‹ La Désarticulation de la HancheChapitre 16 sur 47 · F. LES PROCEDES OVALAIRES · texte numérisé non relu

F. LES PROCEDES OVALAIRES

Eux aussi sont très anciennement connus : Kerr (de Northampton, 1795).

Il s’agit presque toujours d’un ovale à pointe externe et supérieure située entre l’épine iliaque et le grand trochanter. De ce point, deux incisions descendent en bas et en dedans, l’une en avant, l’autre en arrière pour se rejoindre à la face interne du membre, à une distance variable en dessous du pli génito-erural.

Le grand avantage de la méthode ovalaire externe est de permettre d'atteindre l'articulation sans rencontrer de vaisseaux importants. Puis on traite la hanche comme on traite l'épaule dans le procédé en raquette ordinaire (F4- RABEUF).

Pour exécuter tous ces procédés, le malade doit être couché sur le côté sain ; il s’en suit que la compression

de l'aorte est impossible et que la compression des vaisseaux fémoraux est très illusoire.

Voici, par exemple, comment s'exécute le procédé de SCOUTTETEN qui est décrit dans la plupart des manuels :

« La malade est couché sur le côté sain ; le chirurgien placé à la partie postérieure du membre, enfonce perpendiculairement la pointe du couteau au-dessus du grand trochanter, puis abaisse la lame et la dirige en dedans et en avant à 4 travers de doigt au-dessous du pli de l’aine, contourne le membre en arrière en coupant les tissus aussi profondément que possible, et reportant le couteau de l’autre côté de la cuisse sur la terminaison de la première incision, la contourne obliquement pour la ramener en dehors au point de départ de la plaie. Il est rare que dans cette première section tous les tissus soient intéressés jusqu’à l'os. Aussi, pour parvenir à la capsule articulaire, il faut écarter alternativement les lèvres de la plaie et diviser les fibres musculaires restées intactes. On coupe alors perpendiculairement le ligament capsulaire, on luxe l'os et après avoir divisé le ligament rond, on achève la désarticulation » (in SEDILLOT).

Les procédés de GUTBRIE, de FourLLoy, de MALGAIGNE sont tous des procédés ovalaires dans lesquels la pointe du V renversé encadre le grand trochanter.

Le procédé de DuPuYTREN est ovalaire à pointe antérieure. La pointe du V tombant sur le milieu de arcade crurale, il est aisé de lier dès le début les vaisseaux fémoraux ; on voit que ce procédé se rapproche beaucoup de

celui employé aujourd'hui (Leçons orales de Cliniques Clürurgirutes de bupuytren, T. IV, p. 363, 1834).

Comme on le voit tous ces procédés ne diffèrent guère que par des détails de technique.

Les lambeaux latéraux ont l'avantage de donner une plaie dirigée d'avant en arrière et de mieux permettre le drainage.

L'unique lambeau antérieur recouvre très bien la plaie ; et par contre l'unique lambeau postérieur s'oppose par sa pesanteur à la réunion des tissus, c'est le premier des procédés qui fut proposé (Purnop et WoLner, 1739). À ce point de vue le lambeau interne unique n’est pas non plus merveilleux.

Les deux lambeaux antérieur et postérieur donnent des résultats peu différents de ceux des méthodes ovalaires et circulaires.

En définitive, nous dit SEDILLOT, que l’on coupe dans un même temps les téguments et les museles jusqu'à larticle (SCOUTTETEN), ou que l'on incise d’abord la peau pour diviser les chairs à une plus grande hauteur (GUTBRIE), ou enfin que l’on attaque la jointure par sa face externe (LALOUETTE), et que l’on désarticule Le fémur avant d’achever la section des parties molles (CornuAü), la plaie reste en réalité à peu près la même.

Evidemment les procédés les plus rapides sont ceux qui nécessitent le moins de gestes, mais si l’on sectionne les muscles un peu plus haut que les téguments, on donnera du même coup une meilleure tournure au moignon.

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