La Maladie de l'Empereur Frédéric III, p
bavardages de Gerhardt au sujet de la maladie avaient porté dès le début à la connaissance du Prince la nature sérieuse de son mal. Bien que, par amour pour sa famille, il montrât courageusement un esprit et un visage enjoués, que de fois il a dû être torturé par la terrible idée qu’il était attaqué d’un cancer !
Premier rapport de Virchow . — On attendait naturellement avec la plus vive anxiété le rapport du professeur Virchow, qui devait décider de la marche à suivre. Deux jours après l’ablation du fragment, j’appris par le docteur Wegner que le grand pathologiste n’avait découvert aucune trace d’affection maligne, mais qu’il désirait examiner un autre fragment. Le docteur Wegner me dit plus tard que Virchow était parfaitement satisfait du résultat de son examen et qu'il ne demandait pas un autre morceau de la tumeur. Peu après on reçut du professeur Virchow un rapport dans lequel il déclarait que le fragment qui lui avait été soumis était d’une nature bénigne. Il expliquait que les cellules épithéliales étaient plus nombreuses et plus grandes, et il ajoutait que, comme la section avait pénétré à travers toute l’épaisseur de la tumeur jusqu’au tissu de la corde vocale (ainsi que le prouvait la présence de fdandres élastiques longitudinales),
il n’y avait aucune raison de supposer que le reste de la tumeur fût d’une formation différente du fragment qui avait été examiné. Ce rapport n’est malheureusement pas publié dans le pamphlet allemand, bien qu’il soit déposé parmi les « sources officielles » sur lesquelles ce document est, dit-on, basé. Je remarquerai ici que je me suis adressé au Haus-Ministerium , par l’entremise du comte Radolinsky, en décembre 1887, pour obtenir les copies des divers documents relatifs à la maladie du Prince Impérial et déposés aux Archives de l’Etat;mais ma demande a été positivement repoussée, sans que je puisse en comprendre la raison. S’il faut s’en rapporter au professeur Gerhardt qui a eu accès à tous les documents, l’examen de Virchow montrait seulement « un état d’irritation, mais il existait un nid isolé de cellules épithéliales concentriques (en réalité un nid-cellule ) au milieu d’épithélium proliféré ». Virchow déclara verbalement à cette époque que la maladie pourrait être une 'pachydermie laryngée 1 , une épaisseur verruqueuse du larynx provenant d’inflammation chronique. Ce rapport prouve d’une façon concluante que, quelle que fût la maladie dont souf-