‹ La dernière fée ou, La nouvelle lampe merveilleuseChapitre 3 sur 27 · CHAPITRE II · texte numérisé non relu

CHAPITRE II

0 innions du Chimiste.

L<A chaimuèrc dans laquelle vivaient ( c'est la suite de la preuve de leur isolement ) dans laquelle vivaient ces quatre êtres tous laits les uns pour les autres^ mérite une exacte description , car l'on ne saurait trop mettre d{; vérité' dans un conte de fee: c'est bien le moins, si la hase en est fausse, que les détails en soient vrais. Or, l'on apprendra que cette chaumière de bonheur était située à vingt lieues de Paris , dans un de ces vallons où la

nature semble s'être retirée avec tous ses trésors : c'étaient les situations les plus pittoresques, les arbres les plus élé^^ans, les prairies les plus riantes, la fraîcli('ur des ruisseaux limpides, une vigne pendante , un moulin et sa cascade sonore^ et, au milieu du paysage, plus d'une jeune fille chantant sans cadencer le son de sa voix pure : alors, le retour des mêmes sons qui se mariaient aux accens de la flûte pastorale du gardien des troupeaux, ajoutaient aux délices de la nature, le charme de la mélancolie , qui ne vient jamais que de l'homme: enfin, c'était une vallée si riante, si écartée, si loin de toutes les cités , que tous les ministres disgraciés eussent voulu vivre

là pendant les premiers momens de leur chute. Le ministère actuel en trouvera l'adresse à la fin du Conte.

Gomme le chimiste n'offrait aux voleurs que des livres de science, du charbon, des cornues, des petites bouteilles et de l'encre , il avait pu, sans danger, habiter une chaumière assise sur le pencliant d'une jolie colline, d'où l'on apercevait cette vue enchanteresse, et qui e'tait loin du village voisin: le chimiste laissait toujours sa porte ouverte,et ce dernier trait allait admirablement bien avec la simplicité de leurs mœurs. La chaumine e'tait posée de manière que la cheminée se trouvait de niveau avec le plateau de la colhne, au-dessus de laquelle com-

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inençait une immense foret , cUoii le clnmiste tirait son charbon et les précieux ingrédiens dont il avait besoin.

Ici , il devient urgent de placer une observation qui réconfortera l'assertion qu'il faut prouver. Ceux qui ont un peu voyagé, savent qu'il y a en France des endroits reculés, des petits villages enfoncés dans les terres, loin des routes, où l'on vit dans une profonde ignorance des choses de ce monde, où l'on n'apprend les révolutions du monde politique que par le changement des armes qui se trouvent gravées en tête de l'avis du percepteur, ou sur l'enseigne du débitant de poudre et de tabac, enseigne qui, par ToM. I. 3

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parenthèse j contient l'iiistoire des vingt dernières années, écrite en six couches de différentes couleurs : des villa:^'es enfin , où ceux qui ne paient pas de contributions et ne prennent pas de tabac, vivent et meurent sans connaître quel est le mortel qui gouverne; où jamais Ton ne saura qu'il existe une huile de Macassar , un lord Bjvon, du gaz hjdi'ogene , des marabous, des duchesses et des porteurs d'eau. C'est un grand malheur pour les souverains, les poètes, les entrepreneurs du gaz, et surtout pour les duchesses; mais enfin c'est la vérité , et cette observation lumineuse n'a pas d'autre but que de prévenir que le village, à un quart de lieue duquel se

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trouvait rbabitalion du cliimiste , était un de ces heureux villagcs-là.

Ce n'est rien encore!.... L'habitation du chimiste était entourée d'un autre cordon sanitaire d'ignorance, d'autant plus impossible à franchir, qu'il avait été tressé par la superstition et le bedeau du village. Pour bien en sentir la force, il faut se reporter à l'épo([uc de l'arrivée du chimiste dans cette contrée.

Il faisait nuit, nuit obscure, car la lune roulait silencieusement entre de gros nuages noirs au milieu et jaunâtres sur les bords : c'était un samedi, jour de sabbat, et le dernier samedi du mois de décembre, époque de l'assemblée générale des sorcières.

