CONDITIONS QUE DOIT REMPLIR UN BON APPAREIL
Que faut-il exiger d’un appareil de prothèse ? Nous trouvons pour répondre a cette question des renseignements très précieux dans la thèse de M. R. Noez (Lyon, 1911), consacrée entièrement à la prothèse des désarticulés de hanche.
a) La station debout. Le poids du corps peut très bien reposer sur l’ischion dans Ja station debout ; mais cette tubérosité est malheureusement trop près de l’axe du corps et d’après les orthopédisies l'organisme serait en déséquilibre, si le poids du corps était transmis par cette tubérosité seule. Il est done nécessaire, pour reporter l'axe un peu en dehors, de se servir des autres points d'appui que fournit la ceinture pelvienne. Un bon appareil doit permettre un appui prolongé du côté désarticulé, pour soulager le membre sain.
b) La marche. Comme il n'y à pas de moignon mobile, la propulsion du membre artificiel en avant est assurée avant tout par un mouvement de bascule et de translation du bassin. Ces mouvements ne sont possibles que grâce à la laxité articulaire des derniers segments de la colonne vertébrale. Il faudra done que la coque pelvienne soit bien assujettie au bassin ; il faudra aussi que l'appareil soit suffisamment léger pour ne pas fatiguer le malade dès les premiers pas.
ce) La posiion assise. Pour passer à la position assise, le désarticulé est obligé de fléchir le membre artificiel à angle droit. Pour cela, il manœuvre en général un verrou qui fixait le segment fémoral en extension. Le segment jambier devra de même se fléchir facilement sur la cuisse. Mais ce qu'il y a de gênant dans la position assise, ce n'est pas tant la manœuvre de ces verroux, que l'épaisseur de la coque pelvienne qui fait que les deux ischions ne sont pas sur la même horizontale. Malgré les coques les plus minces, l'intéressé a toujours l'impression d’être assis de travers.
d) Enfin le malade ne doit pas être gêné pour aller à la garde-robe. En général l'appui ischiatique vient trop près de la ligne médiane et le blessé doit enlever son appareil pour aller à la selle commodément.
En somme un bon appareil doit permettre : 1° de s'appuyer sur le membre artificiel dans la station debout ; 2 il doit permettre la marche et même des marches prolongées, puisqu'on à iei un point d'appui excellent, infatigable : l’ischion ; 3° il ne doit pas être gênant dans la station assise, puisque celle-ci est une position de repos ; 4° il doit laisser parfaitement libres l’anus et les organes génitaux.