‹ La Désarticulation de la HancheChapitre 20 sur 47 · I. — L'INFECTION · texte numérisé non relu

I. — L'INFECTION

Les statistiques que nous venons de voir montrent que le pronostic de la désarticulation de la hanche est allé en s’améliorant au fur et à mesure que l’antisepsie se développait.

Les auteurs ont toujours remarqué que les plaies primitivement très infectées, comme les vastes blessures de guerre ont une évolution beaucoup plus grave que les désarticulations pour cas pathologiques. La mortalité en est presque le double. Il est vrai qu’en cas de blessure de guerre, l’hémorragie y est pour beaucoup ; mais l’infection est là pour expliquer les décès retardés, du 15° au 20° jour. La plaie s’est désunie, la suppuration est très abondante, le malade nage littéralement dans le pus et unit par succomber.

Nous n'insisterons pas davantage sur l'infection. Aujourd'hui l'asepsie nous en met à l'abri d'une façon presque absolue. On draine, mais c’est pour plus de sûreté ; on laisse en effet une très grande plaie, avec, en

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son centre, la vaste surface articulaire de la cavité cotyloide. Un suintement peut toujours se produire ; même s’il est aseptique, il faut qu'il trouve une issue facile.

C’est pour éviter l'infection de la synoviale articulaire que Maurice PoLLosson pratiquait aussitôt l'intervention terminée, la fermeture au catgut du sac synovial.

On peut également ne pas pratiquer la désarticulation proprement dite, sectionner le col et abandonner la tête dans le cotyle. C’est ainsi qu'en entendait autrefois, par procédé discordant de CHAPUT, un procédé qui consistait à ‘aborder la hanche par une incision externe, à sectionner le col à sa partie moyenne, et à faire tomber le membre à l'aide d'une amputation circulaire (Soc. de Chir. 1896, p. 107).

« Dans le même but, dit M. le Professeur LERICHE, et afin de rendre les suites opératoires plus simples, il m'est arrivé trois fois dont une fois il y a 25 ans de ne pas désarticuler et de me borner à scier le fémur dans le col, de façon à ne pas laisser le trou béant de la cavité cotyloïde qu'il faut drainer. C’est une sorte de Pirogoff à la hanche. Quand on intervient pour une tumeur des parties molles ce peut être parfois une bonne pratique. »

Nous ne ferons que mentionner pour terminer, la thérapeutique anti-infectieuse médicale, qui peut être un utile adjuvant dans les cas de désarticulation pour blessures de guerre, c’est-à-dire pour des plaies infectées : les sérums, les vaccins, la chimiothérapie par les sulfamides. surtout.

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