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avons déjà donnés d'après Darwin. Il est bien évident que la prévision du mode qu'empruntera l’hérédité dans la réalisation de l'être à venir est impossible ; c’est par déduction qu’on a établi ces modes. La part que prennent les deux sexes à la création explique les difficultés d’induction.
La loi de l’hérédité directe ou immédiate, « l'équilibre absolu des ressemblances intégrales du père et de la mère, dans la nature physique et morale de lenfant (Lucas), » ne peut pas s’observer et il n’en existe pas d’exemples ; toutefois des prépondérances faibles font rentrer dans cette loi de nombreux cas; il faut en outre distinguer, avec Girou de Buzareingues, la vie extérieure de la vie intérieure. Un ingénieur, Lislet Geoffroy, tenait de son père son développement intellectuel, de sa mère négresse, très-bornée, les traits, la couleur, la chevelure et l'odeur propres à sa race (1); le partage entre les formes extérieures et les qualités mentales est ici typique. Moreau (de Tours) (2), de son côté, avait conclu en ces termes: Une famille étant donnée dont les ascendants comptent un ou plusieurs membres atteints de folie, le mal héréditaire, selon toute probabilité, frappera de préférence ceux de ses enfants qui n'ont que peu ou point de rapports de physionomie avec les parents chez lesquels le mal a pris sa source, et il épargnera au contraire ceux qui ont avec ces derniers une ressemblance plus ou moins marquée.
La loi de prépondérance dans la transmission des caractères est plus généralement observée. En fait, l'enfant hérite de ses deux parents, et l’un des deux n’a jamais une action exclusive ; il y a toujours prépondérance d’un sexe à celui du même nom, ou à celui du nom contraire. « Chien de chienne
(1) T. Ribot, loco citato, p. 181.
(2) Moreau, de la Prédisposition héréditaire aux affections cérébrales, 1860. (Soc. méd.-psych.)
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et chienne de chien », disent les chasseurs; les Arabes préfèrent pour perpétuer les caractères de chevaux une femelle de noble extraction. La gibbosité, le sexdigitisme, passent généralement du père au fils, et vice versä. Cornélie eut les Gracques, Henri VIII d'Angleterre eut Élisabeth et Marie. Mais aussi les Candolle, les Bernouilli, les deux Julie, sont de même sexe. Baillarger (1) convient seulement que les filles héritent au moins deux fois plus souvent de la folie de leur mère. il ne paraît pas au fond qu’il y ait un ordre préétabli pour cette loi de la prépondérance; les recherches de Girou de Buzareingues (2), de Broca et de Bertillon (3), démontrent seulement la prédominance des mâles lorsque le mâle est plus adulte ou lorsque, chez l’homme, la fécondation remonte plus près du mariage ; la prédominance du sexe féminin, lorsqu'il y à illégitimité ou faiblesse et fatigue du mâle.
La loi de l’hérédité en retour, ou atavisme, s'applique parfois; une fois élaguées les variations du développement rappelant plus ou moins grossièrement certaines formes ancestrales et les relations mystérieuses entre l'individu actuel et les ancêtres de milliers d'années, l’atavisme n’est plus autre chose que l’hérédité observée dans la race. (Baudement). Plutarque raconte qu'une femme grecque, accusée d’avoir mis au monde un enfant noir, prouva qu'elle descendait en quatrième ligne d’un Ethiopien. De deux noirs (4) naquit un blanc, parce que le grand-père paternel du produit était blanc. Parmi les coilatéraux, l’atavisme s’observe plus souvent : Alexandre le
(1) Baillarger, /iecherches statistiques sur l'hérédité de la folie, 1848. (Ann. méd.-psychologique.)
(2) Girou de Buzareingues, Æ'xpériences sur la reproduction des ani maux domestiques. (Ac. sciences, 1827.)
(3) Bertillon, de l’Influence de la primogéniture sur la sexualité. (Bull. de la Soc. d'anthropologie, 1876, p. 32.)
(4) De Quatrefages, Unité de l’espèce humaine.
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Grand et son neveu Pyrrhus, César et son pelit-neveu Octave, Maurice de Nassau et son neveu Turenne. Les bluets de Broca (1) devenus roses ou blancs, son maïs devenu brun dans la proportion de 80 p. ‘/, au bout de trois générations, sont de curieux exemples d’atavisme;, M. de Sémallé (2) signale aussi le fait d’une petite nièce de saint Vincent de Paul représentant ‘/,, de sang, qui lui ressemblait trait pour trait.
La loi d’hérédité aux périodes constantes de la vie n’est pas moins commune. Nous voyons souventlaliénation mentale se déclarer aux mêmes âges, le suicide se faire également au même moment et par le même moyen; dans une famille, 37 enfants et petits-enfants sont devenus aveugles entre dix-sept et dix-huit ans (3); deux frères, le père et la grand'mère devinrent sourds à quarante ans.
Outre ces quatre modes, il en est un autre qu'on a qualifié d’hérédité par influence, et qui comprend ces faits de descendants d’une même mère ressemblant, non pas à leur père, mais au mâle qui a fécondé antérieurement. Une jument anglaise (4), saillie par un couagga, donne à chaque remonte un poulain brun tacheté comme le couagga ; le soin que mettent les éleveurs à choisir le premier mâle approchant de leur femelle vient de ce fait d'observation, que désigne le mot hérédité par influence. M®* de Montespan eut de Louis XIV le duc du Maine, qui avait l’esprit gascon et la bouffonnerie du mari au carrosse jaune (5).
(1) Broca, Expériences sur les phénomènes de l’hérédité et de l'atavisme. (Bull. de la Soc. d'anthropologie, 1869, p. 79.)
(2) De Sémallé, Observation d’atavisme. (Bull. de la Soc. d'anthropologie, 1872, p. 625).
(3) Ribot, loco citato.
(4) Ribot, loco citato.
(5) Michelet, Histoire de France, t. XIII.