‹ La Désarticulation de la HancheChapitre 19 sur 47 · PROCEDES PAR AMPUTATION PREMIERE DE LA CUISSE · texte numérisé non relu

PROCEDES PAR AMPUTATION PREMIERE DE LA CUISSE

Ces procédés diffèrent un peu des précédents ; ici on commence par une amputation et l’on n’aborde l’articulation qu'ultérieurement. Le principe en est le suivant : Assurer l'hémostase d'une façon parfaite à l’aide du tube d'Esmarch ; faire une amputation haute de cuisse ; désosser le moignon dans un dernier temps.

Le grand avantage de cette technique est de réduire presque l'opération à une simple amputation haute de cuisse pour laquelle on peut appliquer comme d'habitude la bande, puis le tube d'Esmarch.

Verrc (1807) le premier utilisa l’amputation première, par une circulaire de la cuisse au tiers supérieur. Mais avant de sectionner l'os il veut qu’on le dégage sur 3 à 6 cm. en refoulant en bas les parties molles ; puis il divise le fémur pour se débarrasser du poids du membre inférieur et se sert alors du bout diaphysaire comme d’un levier pour faciliter la désarticulation (in LasFranc).

VozxMann procède d’une façon analogue :

«Je trace un lambeau cutané d’après l’étoffe dont je peux disposer, puis je sectionne les muscles à 3 travers

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de doigt au-dessous du bassin (dans un cas je fis l’ineision plus bas encore). Je mets à nu le fémur dans sa moitié supérieure, je scie à ce niveau. Je lie les gros vaisseaux et, après relâchement des tubes, les artères de moindre importance. L'hémostase une fois assurée, j'isoie le fémur du périoste aussi haut que possible. J’ineise la capsule, la tête est luxée et, à l'aide d’un bistouri boutonné, je sectionne le limbe fibro-cartilagineux ‘qui entoure l'acétabulum et empêche de sortir la tête. On peut alors atteindre et couper le ligament rond» (Centrablatt für Chirur., 1874).

Le procédé d'£,nmARCH est un procédé analogue (Chirurgie de guerre, 1879).

Nous en arrivons au procédé de Maurice PoLLosson ; c’est lui qui a eu le mérite de répandre en France le procédé de VEircH. Ce procédé a connu une grosse vogue aux environs de 1900 ; il a fait l’objet des thèses de CHABRAND, de BonTEMPs, de CoronarT, de Jacques. C'est en effet un excellent procédé ; il est encore employé aujourd'hui avec succès par de nombreux chirurgiens ; aussi nous rapporterons la description qu’en donnait Maurice PoLLosson dans le chapitre que nous consacrerons à la technique de la désarticulation de la hanche.

Le procédé de FURNEAUx-JORDAN est un procédé analogue avee amputation circulaire et fente externe (The Lancet, I, p. 405, 1870).

Nous avons tenu à rapporter brièvement les différents procédés opératoires qui se sont développés et multipliés

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penidant tout le XIX® siècle.

Exprès, nous n'avons pas suivi un plan purement historique dans notre exposé. Nous avons tenu pour plus de clarté à elasser les divers procédés opératoires que nous avons mentionnés, en les rapportant au principe qui les domine dans leur ensemble.

Certains sont très intéressants et ont passé définitivement dans le domaine de la médecine opératoire ; d’aures ont une valeur beaucoup plus discutable. Ainsi, VELPEAU ne manquait pas de remarquer : «BARBET, PER- RAUIT, BAFFOS, n'ayant eu en quelque sorte qu’à terminer ce que la nature avait commencé, n'ont point par Cconséquer:t &e procédé qui puisse être décrit » (Nouveaux Elémes de Médecine opératoire Velpeau, T. If, page 545).

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; CHAPITRE HI Causes de la gravité

des anciennes désarticulations de la hanche

Les tout premiers résultats furent évidemment désasireux. À part le succès de PERRAULT que nous avons mentionné et qui est une véritable exception, il faut arriver à LaRREyY pour voir des succès nouveaux : entre 1793 et 1812, LaRREY fit au moins six désarticulations de la hanche.

Par la suite et pendant toute cette période de guerres fréquentes l'occasion se présenta plusieurs fois de pratiquer cette opération. Autant fle fois, autant de morts :

Pendant la guerre d'Algérie 1836 à 1840, 8 cas 7 morts.

Pendant la Révolution de 1848, 5 cas, 5 morts.

Dans la guerre du Schleswig-Holstein, 1848 à 1849, 7 cas 6 morts.

Aux Indes en 1853, 2 cas 2 morts.

En Crimée, 44 cas, 44 morts.

Pendant la Guerre de Sécession, 62 cas, 58 morts.

En 1870-71, 23 cas, 23 morts.

(In thèse CoRoNAT, 1896).

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Les statistiques suivantes sont presque aussi éloquentes :

4° LüniG (thèse de Zurich, 1877) a étudié les 239 cas publiés jusqu’en 1875. Voici comment se répartit la mortalité dans le temps :

5 % meurent pendant l'opération.

42% — pendant la première heure.

26% — pendant les cinq premières heures.

46% — pendant le premier jour.

57 % — dans les deux premiers jours.

70% — dans les cinq premiers jours.

% Snepparp (Encyclop. intern. de Ch., T. IL, p. 442), trouve en 1880 une mortalité de 82 %.

8° ALVERNHE (Thèse de Montpellier, 1835) distingue les cas pathologiques pour lesquels la mortalité n’est que de 34 %, des cas traumatiques pour lesquels elle atteint 53 % ; ce qui donne une moyenne de 44 %.

4 Thèse d'EisexBerG en 1886 (Würtzbourg) :

Cas pathologiques 31 %.

Cas traumatiques 72 %.

Mortalité d'ensemble 52 %.

9° Thèse d'HEIDELBERG 1887, la mortalité est de 31 %.

6° Mory en 1891 ne trouve plus que 12 % de mortalité sur 32 cas (Sociélé de Chir., 1890).

1° CoRONAT sur 235 cas étudiés entre 1880 et 1896 trouve une mortalité d'ensemble de 52,6 %.

Tous les auteurs que nous avons pu étudier sont unani-

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mes pour affirmer qu'il existe trois causes d’insuccès dans l'opération de la désarticulation de la hanche : l'infection, l’'hémorragie et le choc.

Nous serons bref sur l'infection. Avant l'ère de l’asepsie, c'était un danger général à toutes les interventions chirurgicales. Seuls, l'hémorragie et le choc étant inh‘rents à la désarticulation de la hanche, méritent d'être étudiés ici.

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