CHAPITRE IV Ne
Technique de la désarticulation de la hanche
PROCEDES D’ AMPHITHEATRE FT PROCEDES CLINIQUES. — Comme nous l’avons dit au début de ce travail, il existe deux sortes de procédés de désarticulation de hanche ; les premiers sont la conquête des anciens chirurgiens. En l’absence d’anesthésie, il fallait aller vite, il fallait que la durée de l'acte opératoire soit réduite au minimum ; d'où l'importance de l’habileté du chirurgien à trouver d'emblée l'interligne, à tailler ses lambeaux cutanés par transfixion en même temps qu'il sectionnait les parties molles ; d’où la nécessité aussi d’avoir un très grand couteau, spécial, plus grand encore que le couteau à amputation de cuisse. Aujourd'hui, c’est l’amphithéâtre qui a hérité des travaux de nos anciens maîtres ; et c'est à l’amphithéâtre, à titre d'exercice de médecine opératoire qu'on s'entraîne à reproduir2 les anciens procédés dont les temps étaient d'ailleurs parfaitement réglés. Nous avons donné une description succincte de quelques-uns d'entre eux dans le chapitre que nous avons consacré à l'historique des procédés.
Actuellement, grâce à l’anesthésie qui permet de prendre tout son temps et grâce à la connaissance de certains
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principes qui sont à la base de toute intervention choquante, la technique de la désarticulation de la hanche a subi quelques modifications.
PRINCIPES DE CETTE TECHNIQUE. — Dans l’ensemble elle ne diffère pas essentiellement de celle employée par les anciens auteurs et en particulier par VERNEUIL ; elle est encore décrite actuellement dans les manuels sous le nom de technique de Verneuil-Farabeuf. Comme LaRRey l'avait montré, on assure dès Je débui l'hémostase des gros troncs en ligaturant les vaisseaux fémoraux. Les temps suecessifs demeurent à peu près les mêmes, ce qui a changé c'est la façon de les exécuter. On connaît mieux aujourd'hui la portée et la signification de chacun des gestes qu'on effectue au cours de la désartieulation. On sait, dans la gravité de l'acte opératoire, la part qui revieit à l’hémorragie, la part qui revient aux sections de filets nerveux, aux iiraillements.. On connaît mieux les facteurs du choc.
Aussi on obéit à des principes de douceur, on avance lentement, méthodiquement, sans brusquerie, sans préci-
pitation.
On assure une hémostase aussi parfaite que possible, en pratiquant au fur et à mesure les ligatures de tous les vaisseaux qui saignent ; on prévient même le moindre danger d’hémorragie par une transfusion préalable, si l'état du malade et la tension artérielle le réclament.
On sectionne les gros troncs nerveux après infiltration
anesthésique, pour éviter les excitations centripètes et leurs conséquences.
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Ainsi, la désarticulation de la hanche apparaît aujourd’hui comme une intervention bien réglée, qui peut être exécutée presque à coup sûr sans danger, chez les malades et les blessés auxquels elle s'adresse.
TEMPS PREOPERATOIRES
Ils comprennent : la préparation du malade, la préparation des instruments, la place de l'opérateur, la place des aides, la recherche des points de repères et le tracé de l’incision.
I. PREPARATION DU MALADE. — Ils comprennent un certain nombre de temps très importants, car ici comme ailleurs et peut-être plus qu'ailleurs, le succès dépend des préparatifs.
a) Transfusion pré-opératoire. Notre Maître, M. le Professeur PATEL, conseille de la pratiquer presque systématiquement, en particulier lorsqu'on intervient chez des malades à tension artérielle basse, ou lorsqu'on intervient pour des blessures ‘de guerre, car ce sont des malades qui ont en général beaucoup saigné ; c’est un excellent traitement préventif du choc. Il faut la pratiquer quelques heures avant l'intervention, et la faire massive : 300, 400 ou même 500 eme. de sang.
b) Position sur la table d'opération. I faut faire enkever ou basculer le devant de la table d'opération. Le malade est placé sur la table de façon que son siège déborde larsement. Le membre inférieur du «côté sain peut être fléchi au genou, le pied reposant sur un tabouret. Le membre à
désarticuler est maintenu horizontalement par un aide.
On peut aussi commencer l'opération, le malade étant installé comme pour toute autre intervention, c'est-à-dire reposant sur toute sa longeur en décubitus dorsal. Dans cette position, on pratique la ligature des vaisseaux fémoraux et l’on peut même sectionner les muscles situés en avant de l'articulation. À ce moment seulement, on fait enlever le devant de la table et le malade est installé de façon que son siège déborde, pour n'être pas gêné dans la section des muscles postérieurs. L'intervention pourrait alors être décrite autrement : c'est-à-dire avec un temps antérieur et un temps postérieur.
c) Application de la bande d'Esmarch. Dans certaines circonstances, elle peut remplacer la transfusion. On sait en effet que l'application de la bande d'Esmarch fait refluer dans la cireulation entre 300 et 400 eme. de sang, il s’agit donc d’une véritable auto-transfusion toujours irès salutaire pour le patient. Malheureusement, nombreux sont les cas où son application est impossible et même formellement contre-indiquée. Trop souvent en effet on intervient pour un sarcome, et la moindre pression sur la tumeur risquerait de faire diffuser des cellules cancéreuses dans le torrent circulatoire. D’autres fois, c’est un processus infeclieux massif qui empêche d'appliquer la bande élastique.
On peut avoir alors recours, dans ces cas, à l'élévation verticale du membre inférieur pendant deux à trois minutes, Ce qui fait toujours refluer dans l’organisme une bonne partie du sang veineux.