effrayant mouvement de tête en signe d'adhésion ... Ce mouvement... je ne puis le comparer qu'à celui d'une tête de * squelette qui se détacherait du corps.

On se regarda en se demandant des i yeux : « Qu'a-t-elle donc?... » La joie disparut , les couleurs de Catherine s'effacèrent , elle devint distraite, elle erra plutôt qu'elle ne marcha. Souvent elle regardait et ne voyait pas.

Cependant , à Paris , l'aventure

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de la duchesse de Sommcrset était dans toutes les bouches. Son niariai^e résohi , les deux fiances n'attendirent pas longtemps : il en lut de niènie au village.

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