‹ La Descendance des AlcooliquesChapitre 10 sur 39 · PES · texte numérisé non relu

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puissance de diathèse et les descendants d'individus intoxiqués par l’alcool.

Les maladies du système nerveux sont aussi fort nettement héréditaires, transformées ou similaires. Moreau (de Tours) (1) voyait dans l’hérédité la source de neuf dixièmes des maladies nerveuses. C’est la cause des causes, disait Trélat. — Il ny à qu’une seule cause de l’aliénation mentale, c’est l'hérédité, a dit M. le professeur Ball (2). L’hérédité psychologique sous toutes ses formes, l’épilepsie, certaines chorées, le coître exophthalmique, la neurasthénie, la paralysie générale, l'ataxie locomotrice (maladie de Friedreich), la maladie de Thomsen, les scléroses combinées, les myélites non systématiques, aiguës ou chroniques, la sclérose en plaques, les névroses vasomotrices et trophiques, ressortissent souvent à l’hérédité, comme l’a démontré récemment Déjerine(3), et sont similaires ou hétérochrones. La surexcitation nerveuse (4), les névralgies, l'asthme, l'apoplexie cérébrale(5), reconnaissent souvent la même origine.

Les maladies des organes des sens procèdent bien souvent de la même cause: nous avons par devers nous des cas de cataracte hérédilaire survenant aux mêmes époques de la vie. La surdi-mutité serait indépendante de cette influence; cependant on trouve dans la science des cas de transmission héréditaire de cette affection. La peau a aussi des affections transmissibles par l'hérédité : histoire si connue des frères Lam-

(1) Moreau, la Psychologie morbide, p. 116.

(2) Ball, de l’'Hérédité, in France médicale, 1880.

(3) Déjerine, loco citato.

(4) Gaussail, de l'Influence de l'hérédité sur la surexcitation nerveuse, sur les maladies qui en résultent. 1845. :

(5) Dieulafoy, du Rôle de l’hérédité dans la production de l’hémorrhagie cérébrale. (Abeille méd., 1876.)

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bert, porieurs d’écailles ichthyotiques bruissant au moindre de leur mouvement, en est une preuve; la lèpre enfin est considérée par Bazin comme essentiellement héréditaire.

Parmi les maladies des organes thoraciques où abdominaux, il nya qu'à choisir: l’'emphysème, les maladies du cœur, l'athérome généralisé, cette rouille de la vie (Peter), les calculs vésicaux, sont transmissibles. Hoffmann (1) cite à ce propos une princesse allemande calculeuse, dont l’enfant, âgé de vingt jours, avait aussi son calcul vésical, et Montaigne était tourmenté de la pierre comme son père. Le rachitisme, le diabète, l'hémophilie, la pléthore, Pobésité, l’anémie, la chlorose, offrent pour la plupart des auteurs les mêmes particularités de transmissibilité. |

Mais il existe une catégorie de déviations morbides du type physiologique qui ne sont pas des maladies, — je veux parler des anomalies de développement, des difformités, — et qui cependant se transmettent avec les mêmes caractères durables. Les bulletins de la Société d'anthropologie en citent de nombreux exemples et des explications savantes. Il faut distinguer les anomalies naturelles et les anomalies artificielles, les premières plus durables (2); elles portent sur l'état physique ou sur l'intelligence.

Les anomalies naturelles le sont par excès ou par arrêt ; toutes les hémitéries, — l’albinisme sur lequel on a si Jongtemps discuté, le bec-de-lièvre, la déviation de la colonne 7ertébrale, lectrodactylie, la mélanisme, la polymastie, le polydigitisme, la présence d’une queue, le tablier des Hottentotes si controuvé, les hypospadias, — sont des anomalies héréditaires ; c’est de

(1) Piorry, loco citato, p.106.

(2) Perrier, sur l'Hérédité des anomalies. (Bull. de la Soc. d’anthropologie, 1861, p.19.)

