PO.C. H
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les extravagances du Boudliisme, aux nobies enseignements de Fénélon et de Châteauv briand.... mais, revenons au principe de Vidée, sans tenter d'en poursuivre davantage les conséquences.
Nos langues vivantes ont entre elles, pour la plupart, une analogie frappante: l'allemand , l'anglais , le français , l'espagnol et l'italien, surtout. Si l'on y ajoute le latin plutôt que le grec, comme type de langue ancienne et base de la plupart des nouvelles, nous avons déjà l'ensemble d'une sorte d'unité primordiale. Les langues du Nord ont aussi entre elles leurs affinités, non moins que les idiomes orientaux. Trois grandes divisions marquent donc le vaste ensemble des diverses formules de la parole humciine; comme le Nord, nos nations centrales et l'Orient sont partagés par leurs climats, leurs mœurs, leur religion même, peut-on dire.
Et, procédant du centre pour ce qui est des langues germaniques, il sem])le suffisant de remontera l'allemand, qui, avec le latin, cette langue mère de dix autres, offriraient le point
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de départ le plus divergeant en apparence , bien que l'ensemble montre des ressemblances comme des dissemblances relatives. Ces langues étant les plus usuelles, il reste à établir le rapport qu'elles présentent avec l'hébreu , le sanscrit, le celtique, le saxon et le russe. Nous ne parlons pas de l'étrusque, car on ne possède plus de nos jours que l'alphabet do cette langue, qui s'écrivait de droite à gauche, comme tous les idiomes sémitiques. Quant au russe , c'est une langue harmonieuse et complète qui n'attend qu'un Dante ou un Corneille pour prendre la première place parmi les langues parlées ; en ce moment, elle marche vers l'Orient pour obtenir un jour sa prépondérance, comme l'hébreu, le sanscrit, le grec, le latin et le français ont tour-à-tour eu la leur.
Maintenant, quellelanguefourniraitl'Oricnt dans cette sorte de congrès linguistique ? A ce propos, il faudrait déterminer si celle que le genre humain parla la première, alors que les hommes, peu nombreux encore, étaient placés dans les mêmes conditions de climat;
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de mœurs et de Jjesoins, fut bien, comme le prétendent Rlapi-oth et Eich Hoff , le sanscrit et non pas plutôt l'hébreu, en ['aveiir duquel beaucoup d'autres opinions se sont prononcées, et qui a pour sa primordialité l'épreuve de la philologie, qui la désigne comme la géiiéi-atrice de toiUes les langues mortes et vivantes.
C'est de ces idées, moins abstraites et infiniment plus séduisantes qu'on ne serait tenté de le croire au premier abord, qu'Olbert était parti pour essayer de bàiir son monument de langage unitaire. Sans doute, il lui eût fallu, avant de pouvoir espérer de donner la forme d'une proposition à l'extension de ces idées , posséder lui-même la majeure partie des langues dont il rêvait la fusion, comme on faisait autrefois l'airain de Corintbe, en jetant dans la fournaise dis. sortes de métaux plus ou moins précieux. A défaut d'une Académie entière de linguistiques pour en obtenir d'innombrables rapports sur chaque branche ou spécialité de la question, il eut fallu que notre héros possédi^t l'immense science philologique de ce car-
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dinal Mezzofanti, qui parla, y compris les dialectes, trente-deux idiomes , c'est-à-dire dix de plus que n'en savait Mithridate, et qui eût conséquemment été l'homme le plus précieux <!u monde, comme interprète, au temps du fameux imbroglio Je la Tour de Babel. Mais, dans son exaltation , Otbert ne s'arrêta point à un si misérable obstacle , et il prit bientôt son vol infiniment plus baut. Le petit livre recouvert de basane rouge, qui avait souvent inquiété Adriana, etqu'elle finit par saisira Fiesoie, une nuit queson mari dormait, était une singuiai'ilé typographique imprimée dans l'île des Mékitansles, ou moines Arméniens de l'île Saint-Lazare, près Venise. Ce livre offrait la répétition, en vingt-quatre langues et dans leurs caractères 'spéciaux, d'une oraison en vingt-quatre versets. Ces langues, ainsi représentées avec leurs physionomies particulières et réunies pourtant par une pensée commune vers l'adoration suprême, étaient l'arménien, l'arabe, l'éthiopien, le chaldéen, l'hébreu, le grec, le persan, le sj^iaquC;, le turc, le chinois, le russe, le polonais, l'illyrien, l'allemand, l'italien, le
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hongrois, le gaulois ou français, l'anglais, l'es-î pagnol, le hollandais, le suédois, le celtique et l'indou (I).
