Troisième Période
C'est la période des polémiques nombreuses, d’où se détache cependant la tendance à délaisser la désarticulation de Chopart, au profit des désarticulations du pied, Dans la bataille on oublie:la désarticulation
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pré-scaphoïdienne, qui, cependant, n’avait rien à se reprocher, mais qui n'était pas assez connue, assez vulgarisée, pour qu'on puisse donner une appréciation de ses résultats.
On possède cependant, maintenant, la pratique de l’asepsie nécessaire à la bonne réunion des lambeaux, à la simplicité des suites opératoires. On observe beaucoup moins d'issues fatales ; mais, malgré tout, le renversement du moignon demeure la complication difficilement évitable, l’écueil de la méthode de Chopart.
Et c’est alors l’accumulation des observations, la confusion des discussions, les rapports nombreux, les polémiques interminables. Broca dit : « Hélas, j'en ai vu des moignons bons, médiocres et mauvais. Des médiocres et mauvais surtout ». Chalot et Cestan ne savent que penser. Marion et Souligoux, par ailleurs, chaud défenseur de la désarticulation de Chopart, préconisent les amputations atypiques. — Pour Veau, « la désarticulation de Chopart est un exercice d’amphithéâtre, qui a été excellent pour vous faire la main. Mais le praticien ne doit plus s’en souvenir, quand il opère son malade. ». Gross préfère la aésarticulation tibio-calcanéenne.
Enfix, aussitôt avant la guerre, personne ne s’éleva contre les affirmations de Durand, au congrès de New-York. « La désarticulation de Chopart est, disaitil, une opération infidèle. Elle expose au renversement du moignon et on doit, sinon la proscrire, du moins ne lui réserver que des indications exceptionnelles. Elle n’est pas supérieure aux amputations plus muti-
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lantes... Les opérations qui sacrifient plus, donnent un moignon plus favorable à la prothèse et plus utilisable. ».
A ce moment donc, la désarticulation de Chopart était en défaveur. Ses incertitudes lui faisaient préférer une amputation de Syme, ou de Jules Roux, ou de Ricard, etc... et bien des chirurgiens l’abandonnèrent systématiquement.
On aurait pu croire, hélas, que la grande guerre, qui devait nous apporter un champ d'observations si vaste, amènerait un accord définitif, montrerait un chemin bien tracé où les chirurgiens actuels auraient pu, en toute sécurité, s'engager. Il n’en fut rien. Bien au contraire, les discussions redoublèrent et le désaccord ne fut jamais aussi aigu. — Tuffier condamne la Chopart comme « non appareïllable ». Mouchet dit : « C’est une mauvaise intervention à laquelle il convient de substituer l’amputation de Ricard ». — Quénu s'élève avec force contre ces idées et présente de beaux cas avec résultat fonctionnel excellent. — Delagenière et Bérard le suivent dans ses affirmations. — Judet critique violemment la Chopart. — Chaput, Le Fort, Walther, Potherat, Dumoulin, Témoin, restent indécis. — Hardouin affirme que les trois quarts des cas donnent des résultats médiocres. — Toupet doit réintervenir chaque fois, dans les trois cas qu'il cite. — Delbet dit « qu'en somme l'opération est une bonne opération quand elle est bien faite ». — Depage affirme que « l’amputation dite de Chopart n’avait jamais donné que des mécomptes ».
Que penser de tout cela ? Il est bien difficile de se
faire une opinion. Il semble que la désarticulation de Chopart doit être évidemment jugée d’une façon différente et moins défavorable depuis l’asepsie. Cependant il faut remarquer que, dans les traumatismes par exemple, où l’on est appelé à la pratiquer, l’asepsie n’a pas toujours une rigueur parfaite. D’autre part, il semble résulter des dernières discussions dont cette opération a été l’objet, que la conservation d’un très long lambeau est un élément de succès important. Enfin, malgré toutes les remarques les plus favorables, il plane toujours une appréhension sur la régularité des résultats orthopédiques de la Chopart et nous comprenons parfaitement les hésitations et la gêne éprouvées par un chirurgien devant l'indication d’une telle intervention. Recourir d'emblée à une amputation de Syme ou de Ricard ou de Pirogoff, etc. est la solution toute naturelle du problème.
Quant à ia désarticulation pré-scaphoïdienne, elle est oubliée, ayant pâti par contre-coup des attaques - portées à sa grande sœur : la désarticulation de Chopari.
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