‹ La Désarticulation de la HancheChapitre 17 sur 47 · HU · texte numérisé non relu

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1e LES PROCEDES DE VERNEUIL-FARABEUF

Le principe en est le suivant : Se porter immédiatement sur les gros vaisseaux ; en faire la ligature ; et procéder ensuite tout doucement en faisant l'hémostase au fur et à mesure.

On voit que ces procédés sont tout à fait à l’opposé de ceux que nous venons d'étudier. Nous aurons l’occasion d'y revenir au cours de l'exposé que nous ferons sur la désarticulation de la hanche telle qu’elle doit être pratiquée aujourd'hui avec les précautions à prendre relatives à l’hémostase et au choc opératoire.

PROCEDE DE VERNEUIL. — VERNEUIL rapporte dans ses Mémoires de chirurgie de guerre (tome IT, amputations, page 525) :

«Armé d'un bistouri ordinaire, je traçai avec la pointe le contour du lambeau antérieur, je liai, avant de les ouvrir, quelques veines dilatées qui rampaicnt sous Ia peau, puis je mis à découvert l'artère fémorale, la soulevai avec une sonde cannelée, y plaçai deux ligatures distantes de 10 à 12 mm. et la divisai dans l'intervalle. Même manœuvre pour la veine satellite. Rassuré à l'égard de ces gros vaisseaux, je continuaï tranquillement à former mon lambeau. La plaie était exsangue ; je distinguai aisément les faisceaux vasculaires dans l’intervalie des muscles, et il m'était facile de passer au-dessous d'eux une aiguille de Deschamps et d'en faire la ligature, puis Ja section au-dessous. Pour les muscles, je les divisai en

travers et saisis immédiatement leurs artères sur la surface de section. Je donnai au lambeau antérieur la forme et les dimensions qu'il présente quand on le taille par transfixion. Je le détachai de son sommet à sa base Je pris par rapport aux vaisseaux obturateurs les mêmes précautions que pour les fémorales superficielle et profonde.

«L'opération avait duré une demi-heure, mais tout s'était passé avec la plus grande simplicité. La quantité de sang répandue avait été fort minime et provenait pour la plus grande partie du membre amputé. »

VERNEUIL insista beaucoup sur les avantages de sa technique ; et dans sa thèse, PILLET, élève de Verneuil, décrivit en détail le procédé de son maître (thèse Paris, 15 novembre 1872). Dans ses Mémoires de Chirurgie de guerre, VERNEUIL, consacre près d'une cinquantaine de pages à l'étude de la désartieulation de la hanche. Au début, il utilisait le procédé à doubles lambeaux antérieur et postérieur, mais sans les tailler par transfixion, puisqu'il progressait couche par couche en faisant l'hémostase au fur et à mesure. Par la suite, il semble avoir donné sa préférence au procédé ovalaire, et en particulier au procédé ovalaire antérieur qui lui permettait d’effectuer la ligature des vaisseaux fémoraux dans un premier temps. FARABEUr ne fera qu'apporter quelques modifieations de détails à cette dernière technique.

PROCEDE DE FARAPBEUF. — En 1878, nous trouvons une communication importante de FarABEur à la Société de Chirurgie. Après avoir donné un historique fort complet

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des divers procédés de désarticulation, il expose sa méthode personnelle qui est la suivante :

« Après avoir appliqué la bande d'Esmarch, je fais une incision qui, commencée sur les vaisseaux est légèrement inclinée en dehors, devant le col du fémur ; à son extrémité inférieure, je trace soit une incision transversale, soit deux incisions courbes, qui donnent une forme lambdoïde. Je lie l’artère fémorale primitive d’abord, ensuite la veine, dont il faut redouter l'écoulement de sang ; cette ligature suffit pour arrêter la circulation des artères du triceps fémoral, des artères circonflexes, la seule hémorragie à craindre est celle qui serait produite par anastomose,

«Je dissèque la peau en dehors et en dedans, puis je coupe le couturier, le triceps ; faisant faire la rotation en dehors du membre, je désinsère le tendon du psoas que j'attire au dehors avec le doigt qui trouve au fond de Ja plaie la face antérieure de la capsule de l’articulation coxo-fémorale. La capsule étant bien découverte, je l’incise en long et je désinsère de la base du col, la lèvre interne, puis la lèvre externe avec un détache-tendon, je continue à séparer les muscles qui s'insèrent en avant en dehors et au-dessus du trochanter, et je trouve alors le col du fémur complètement à nu. Si le fémur est cassé, je saisis le col avee mon davier et, facilement, je fais sortir la tête de son cotyle ; si la cuisse est entière, un simple mouvement de rotation en dehors, aidé par le poids du membre, produit la luxation.

«L'opération se termine rapidement, après dénudation de la partie postérieure du trochanter et du fémur, par

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la section des muscles postérieurs de la cuisse, dans une région où les artères ne sont plus qu'à l’état de ramuscules. Dans un dernier temps, je résèque le nerf scia-

tique. »

De nos jours, c’est encore l'incision en raquette de Farabeuf qu’on utilise le plus couramment ; et l’on procède ensuite comme VERNEUIL, avec la même lenteur, la même prudence, les mêmes égards pour les vaisseaux. Nous aurons l’occasion d’y revenir longuement.

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