Otbert, à force de méditations, était parvenu, aidé, du reste, en cela, parla connaissance de deux ou trois langues vivantes, et du latin qu'il possédait bien, à retrouver les expressions, les paroles de l'oraison dans la presque totalité de ces vingt-quatre idiomes, et ce n'avait pas été chose aisée pour ce qui était de l'arménien , du turc, du persan, de l'éthiopien , et surtout du chinois, langue d'abréviation, dans laquelle un seul signe est parfois l'hiérogryphe d'une phrase. Pourtant l'obstiné s'était à peu près assuré de la valeur de son étude, en retrouvant
• (1) Ce livre , véritable curiosité typographique, ne manque pas d'être cniporlé par tous les voyageurs intelligents qui \isilent File des Arméniens de Yenise. Le fameux imprimeur Bodoni de Parme, si protégé par Napoléon, en a eomposé un plus complet encore, puisqu'il renferme cent-vingt idiomes ou dialectes ; mais , c'est par sou luxe typographi- (jue, et conséquemment son prix, une curiosité do bibliothèque ou de bibliophile, ou enfin do bibliq-: Hiaiie.
le lïjot reproduit sur plusieurs points par les mêmes signes. C'est ainsi qu'il en était arrivé à reconnaître l'incontestable prépondérance des langues orientales sur toutes les autres, et de là, son imagination entravée dans la poursuite d'études matérielles, base inévitable de la fusion qu'il rêvdt, s'élança dans ces zones mystiques, attrait secret, pente naturelle de son esprit, vers lesquelles toute exaltation co^ rébrale devait inévitablement le faire revenir. L'air des montagnes aiguise, dit-on, les organes aussi, vers le temps où nous trouvons
les deux époux si amoureusement installés dans leur petite maisonnette deFiesole, Ctbert en était-il presqu'arrivé à bâtir complètement, dans son imagination, le monument linguistique, sur lequel il pensait échafauder sa gloire et sa fortune. Son imagination, en travail , avait fait comme les oiseaux de proie qui décrivent en lair de grands circuits, embrassant beaucoup d'espace et tournoyant long-temps autour de ce qu'ils veulent saisir, puis, s'y abattent enfin. Par malheur, la proie du génie d'Otbert n'était jjas sur la terre, et c'est dans
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l'air même que, l'entourant de ses évolutions , il l'avait ensuite saisie! Mais, sa confiance dans son œuvre était telle, que son intention était de commencer bientôt sa carrière de fortune et de gloire, en lisant, au prochain , Congrès scientifique de Florence, c'est-à-dire au milieu de l'élite des savants européens, un mémoire , dans lequel serait exposé le résultat des révélations de son génie, et la première et immanquable conséquence de l'éclat qu'il allait produire, était l'allocation d'un des prix que le grand-duc avait proposés en récompense de la découverte ou au perfectionnement le plus utile à l'humanité. Le fait est que le savant Milanais avec sa nouvelle invention de pomme de terre, et le docte Yéronais avec ses mollusques, et enfin tant d'autres poursuivants, plus ou moins ingénieux , des deux mille frances^ coni-grand-ducaux , feraient une bien piteuse figure, lorsqu'Otbert produirait le seul titre de son œuvre l Quant à l'autre prix , il pensait qu'il revenait de droit au docteur Borili, pour son art de deviner et de préparer l'homme dans l'enfant. Boriîi et lui l'enlhousiaste , de-