SCÈNE IX
Madame de ROSEVAL, ADELE, CHARLES.
Mad. DE ROSEVAL.
Pourvu qu'ils ne trouvent plus St.-E!me... ah! si mon oncie n'était pas venu déranger mon plan ! . . . CHARLES , bas à madame de Roseml.
Ah! madame quelle indifférence; elle me montre!... regardez-la . . .
Air : la Robe et les Bottes.
Elle garde un cruel silence. . .
Pour ni'alfliger, ce n'en est pas assez ;
\oj'ez quelle est sa contenaj-ce.
Pas un regard! toujours les yeux baissés .'
Mad. DE ROSEVAL.
Elle a raison, ce n'est point une faute;
Bien des maris que l'hymen rend honteux. Porteraient la tète plus haute Si leur femme eut baissé les yeux !
CHARLES
Ah ! madame , vous vous plaisez donc aussi à me tourmenter !. . . .
Mad. DE ROSEVAL.
Pauvres enfans! non, je ne les abandonnerai pas.
jusQu'au dernier moment Eh ! mais , il y a peut-être
encore un moyen iàJdèie).MQTi Adèle , j'ai quelques ordres à donner , attends-moi ici.
ADELE.
Mais. . • . ma cousine! • • . j'irai avec vous, si vous voulez !
Mad. DE ROSEVAL.
Non, non.. . . je ne suis qu'un instant, et je laisse ici, pour te tenir compagnie, monsieur Charles, ton nereu!.-
SCËIV'E X.
Son neveu .'. .
Mon neveu ! .
CHARLES, ADELE.
CHARLES , à part.
ADELE , à part.
en ARLES , à part.
Voyez, si elle m'adressera seulement une parole.. . . Eh! bien, je ne commencerai pas la conservation! ADELE , à part- Quel silence! ... je ne sais plus quelle contenance tenir. Au reste, c'est son habitude. Il ne dit jamais rien.... Ce n'est pourtant pas à moi à parler la première {hiiuQ Monsieur ne va pas chercher aussi monsieur de Saint- Elme , le prévenir!,..
CHARLES, à part.
Dieu!... est-elfe pressée de se marier ! (haut.). Moi, mademoiselle, je ne dois pas me permettie de donner des avi» à mon oncle !. . • • un nomme de son âge . . . doit savoir se conduire! ... à trente-deux ans passés !. . . •
ADELE. .
Aussi, monsieur, je suis loin de vous en prier, {à part) Ah ! quel caractère ! moi , qui le croyais autrefois si aimable.
D'jùlleurs, je dois vous dire, ma tante.... ADELE , à part.
Sa tante!. . . par exemple , est-ce que tout le monde va m'appelersa tante. ^ Comme c'est désagréable ! {haut.) Eh ! bien, monsieur , vous devez me dire?...
CHARLES
Je dois vous dire qu'il serait bien inutile d'aller chercher mon oncle.
' ADELE, étonnée.
Inutile!
CHARLES
Sans doute! il vous aimo li^nl. Il reviendra à vous de luimême, et une fois que vous serez mariés il faut bien espérer qu'il n'aura plus dépareilles dislractiuns!
ADELE.
J'en suis persuadée, monsieur, votre oncle m'a assurée de sa Irndrcssf ; et on ne peut juger les sentluicns de quelqu'un que d'après ce qu'il vous dit!
CHARLES
Eh hien ! mademoiselle , vous aimez mon oncle ; soyez heureuse avec lui.
Air : Vaud. de Michel et Christine.
f Quel nioincut, [bis.)
La doiilrur a hrise mon âme;
Eile sera ma femme; ]Non, rien n't-gale mou tourment.
ENSEMBtE. \ ADÈIE.
Quel moment, La douleur a Y,r\>é mon âme;
Je vais cire sa femme ; Non, rien n'égale mon tourment.
CHARLES
Vous (Icvpz litre bien contente De contracter celte union — Pcrnicltez-moi, ma chère tante, De vous saluer de ce noui . . .
Mon compliment ne saurait vous déplaire.
ADÈLE
ÎS'on, j'ai, monsieur, je le dis sans rougir, En l'accueiHaut tout autan! de plaisir
Que vous en avez a le faire. {bis.)