Galiban, porteur d'une figure horrible , qui le fit prendre pour un diablotin extrait de la grande chaudière n" I , que l'on remue avec une ecumoire toule rouge, Caliban conduisait par la bride un mauvais clieval efflanqué qui avait l'air de celui de l'Apocalypse, celui dont on compte les os, et qui porte la Mort: ce cheval traînait une charrette à claire-voie qui laissait apercevoir un inonde de matras, de cornues, d'instrumens de physique, de quarts de cercles, de cercles tout entiers, de fioles, de lunettes, de fourneaux, etc. ^ et du sein de cette cargaison chimique, s'élevait le chimiste en personne, la tête couverte d'un bonnet de poil d'ours, por-

tant des besicles ^ et retenant de ses deux mains, ses livres et ses ingre'diens. Le vent d'hiver sifflait, et plas d'une branche d'arbre tombait sur les toits de chaume^ en produisant un bruit de fantôme qui faisait resserrer le cercle de ceux qui veillaient au coin d'un feu sombre, en e'coutant les contes d'une vieille, dont le visage ressemblai taux pommes de reinette que l'on mange à la Pentecôte. La terre, étant couverte de neige, ne permit pas d'entendre les pas du cheval et de Caliban, ni le bruit delà charrette infernale, de manière que l'on crut, en voyant passer cet épouvantable cortège, à travers de mauvaises vitres pleines de défauts, qu'il dansait dans les airs.La cloche qui

sonnait en ce moment pour un mort^ 1 es contes eflVoyables des grands-mères, la peur, les juremens de Caliban, les sifïïemcns de la tempête, la lueur sanglante de la lune, qui donnait à ce spectacle l'air du convoi du diable , tout contribua à semer l'épouvante de telle sorte, que celui qui vendit, même avec peine, la chaumière et l'enclos au chimiste, passa les écus au vinaigre et crut que le bonnet de la liberté était la grille du diable : il ne put même les faire prendre qu'à la ville voisine, où il alla pour la première fois de sa vie.

Tout cela n'aurait eu aucune suite, si, quelque temps après, on avait vu le chimiste se promener comme une

personne nalurelle, venir au marché, boire au cabaret, et fumer une pipe; mais non, rien de tout cela n'arriva.

Alors on se hasarda ( car la curiosité est la même partout) à examiner ce qui se passait cliez l'envoyé du diable. L'on ne vit rien sortir de chez lui, tout V paraissait mort: seulement, une abondante et noire fumée bouillonnait au-dessus de l'énorme cheminée de sa chaumière, d'où l'on conclut que Satan avait établi là un soupirail de l'enfer; d'autant plus, que le chimiste venait d'élargir sa cheminée, de manière qu'un cavalier avec sa lance, sa bandcrolle, son cheval, sa carabine et ses deux moustaches retroussées , y aurait passé sans que

la cocarde de son shakos en eût été endommagée. Certes, en voyant une telle clieminée toujours occupée à vomir de la fumée, le paysan le plus impassible devait en conclure des choses sinistres : d'autres se seraient peut-être étonnés de ce qu'elle n'eût pas fumé; mais au %illage , et surtout dans un villai^c ij^norant, on procède autrement que partout ailleurs.

Ce qui mit le comble à la terreur, et acheva de construire un rempart impénétrable entre la chaumière et le villagCjCe fut le récit du bedeau. Ce dernier, fort de la puissance sacerdotale à laquelle il tenait comme un clerc d'huissier tient àla Justice, se hasarda un soir, à passer devant l'habitation,

d'autant plus que le curé avait de'siré savoir si le cliiniiste pourrait, nonobstant la diablerie, rendre le pain bénit. Le bedeau , bomme important dans le villaj^^e (car il savait calculer, et lisait tout couramment), le bedeau, qui faisait l'esprit fort, aperçut l'effroyable Caliban assis sur une grosse pierre couverte de mousse; il jouait avec son clicr canicbe noir, qui confondait sa télé spirituelle et intelligente avec celle du domestique au nez retroussé, et aux grosses lèvres qui laissaient voir des dents larges comme des palettes. Le cbimiste avait le visage noir comme un four: il était habillé grotesquement, comme tous les savans occupés ; il caressait sa

longue barbe noire avec des mains effilées comme celles d'un accoucheur j et madame la cliimiste, appuyant sa jolie tète brillante d'amour sur l'épaule de son mari, mêlait l'or de ses blonds cheveux aux boucles abondantes de la chevelure de jais du chimiste: ses mains blanches et délicates, en caressant la barbe de son époux, indiquaient qu'elle voulait l'empêcher de méditer , et qu'elle souhaitait un doux regard de tendresse. Le soleil du couchant répandait sur ce groupe une teinte rougeâtrc, qui fit croire au bedeau que la chaumière était le porche de l'enfer. Ce que l'on raconte de la tentation de saint Antoine lui revint dans l'esprit , et Gahban lui

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parut un grand singe, assis sur une grosse tortue; son cliien fut un de'mon cornu; une pierre couverte de mousse verte, le gros crapaud qui sautait dans le pot à l'eau du saint; la belle chimiste fut la jolie diablesse, aux mains d'amour, au visage céleste et aux yeux de courtisane, qui veut payer son ternie; enfin, le cbimisle lui sembla le diable en chef entouré de serpens , et la bêche de Caliban devint sa fourche. Mais ce qui causale désordre des sens du bedeau, c'est que, quand il arriva, le cricri, la poule, Ja vache et le chien crièrent; que le chimiste et sa femme riaient aux éclats, et que Caliban jurait, parce que le chien lui avait mordu l'oreille. Le bedeau eut

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une peur elFroyablc, cl il s'enfuit en croyant avoir mille panerécs de diables à ses trousses: il raconta partout qu'il avait couru les plus grands dangers, et que ce serait folie que d'aller sur la colline où demeurait le chimiste, ou plutôt le diable.

