JU
dose importante. À notre avis il! faut s'abstenir de manœuvres qui ne sont pas absolument indispensables, en plein milieu du champ opératoire. L'injection, en effet, peut être faite aussi bien dans une autre veine, au pli du coude par exemple.
Si heureuse que soit cette initiative, elle ne vaut pas une transfusion de sang. Si le sujet est très anémique, si le pouls et la tension artérielle le réclament, on peut très bien pratiquer précocement une transfusion. Nous rappellerons à ce sujet la technique originale suivie par MM. Tixier et ARNULF dans un cas de désarticulation de la hanche, où la présence d’un sarcome n'avait pas permis d'appliquer au préalable la bande d’'Esmarch (L. Tixier et ARNULF, Société de Chir. de Lyon, 17 janvier 1935). Une fois l'opération terminée, ils ont recueilli le sang du membre inférieur dans un récipient soigneusement lubrifié sans avoir à exercer de pression sur les tissus. Et ce sang fut ensuite injecté dans la veine du patient.
Enfin il ne faudra pas négliger de traiter le choc : solucamphre, sérum sous-cutané, …
Voici ce que dit M. le Professeur LERICHE sur la façon de conduire l'intervention :
«Je commence par une ligature de l'iliaque externe et parfois de la primitive, suivant le siège de la tumeur, puis je coupe, muscle après muscle, faisant des ligatures immédiates, à mesure que j'avance. Je novocainise le sciatique et le crural, ce qui me paraît une utile précaution. Sans doute on peut couper ces nerfs sans blocage préalable, et ne pas enregistrer de baisse tensionnelle. Je
l'ai noté souvent. Mais de temps en temps, sinon habituellement, la section produit une chute qui peut être impressionnante ; chez un amputé de cuisse pour gangrène, J'ai vu la pression passer en quelques secondes de 14 à 10, au moment de la section du sciatique, et j'ai signalé, dans un cas d'inter-ilio-abdominale, une chute de 14 à 8, avec minima passant de 9 à 4, à l'instant précis de la section du nerf.
Nous ne savons jamais quelie est la labilité tensionnelle de nos opérés. Elle peut être grande, surtout chez des malades angoissés par la mutilation qu'on leur impose, et pour lesquels tout dans l'intervention est une cause de déséquilibre tensionnel. [1 me paraît préférable de ne pas leur faire courir un risque inutile. Il est certain que toute section nerveuse a des retentissements à distance, même si nos enregistrements ne les traduisent pas, car ils sont souvent très localisés et qu’il est de bonne prophylaxie de les éviter puisque nous le pouvons. Dans toute la chirurgie, par des précautions du genre de la novocaïnisation, nous pouvons beaucoup pour épargner à nos opérés non seulement le grand choc, mais le petit choc, qui fait leur inconfort, même s'il ne nous inquiète pas. Ce n'est pas compliquer la chirurgie que de s’en soucier ; c’est chercher à la rendre plus bénigne et moins désagréable » (M. Lericue, Mém. Acad. de Chirurg., 1937, p. 1487).
NT Te