‹ La Dernière maladie de Frédéric le Noble, par le dr. Morell-MackenzieChapitre 37 sur 45 · La Maladie de l’Empereur Frédéric III, p · texte numérisé non relu

La Maladie de l’Empereur Frédéric III, p

nel. Quand bien même la séparation d’escarres et la guérison complète des ulcères qui en résultaient, n’auraient pas été des conditions anormales, la destruction de tout le larynx, à l’exception d’une partie de l’épiglotte, est chose complètement inconnue dans la littérature médicale. Je défie le docteur Moritz Schmidt de produire un seul cas connu, dans lequel les conditions après l’autopsie ont été les mêmes que celles qui ont été décrites par Virchow le 16 juin 1888.

Rapports des professeurs Kussmaul, Waldeyer et Bardeleben —Ils ne contiennent rien qui puisse donner matière à controverse. Le rapport .du professeur Kussmaul confirme mon assertion, que sa visite à San Remo n’a pas eu d’autre utilité que de désabuser Bergmann de son idée fixe que le cancer du larynx est toujours compliqué du cancer des poumons. Le rapport du professeur Waldeyer contient les résultats des examens microscopiques qui l’amenèrent à déclarer que la maladie était cancéreuse. Les notes du professeur Bardeleben ne sont guère qu’un journal des événements cliniques qui se sont passés pendant qu’il était de service.

Rapport du docteur Bramann. — On n’a probablement pas permis au docteur Bramann

d’écrire un rapport séparé, et ses observations paraissent être contenues dans des communica-^ tions faites au professeur Von Bergmann. L’objet principal de ses lettres semble être de se disculper auprès de ce chirurgien et de démontrer qu’il avait été obligé d’opérer avant son arrivée. A l’époque de mes visites à San Remo, j’ignorais que le docteur Bramann entretenait l’idée erronée qu’il était venu à San Remo pour agir avec moi comme médecin consultant. Je croyais qu’il savait n’être là que comme l’assistant de Bergmann pour pratiquer la trachéotomie, dans le cas où ce chirurgien ne pourrait pas arriver à temps. Lorsqu’un médecin traite un cas d’affection du larynx, accompagnée de dyspnée, et lorsqu’il n’a pas l’intention de faire lui-même la trachéotomie, il envoie chercher le chirurgien lorsqu’il pense que le moment est venu d’ouvrir la trachée. Le chirurgien a nécessairement le droit de refuser de faire l’opération s’il ne la croit pas nécessaire. Alors le médecin se range à l’avis du chirurgien, ou il s’adresse à un autre opérateur. L’assistant de Bergmann semble avoir eu la notion que lorsqu’un médecin traite un cas, le chirurgien doit être appelé tous les jours ou tous les deux jours afin de prévenir le médecin lorsqu’il considère

nécessaire d’ouvrir la trachée. C’est une théorie complètement nouvelle, qui aurait dans la pratique des inconvénients qu’il est inutile de discuter ici. D’après les assertions du docteur Bramann lui-même, presque tout ce qu’il savait sur l’état du Prince héritier lui venait des écuyers de Son Altesse Impériale. Le docteur Bramann avait le privilège de rencontrer ces officiers à un « grog » qui avait lieu tous les soirs à 9 heures dans la salle de lecture de l’hôtel Méditerranée. Comme les « observations cliniques » de messieurs les officiers paraissent avoir été la base sur laquelle le docteur Bramann a établi la plus grande partie des rapports envoyés par lui à Berlin, il est inutile de s’occuper plus longtemps de son rapport.

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