‹ La Désarticulation Pré-ScaphoïdienneChapitre 8 sur 26 · CHAPITRE II · texte numérisé non relu

CHAPITRE II

Observations

OBSERVATION I (Publiée par le Docteur Moz, dans le Lyon Médical du 10 mars 1907.)

Nous rapportons ici une observation très intéressante de désarticulation pré-scaphoïdienne, pratiquée à la suite d’un traumatisme, par le Docteur Molin, en 1907.

Il s'agissait d’un homme de 35 ans, entré dans le Service À du Professeur Gangolphe, pour un écrasement de l’avant-pied droit par un engrenage de machine agricole.

Le lendemain de l'accident, le Docteur Molin constatait :

Une dislocation du métatarse avec fractures multiples.

Des fissures cutanées, par éclatement, dorsales et plantaires, par lesquelles on pouvait explorer un gros foyer de contusion remontant jusqu’au niveau de la médio-tarsienne. « En raison de l’intégrité relative de la peau », le Docteur Molin résolut de pratiquer uné amputation immédiate du métatarse et peutêtre du tarse antérieur, qui conserverait à ce malade un moignon bien articulé pour la marche.

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« L’incision tracée par nécessité en arrière de celle de Lisfranc classique lui donna un lambeau trop juste pour cette désarticulation. Il pratiqua alors le désossement à la rugine du cuboïde et des cunéiformes, d'autant plus facile que le traumatisme leur avait fait subir un commencement d’énucléation; mais il laissait en place, de parti-pris, le scaphoïde, comptant sur sa présence, pour obvier au renversement habituel au moignon de Chopart. »

« Après la toilette de la face profonde très contusionnée du lambeau plantaire et la pose de drains volumineux assurant d’une façon parfaite l'écoulement des sérosités qui ne pouvaient manquer de se produire abondamment après un tel traumatisme, la réunion primitive des lambeaux plantaire et dorsal fut uniquement assurée par des sutures métalliques profondes et superficielles. »

Les suites opératoires furent simples : une élévation de température, due à la résorption de produits pyrétogènes, céda rapidement à des irrigations abondantes d’eau oxygénée et, deux mois après, le moignon détergé de la peau morte plantaire, apparut solide et résistant.

Quand le Docteur Molin le revit, le malade marchait sur le pied amputé, avec l’aide d’une canne, sans appareïl orthopédique. Le moignon, non douloureux, sans déviation secondaire, exécutait des mouvements énergiques d'extension et surtout de flexion. L'auteur n’hésita pas à attribuer ce résultat à la conservation du scaphoïde, « qui a permis de respecter les insertions du jambier antérieur, que l’on peut voir se contracter vigoureusement au niveau du mollet ».

. Ce malade n'étant jamais, depuis, venu se plaindre du résultat fonctionnel de son moignon, ceci est la meilleure preuve qu'il ne s’est produit aucun changement appréciable et préjudiciable à la marche et à la station debout.

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OBSERVATION II (Personnelle, Service du Docteur LAROYENNE.)

Michel J..., homme jeune, âgé de trente ans environ, exerçant la profession de monteur-électricien, alors qu’il travaillait, le 31 mai 1930, sur une voie ferrée, a été surpris par une locomotive, qu'il n'avait pas entendue et qui le heurta violemment. Il fut projeté à six mètres environ de l'endroit où il irevaillait et tomba de telle façon que son pied gauche se plaça en travers du rail et perpendiculairement à lui, Les roues de la locomotive, en passant, écrasèrent et broyèrent tout l’avantpied gauche engagé sur le rail.

Le blessé fut transporté à l’Hôtel-Dieu de Lyon, où le chirurgien de service pratiqua une intervention de nettoyage, une amputation en saucisson trans-métatarsienne au ras des lésions, à la scie. Cette intervention, pratiquée par le Docteur Bertrand, au niveau du tiers antérieur des métatarsiens, permit d'éliminer l’avant-pied gauche en bouillie, de donner une tranche de section taillée en milieu sain et de ne laisser ainsi aucune chance à l'infection. En même temps, on pratiqua une injection de sérum anti-tétanique.

Le blessé fut gardé une quinzaine de jours dans le service du Docteur Laroyenne, où l’on se contenta de conserver au niveau de l’amputation une asepsie parfaite et où l’on attendit l’évolution spontanée de la plaie et des lambeaux musculocutanés, qui se mirent à bourgeonner.

Le malade fut ensuite renvoyé chez lui, où il resta un mois, puis fut admis de nouveau dans le service du Docteur Laroyenne, le 16 juillet 1930.

Pour mettre le blessé à l’abri des complications nombreuses qu'aurait pu amener l’amputation trans-métatarsienne, le Docteur Laroyenne décida, le 23 juillet, de pratiquer une désarticulation pré-scaphoïdienne. Il put tailler des lambeaux et, en particulier, un lambeau plantaire suffisamment étendu pour pouvoir se rabattre en arrière et recouvrir en entier les

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