‹ La Descendance des AlcooliquesChapitre 15 sur 39 · ET VE · texte numérisé non relu

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sentent au contraire un état de plénitude générale du système vasculaire, tant des vaisseaux des membranes du cerveau que des principaux troncs vasculaires veineux qui se rendent au Cœur, ainsi qu'une teinte plus ou moins foncée du tissu pulmonaire (1).» Ajoutons les hémorrhagies méningées, les bronchopneumonies, la coloration de l’endocarde par le sang devenu noir, liquide, mélangé de caillots peu volumineux. Ces lésions se résument donc en une congestion accompagnée ou non d’hémorrhagie, tant à la surface des membranes que dans l’épaisseur des parenchymes ; en des inflammations rares, rapidement suppuratives, des viscères.

S B. Effets pathologiques de l’alcool. — Tout ce qui précède se rapporte à l’intoxication aiguë par l'alcool; aussi ces effets sont-ils passagers. Mais il convient de se rapprocher de plus en plus de la réalité, je veux dire de la chronicité dans l'abus des boissons alcooliques ; la physiologie, dans ce cas, se confond dans la pathologie. Hommes et animaux, dans ces conditions, sont sujets aux mêmes symptômes, aux mêmes lésions : l'élection de Palcool se fait sur les mêmes organes, se traduit de la même façon. Les travaux sur ce sujet ne manquent pas, et, rien qu'à consulter les thèses de Montpellier, on trouve dans les Mémoires inauguraux de Gourre (2), Lecorre (3), Fabre (4), Fonrobert (5), Bouvet. (6), etc., des matériaux nombreux et importants.

(1) Devergie, Médecine légale, 1840, t. I, p. 106.

(2) Gourre, Considérations sur les dangers des excès alcooliques. (Thèse Montpellier, 1867.)

(3) Lecorre, C'onsidérations sur l'abus des boissons alcooliques. (Thèse Montpellier, 1869.)

(4) Fabre, Maladies produites par l'abus des boissons alcooliques. (Thèse Montpellier, 1869.)

(5) Fonrobert, des Troubles nerveux de l'alcoolisme chronique. (Thèse

Montpellier, 1869.) (6) Bouvet, £'ssai sur l'alcoolisme. (Thèse Montpellier, 1870.)

a) SYMPIÔMES ET LÉSIONS.— La voie d'entrée ici sera uniquement l'estomac. Cependant on à signalé un homme de sobriété reconnue qui habitait au-dessus d’un chaï dont le plafond, aux planches disjointes, laissait passer des vapeurs suffisantes d'alcool pour produire l’intoxication chronique; M. Rondot vient d'en citer un nouvel exemple (1). Nous pourrions, du reste, citer le cas observé à l’Asile d’une paralysie générale reconnaissant pour cause l'alcool absorbé bien plus par les poumons que par l'estomac; depuis vingt-cinq ans, ce malade travaillait dans un chai à fabriquer les vins d'exportation. D'autre part, M. Luton (2) a bien étudié cette intoxication à voie d'entrée mixte chez les dégustateurs, les distillateurs.

1° Tube digestif. — À cause de la fréquence de lintoxication par la voie stomacale, ce sont les organes digestifs qui sont les premiers atteints. Chezle buveur de profession, la langue est rouge, fendillée; le pharynx également rouge; l’estomac, plus longtemps en contact avec l’alcool, se dilate chez le buveur de bière, se rétrécit chez les buveurs d’eau-de-vie; la muqueuse en estrougeâtre par plaques, dans le voisinage du cardia et de la petite courbure, pigmentée si les excès sont anciens, indurée ou ramollie, baignée d’un mucus épais: c’est la gastrite simple; lorsqu'il s’y trouve des ulcérations, c’est aussi la gastrite ulcéreuse. L'œsophage, le duodénum, l'intestin, peuvent être atteints de la même manière; l'estomac et l'intestin sont du reste souvent pris ensemble (3). Aux lésions

(1) Rondot, Zntoxication par les vapeurs d'alcool. (Gaz. Bordeaux, 1887, p. 237.) ;

(2) Luton, Sur une nouvelle forme d’alcoolisme latent professionnel et sur le moyen de le combattre. (Ann. hyq. et méd. légale, 1880.) V. à ce su- Jet les travaux récents de MM. Donnet et Marandon de Montyel, dont des analyses importantes ont été données dans la Sem. médicale, 1887.

(3) Leudet, Formes de la gastro-entérite alcoolique dans les diverses classes de la société. (Congrès pour l'avancement des sciences, 1882.)

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anatomiques correspondent des troubles fonctionnels : la dyspepsie, les gastrorrhagies, la pituite (vomitus matutinus, Hufeland) blanche ou verte, sont les effets les plus connus de la dyspepsie alcoolique; mais l’anorexie, les douleurs diverses, le météorisme, l’accompagnent ou le précèdent. Les gastrorrhagies sont un épisode assez fréquent, à grand fracas, dépendant des ulcérations.

Parmi les glandes annexes du tube digestif, le foie porte le plus lourd fardeau d’altérations; c’est, du reste, en fréquence et en rapidité, l'organe le plus atteint. Sa position à côté des voies d'absorption et ses fonctions physiologiques expliquent suffisamment ces faits : stéatose et cirrhose, telles sont les deux modalités pathologiques que revêt le foie alcoolique. Pâle, mou, volumineux, épais à son bord libre, graissant le couteau qui le coupe et le papier, les cellules infiltrées de gouttelettes graisseuses: c’est le foie gras des ivrognes, que l’on reconnaît à ce que son bord antérieur est abaissé, son volume augmenté, que la digestion stomacale est incomplète, l’épigastre douloureux, les selles grises, diarrhéiques ; que la peau a l’aspect cireux. La cirrhose, interstitielle dans nos pays, suppurée aux pays chauds, se traduit par l’ictère, mais surtout par la maicreur et l’ascite, avec des troubles digestifs multiples; l’influence du froid sur la production de ces ascites est démontrée par de nombreuses observations (1); au point de vue anatomique, c'est alors l’induration granulée du foie.

Dans le péritoine, dans le mésentère et les épiploons, se rencontrent des dépôts adipeux et des phlegmasies adhésives; la péritonite est en effet fréquente, mais localisée, enkystée même.

2 Appareil cardio-pulmonaire.— Une fois dans le cou-

(1) Amblard, Anasarque a frigore chez les alcooliques. (Montpellier médical, 1880.)

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