‹ La Désarticulation de la HancheChapitre 38 sur 47 · A) LA COXALGIE CHEZ L'ENFANT · texte numérisé non relu

A) LA COXALGIE CHEZ L'ENFANT

Les thèses consacrées à la désarticulation de la hanche que nous avons consultées et qui sont toutes antérieures à 1901 rapportent de nombreuses observations où la désarticulation de la hanche fut pratiquée chez l'enfant pour des formes graves de coxalgie.

Il faut bien avouer aujourd'hui que les désarticulations de la hanche chez l'enfant sont tout à fait rares. L’affection étant reconnue plus tôt, les conditions thérapeutiques sont meilleures et en général, l’immobilisation précoce, l'extension continue, l’héliothérapie arrivent le plus souvent à enrayer l’affeetion à son début.

Autrefois il n'en était pas ainsi; et sur 80 cas de désartieulation pour coxalgie rapportés par CoRoNAT (thèse 1896), AA furent pratiqués chez des sujets de moins de 17 ans.

Mais déjà les auteurs laissaient entrevoir que le pronostic de la coxalgie deviendrait bien meilleur si les malades étaient traités plus tôt : « Nous sommes convaincus que l’ostéomyélite et la tuberculose seront de moins en moins des indications pour la désarticulation coxo-fémorale » (CoroNaT). Emmanuel VINGENT est du même avis : QE n'est pas douteux qu'aujourd'hui, parce que diagnostiquée plus tôt et immobilisée plus rigoureusement dès le début, le pronostic de la coxalgie semble s’atténuer » (thèse Lyon, 1912, Résultats définitifs vitaux, orthopédiques et fonctionnels de la résection de la hanche pour cox:0-tuberculose chez l'enfant).

La plupart des cas de coxalgie, même très avancés guérissent bien par la résection ; c’est tout au moins €e que tend à prouver la thèse de E. ViINGENT. Cependant il précise bien «qu'il ne faut pas pratiquer la résection trop tard, seulement lorsque le malade est cachectisé à fond, qu'il a de la dégénérescence amyloïde. Il ne pourrait ni supporter le choc opératoire, ni faire les frais de la cicatrisation d'une résection. On serait aceulé en pareil cas à ce dilemme : désartieulation de la hanche ou abandon ».

Mais la désarticulation de la hanche ne semble pas devoir être envisagée uniquement dans ces cas désespérés. Son indication-type, c’est la coxalgie suppurée à forme acélabulaire. Dans ces formes, le cotyle est défoncé, agrandi, méconnaissable. Sur 16 cas de désarticulation de la hanche pour coxalgie rapportés par Mévarp (Etudes sur la coxalgie, Masson et Cie, p. A7), 6 fois il était perforé, avec des foyers de suppuration intrapelviens ou des fistules intrapelviennes. Il faudra toujours se rendre

en —

compte de ces lésions du côté de l'os coxal, par un examen clinique et radiologique approfondi.

Ce sont ces lésions graves de la ceinture pelvienne qui justifient la désarticulation, car c’est Ja seule opération qui, en mettant ces foyers à plat, permet leur drainage et le tarissement des fistules.

Mis à part le cas de ces coxalgies à forme acétabulaire, il reste bien entendu que Ja résection demeure le plus souvent suffisante pour les autres cas de coxalgie grave, chez Fenfant.

B) La COXALGIE DE L'ADULTE ET DU VIEILLARD

La coxalgie remonte en général à de très nombreuses années, le plus souvent à l'enfance, et c’est alors devant ces cas, rebelles à tous traitements médical et chirurgical

qu'on est amené à envisager la désarticulation.

« Les indications sont fournies par l’état général du malade, l'abondance de la suppuration, l'échec de la résection, l’âge avancé, l'étendue des lésions du côté pelvien » (L. Tixrer et M. Pare, Précis de Pathologie Chirurgicale, Ÿ. VE, p. 681).

Tous les facteurs à considérer dans cette indication opératoire sont compris dans cette phrase concise. Nous allons

rapidement en dire un mot :

a) L'état général du malade. Comme le résultat de la désarticulation doit être avant tout un résultat vital, il ne faudra pratiquer une telle intervention que si on es! en droit d'espérer une guérison totale.

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