V. L'OSTEOMYELITE AIGUE DE LA HANCHE
I] est exceptionnel d'avoir à pratiquer une désarticulation de la hanche dans le cas d’ostéomyélite. Dès le début de cette affection, en effet, ou bien l’état général est si atteint que la maladie dépasse toutes les ressources thérapeutiques, ou bien les lésions sont suffisamment localisées pour qu'un traitement chirurgical local soit le plus souvent suffisant : arthrotomie par voie antérieure (ineision de Schede) ou par voie postérieure (ineision de Langenbeck).
Ce qui fait la gravité de l'ostéomyélite de la hanche, c'est qu'il s'agit d'emblée d’une arthrite. La suppuration se développe soit au niveau des bandes de cartilage qui forment l'Y de l’acetabulum, soit au niveau du cartilage juxta-épiphysaire qui unit la tête et le col. Tous ces cartilages sont en effet intracavsulaires (OLLIER et Gouit- LOUD).
La cavité synoviale est vite distendue ; la tête fémorale arrive à se luxer ; les abcès fusent sous les muscles fessiers, en dehors sous le fascia lata, en dedans descendent le long des adducteurs. Mais surtout la cavité cotyloïde peut se perforer et il se forme alors des abcès intrapelviens.
On comprend que lorsqu'on a à traiter le malade un certain temps après le début de l'affection, on puisse se trouver en présence de lésions considérables. Mais ces cas sont trop rares aujourd'hui, pour que l’on puisse, d’après des observations précises, donner une ligne de conduite. Le chirurgien tiendra compte d'un ensemble ae facteurs et décidera d'après son sens clinique.
De nos jours, nous avons un excellent moyen de lutte ‘ontre l’infection par les sulfamidés. Il n'est pas douteux que, donnés à haute dose dès les premières manifestations de la maladie, ces médicaments ralentissent l’évolution et surtout atténuent la gravité.
Si les phénomènes suppuratifs réclament une intervention plus importante que l’incision simple des foyers, c'est une résection de la hanche qu'il faut pratiquer. Cette opération trouve ses indications : dans l'atteinte marquée et progressive de l’état général et dans l'impossibilité de
juguler les lésions locales. Elle n’est pas choquante et elle est rapidement exécutée si on la pratique par voie antérieure.
Il est des cas très rares où elle peut être insuffisante. La racine du membre est transformée en un vaste clapier purulent ; à l'infection primitive s'ajoute des microbes d'infection secondaire ; le membre est très œdématié ; quelquefois des ulcérations vasculaires sont imminentes ; l’état général est lui-même très atteint : c'est dans ces cas très graves que le chirurgien peut avoir la main forcée et la désarticulation devient alors le seul moyen de sauver le malade.
Comme les cas de désarticulation de la hanche pour ostéomyélite ne sont pas fréquents, nous avons cru intéressant de reproduire ici cette très belle observation de M. le Professeur PATEL :