CONSTITUTION DES APPAREILS DE PROTHESE
En général ils présentent trois pièces : une pièce pelvienne, une pièce fémorale, une pièce jambière.
a) La coque pelpienne. Pour obtenir une bonne fixation de cette coque au bassin, il faut la préparer d’après un
moulage du moignon. Cette coque embrasse non seulement le moignon, mais elle se fixe sur ce que nous avons appelé les points d'appui secondaires du bassin ; tantôt elle ne se fixe que sur un hémi-bassin, deux ou trois courroies passant sur la hanche saine, tantôt elle fait le tour du bassin à la manière d’une large ceinture moulée. L’adaÿtation est si difficile à réaliser que certains orthopédistes se servent de gilet pour prendre en quelque sorte appui sur tout le tronc ; d’autres utilisent des bretelles qui passur l’une ou sur les deux épaules.
b) Le segment fémoral. Il est fixé au précédent par une solide articulation externe représentant l'articulation coxo-fémorale. Cette articulation doit être extrêmement solide, car c'est elle qui supporte le membre artificiel, ei qui, inversement, transmet le poids du corps à chaque pas. En général cette articulation est bloquée en extension, et le blessé marche comme un ankylosé du membre inférieur ; mais pour prendre la position assise, le malade est obligé d'agir sur un verrou qui débloque cette articulation.
ce) Le segment jambier. Lui aussi est articulé avec le segment fémoral pour pouvoir s'étendre et se fléchir à volonté. Sur la plupart des appareils, il est bloqué en extension, et, comme précédemment, le blessé manœuvre un petit verrou pour fléchir la jambe lorsqu'il veut demeurer assis.
Sur certains appareils, cependant, cette articulation n'est pas bloquée, mais présente un petit champ de flexion de quelques degrés, si bien que ce segment jambier oscille à chaque pas comme dans un membre infé-
rieur normal. Mais la mobilité de ce segment n’est pas abandonnée à elle-même et, pour que le membre inférieur ne se dérobe pas sous le malade au cours de la marche, celui-ci agit sur le segment jambier grâce à une bretelle spéciale qui passe sur son épaule ; si bien que l'épaule du côté correspondant devient active dans la marche chez les blessés appareillés de cette façon. Un léger haussement de l'épaule a pour effet de tendre la bretelle qui agit sur le segment jambier en le portant en extension. Ainsi à chaque haussement de l’épaule, il se produit une propulsion en avant du membre artificiel.
Ce segment jambier est en général d’une seule pièce, représentée par un pilon. D’autres fois il est constitué d'une jambe postiche à laquelle est fixé un pied postiche articulé comme dans les autres appareils d’amputation.
On distinguait jadis la prothèse française, où les appareils étaient en cuir, de la prothèse américaine où les appareils étaient en bois. Aujourd’hui Je développement de l’industrie du duralumin fait que cette distinction est sans intérêt. Sans doute jadis les appareils en bois avaient le gros défaut d’être très lourds, ce qui est ici un grave inconvénient : car il s’agit en effet de remplacer un membre inférieur en totalité, et pour le mouvoir on n’a pas de moignon mobile. Ces appareils en bois atteignaient un poids de huit à dix kilogs, quelquefois plus, c’est dire qu'ils étaient presque impossible à porter.