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notion vulgaire. Bien plus, Dally (1) vient de citer le cas d’une aphasie congénitale chez un enfant de quatre ans et demi, et M. Ladreit de la Charrière confirme le fait par son expérience personnelle dans les asiles de sourds-muets. Les monstruosités proprement dites, unitaires ou composées, sont aussi transmissibles. Is. Geoffroy Saint-Hilaire (2?) signale une chienne affectée d’ectromélie bithoracique dont presque tous les petits, sinon tous, furent ectromèles ; de même un bouc ectromèle. Les exemples manquent pour les monstruosités composées, àcause des difficultés de survie, mais il est permis de supposer, d’a-

près les lois de leur formation, que cette transmission est possible.

Dans l’ordre intellectuel ou moral, nous retrouvons la même transmissibilité, mais nous avons assez insisté, dans le côté psychologique de cette étude, sur quelques-unes de ces anomalies, pour nous dispenser d’y revenir.

Si nous étudions les déformations artificielles, nous les verrons aussi se transmettre,mais disparaître aussi rapidement. Les Aymaras se serraient la tête et produisaient une dépression artificielle en arrière, et, comme les macrocéphales d'Hippocrate, se léguaient cette anomalie de conformation crânienne, de même que de nos jours les têtes plates et toutes les tribus de la famille Nootka-Colombienne (3). Les chiens des Esquimaux, à qui l’on coupe la queue, procréent des chiens anoures ou possédant des rudiments de queue; certains enfants juifs viennent au monde avec un prépuce rudimentaire, Collineau et

(1) Dally, Aphasie congénitale chez un enfant de quatre ans et demr. (Bull. de la Soc. d'anthropologie, 1887.)

(2) Geoffroy St-Hilaire, Histoire générale et particulière des anomahes, t. II, part. 11, p. 234.

(3) Perrier, loco citato, p. 40.

mo Swediaur (1) ont cité le fait surprenant d’un enfant qui à sa naissance présentait une perforation du palais, et dont la mère avait la voûte palatine détruite par un ulcère syphilitique. Une chienne éreintée pendant laccouplement mis bas plusieurs petits paralysés où éreintés (2).

$ D. Causes et modes de l'hérédité. — L’hérédité, on le voit, tient sous ses lois l’universalité des faits du monde vivant, procréateur. Tout ce qui se reproduit, quel que soit son mode, obéit à cette loi de l’hérédité : se reproduire dans ses descendants avec les caractères anatomiques des éléments constitutifs. Mais, ce fait acquis, quelle est la cause, quels modes emprunte l’hérédité ? quelles influences subit-elle? Ce sont là tout autant de questions d’un ordre très-élevé, que nous tâcherons de résoudre brièvement, sans entrer dans de erandes démonstrations.

La cause: «Il ne faut pas demander à la biologie, dans son état actuel, une explication de l'hérédité (3), disait H. Spencer. » Mais il formulait à la fin de son livre sa théorie de la polarigenèse, fondée sur lPhypothèse des unités physiologique. Darwin, ouvrant la voie, avait déjà exprimé celle de la polygenèse; Heckel (4), à sa suite, donnait son explication moniste et mécanique de la périgenèse : « L’hérédité, c’est la mémoire des plastidules. » Nous sommes trop loin des faits pour nous appesantir sur ces conceptions théoriques. La cause de lPhérédité nous reste inconnue ; il nous suffit de l’avoir ra menée à la catégorie de ces problèmes qui n’admettent qu’une solution hypothétique.

Les modes qu'emprunte l’hérédité pour s'exercer, nous les

(1) Lucas, loco citato, p. 501.

(2) Swediaur, Traité des maladies syphilitiques, t. Il, p. 91. (3) Herbert Spencer, Principes de biologie, $ 84.

(4 Heckel, Psycholoyqie cellulaire, pp. 142, 167.

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