Dans les temps de superstition où l'on brûlait les jeunes fdles qui avaient le caucliemar, en pre'lendant qu'elles étaient la proie d'un incube , on a vu des choses moins étonnantes que ne l'e'tait le récit du bedeau. Le village ignorant crut lé rapport de ce personnage, et l'on ne regarda plus la chaumière qu'avec un effroi mêlé de curiosité : ainsi donc, une double barrière d'ignorance et de crainte, ser-

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vait d'enceinte à ce village et à cette cliaumière bienliciireiise qui se trouvait, comme on l'a vu pins haut, séparée du rcitc de la création.

Revenons donc an cliiinisle et à sa douce et ii;noranle lemme, à Caliban l'idiot et au petit Abel, au cricri, à la souris, etc.

Lorsqu'Abel g:randit, il joua avec le chien , fourra souvent ses doigts mignons dans le trou du cricri, et tourmenta la souris; mais toutes ces bonnes betes ne s'en fâchèrent pas , d'autant plus qu'Abel, ayant pris un jour le cricri, sa mère lui fit comprendre qu'il ne fallait pas le blesser... Ah! elle en saviiit assez, la pauvre mère, quand elle lui expliqua ce qu'elle

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souffrirait si on blessait Abel: aussi le cher enfant dit, avec celte tendre voix de l'enfance, a va , petit cricri !.... » et il le regarda marcher, en souriant du doux sourire d'un ange. A ce tableau, qu'on trouvera peut-être trop naïf, le chimiste quitta ses fourneaux, laissa s'évaporer un des plus beaux fluides qu'on ait jamais découvertsjet, s'asseyant sur une escabelle,il joua avec son enfant, comme s'il eût e'té enfant lui-même; et Caliban, appuyant tout son corps sur sa bêche , désira une femme!....

Abel ne fut contenu dans aucun lange , ses membres délicats se développèrent en libcrté,il se roulait dans le laboratoire en faisant frémir sa mère,

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à chaque fois qu'il heurtait des bouteilles et des poisons et des acides ; mais Abel la rassurait en criant de sa voix douce : « je prends. garde, ma « petite mère !.... » et il confondait les milliers de boucles de ses beaux cheveux noirs avec les toiles d'araignées^ il se barbouillait le visage de charbon, il grimpait sur les fourneaux, voulait goûter à tout, toucher tout, riait, folâtrait sans chagrin, sans contrainte, et la nature souriait au tableau divin que présentait le laboratoire où elle régnait en souveraine.

Mais qui pourrait exprimer la joie, les délices, les trépignemcns d'Abel, lorsque sa mère, ouvrant un volume

du Cabinet des Fées, lui en montrait les estampes : il déployait toute la force voyante de ses beaux yeux noirs , humides de la sève de l'enfance , et il ressemblait 'à un enfant-Jésus de Raphaël , quand i^roupé auprès de sa mère, qui semblait encore une vierge pure , il admirait le Serpentin vert y Qi'iicieuse et Percbiet , V Oiseau bleu ^la Fce Truilonne jinaàs la gravure la plus belle, celle qui excitait le plus son extase, était l'apparition de la Fée Jbricotine.

La figure d'Abel annonçait la finesse et la naïveté conciliées dans un caractère de tendresse, de douceur, d'amour et de cou i'agc,qui aurait fait de lui, à l'âge de dix-huit ans, le plus

joli page que jamais la cour d'une princesse eût pu voir ; mais le chimiste avait sur lui des desseins trop bizarres , pour qu'on le vît à la cour d'un prince.

Ce grand homme toujours méditant j toujours cherchant , avait fini par trouver : ses réflexions lui apprirent qu'il existait pour l'homme social, beaucoup plus de maux que de biens. Il prétendait qu'Adam et Eve n'étaient heureux en Paradis que parce qu'ils y avaient vécu dans l'ignorance, et que celte figure de la Bible nous montrait la route du bonheur : que la civilisation donnait, il est vrai, des jouissances étonnantes; mais qu'aussi les désirs , les peines y étaient aussi

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cruels que les plaisirs exquis : qu'alors dans l'e'tat de nature, on avait tous les maux de moins , plus l'ignorance des plaisirs, et enfm qu'on jouissait de peu, mais que ce peu se trouvait sans mélange, semblable à l'eau des l'outaines.

C'était celte doctrine qui l'avait conduit à la cliaumière où sa femme, Caliban et lui coulaient une vie exempte d'alarmes, une vie rustique, large, poétique même. L'amour, la reconnaissance, la bienveillance et un léger travail remplissaient leurs âmes, et la douce alliance de tout ce que la nature présente à l'homme, jointe aux sentimeus les plus simples, composaient leur code. Ljs fruits paraient leur ta-

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ble; le jour du ciel c'iait le leur; l'eau pure les désaltérait j leurs habits étaient modestes: Caliban se trouvait là comme un liumblc ami dont le cœur ne concevait qu'une seule idc'e, la reconnaissance du cliien et sa fidélité touchante , son obéissance sans murmure et sa douceur passive. Que leur manquait-il V le chimiste adorait sa femme , la femme adorait son mari:

leurs cœur.s ne faisaient qu'un, et toutes leurs nuits étaient éclairées par la lune de miel. Que de fenuncs troqueraient leurs hôtels j diamans, parures, etc. , j)our l'habit de lin de la chimiste, la chaumière, et le reste ■, comme dit La Fontaine!

Le chimiste , heureux de son essai ,

avait donc décrété que son cher Abel serait nourri dans de tels principes ; (ju'on laisserait son cœur se développer ainsi que son joli corps , comme il plairait à l'indulgente nature ^ qu'on ne le tourmenterait pas en voulant lui apprendre trop tôt des sciences funestes. Sa mère , sa tendre mère , qui le couvait des yeux , son père qui l'aimait, Galiban et le chien, devaient être tout son univers j la chaumière , son temple d'innocence; le jardin,son plus grand espace; et quant à ses jeux, six cailloux et de la bouc l'amuseraient longtemps. Ainsi le chimiste donnait dans un obscurantisme raisonné, et raisonnable peut-être.

Son heureux enfant ne se plaignit

jamais: le rire naif de rciifauce ignorante, était sou langage; son moindre geste, une caresse ; son parler , une suite d'interrogations curieuses, auxquelles le chimiste répondait toujours de manière à faire prévaloir le système qu'il adoptait pou? la vie future de son clicr A bel. Il se flattait d'autant plus de la réussite, que sa science lui. donnant l'espoir d'une longue vieillesse , il avait le temps de rendre son fils philosoplie connue lui. La mère, certaine que son mari était une vivante image de Dieu , croyait qu'il agissait pour le mieux et se conformait à ses desseins; d'ailleurs , il n'y avait pas chez elle une assez grande force do penséepour apercevoir des objections.

'io I.A DERNIÈRE FÉE.

Elle aurait lait. r(iiiiinc on voit, un exccllciit uiiiiisti'iic'l, ue pcusaut qu'à son enfant j trouvant tout bien ^ ot crevant ce (ju'on lui dirait coniuie artu'le de loi. (Ji»nunc lrnnue,elle avait raison : ear elle sentait un bonheur tranquille cl pui", Tcnua alur par knis les pores; et dcxaut ee ])u;ilieur a sou cliiniiste , elle se disait : (( Mon lils

sera lieureux coinnie lui , et cotnjiio moi.

Cependarit le be»n cliiniisto, prévoyant et sa:;e, ealcula tout : car il prc'vint sa l'euunc qu'il avait enterre sous \c foyer de la i^rande elieininee de son la])oratoiri^ ^ un talisman contre toutes les peines qu'elle pourrait avoir elle et son lils , s'il venait à

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mourir par mi accident quelconque ; mais il ravcrlit qu'on ne devait lever la pierre, que lorsque sou fils et elle quitteraient la cliaumièrc pour aller habiter autre part. Puis, ayant réuni tous ses livres dans un même endroit, range ses fioles, ses inslrumens, ses bouteilles, ses cornues, il ne se livra plus à la cliimie avec autant d'assiduité. Il fit un petit trésor pour subvenir aux dépenses qu'Abel pourrait causer , et il dressa un lit au fond du laboratoire pour avoir ce cher enfant toujours devant les veux.

Tout cela n'eut lieu qu'insensibleiuent : A])el, au milieu de la joie el véritable enfant de la nature, grandissait et atteignit bientôt quinze ans :

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le chimiste en avait alors cinquante,ct la mère quarante. Le père en cheveux blancs ( car l'étude et l'application produisirent cet effet de l'âge), le père, consacra tout son temps à guider Abel dans sa route de pre'dilection ^ et ne se livrait à la chimie que par instans et pour ne pas perdre ce qu'il avait acquis. La tradition sur la chaumière du diable , durait toujours, et aucun événement ne troublait le bonheur de cette charmante famille.

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